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Le retour de Shérazade
On est au début des années 80 en France, à Paris.
La fugueuse Shérazade vit comme dans un conte.
Un conte contemporain. Lyrique, joyeux, parfois violent.
Elle traverse les épreuves avec la grâce et la légèreté d'une jeunesse insoumise, toujours à la frontière.
Shérazade rencontre
Pierrot le révolutionnaire, amoureux d'elle
Basile, le «dandy tropical»
Zouzou et France, folles de la mode
Krim le musicien, fou de moto
Driss, le toxico
Eddy, fou de Djamila
et Julien, le fou de Shérazade.
Shérazade à Julien :
«Je ne suis pas une odalisque.»
Shérazade, 17 ans, brune, frisée, les yeux verts est le premier tome d'une trilogie romanesque de Leïla Sebbar. Suivront Les carnets de Shérazade et Le fou de Shérazade.
Leïla Sebbar est née à Aflou d'un père algérien et d'une mère française. Derniers ouvrages parus aux éditions Bleu autour : Aflou, djebel Amour, Les femmes au bain, L'arabe comme un chant secret, Voyage en Algéries autour de ma chambre. Aux éditions Al Manar-Alain Gorius : Une femme à sa fenêtre, dessins de Sébastien Pignon.
Les courts extraits de livres : 15/12/2010
Shérazade
- Vous vous appelez vraiment Shérazade ?
- Oui.
- Vraiment ? C'est... c'est tellement... Comment dire ? Vous savez qui était Shéhérazade ?
- Oui.
- Et ça ne vous fait rien ?
- Non.
- Vous croyez qu'on peut s'appeler Shérazade comme ça ?
- Je ne sais pas.
Il la regardait, stupéfait, debout de l'autre côté de la table haute et ronde du fast-food.
- Et pourquoi pas Aziyadé ?
- C'est qui ?
- Une très belle Turque de Stamboul que Pierre Loti a aimée, il y a un siècle.
- Pierre Loti je connais. Mais pas Aziyadé.
- Il s'est habillé en Turc et il a appris la langue turque pour elle, il a même habité un quartier populaire de Stamboul pour la voir, en cachette. Aziyadé appartenait au harem d'un vieillard turc. C'était une jeune esclave circassienne convertie à l'Islam.
- Pourquoi vous me parlez de cette femme ? J'en ai rien à faire.
- Elle avait des yeux verts, comme vous.
- C'est pas une raison.
Shérazade buvait son Coca-Cola à la boîte. Elle ne l'écoutait plus. Julien Desrosiers se remit à lire les petites annonces de Libération.