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Auteur : Pierre-Paul Puljiz | Jean-Michel Vecchiet
Date de saisie : 13/12/2010
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : CNRS Editions, Paris, France
Prix : 29.00 € / 190.23 F
ISBN : 9782271069443
GENCOD : 9782271069443
Sorti le : 30/08/2010
Andy Warhol, pape du Pop' Art. L'homme qui forgea sa propre légende. À coup sûr l'artiste le plus célèbre, et le plus controversé, du XXe siècle.
Fondé sur vingt-quatre entretiens avec ses intimes et proches collaborateurs, l'ouvrage de Pierre-Paul Puljiz et Jean Michel Vecchiet propose une série de regards à la fois riches, sensibles et contrastés sur l'artiste visionnaire, depuis les Death and Disasters et Marylin jusqu'aux TV Show des années 80. Il réunit les témoignages de ses frères, Paul et John Warhola, confronte les souvenirs des artistes qui l'ont côtoyé comme Jonas Mekas, Peter Beard, Karl Lagerfeld, Chris Makos, donne la parole à ses assistants, Gérard Malanga et Ronnie Cutrone, mais aussi à ceux qui ont contribué à construire le mythe et à diffuser l'image, devenue icône, comme Bob Colacello ou Vincent Fremont.
Qui plus que Warhol pouvait autoriser une telle multiplicité de lecture ?
Un éclairage novateur et passionnant sur l'artiste génial et provocateur qui aimait à répéter : «Ne cherchez pas derrière la surface de mes toiles, il n'y a rien.»
Pierre-Paul Puljiz est producteur et réalisateur, Jean Michel Vecchiet réalisateur et plasticien. Ils sont auteurs de deux documentaires, Vies et morts d'Andy Warhol Vies et oeuvres d'Andy Warhol, réalisés pour France Télévision.
Andrew Warhola
Les émigrants de Dawson Street (Pittsburg)
Paul Warhola
Baba, ma mère, aimait beaucoup nous raconter des histoires. De l'Europe, de son adolescence, toutes sortes de choses. Elle nous racontait que Papa l'avait épousée en 1911, puis qu'il avait traversé l'Atlantique, et qu'il voulait que Maman vienne avec lui en Amérique. Mais entre-temps, la Première Guerre mondiale a commencé, et ce n'est qu'en 1921 qu'elle s'est finalement décidée à venir aux États-Unis. Je suis né en 1922, John en 1925 et Andy en 1928.
Mais les temps étaient durs, c'était la Grande Dépression, papa était sans travail. C'était en 1932. Nous habitions un quartier pauvre, à 2 ou 3 miles de la ville de Pittsburgh. Papa ne conduisait pas à cette époque, il a trouvé cette maison, là, à Oakland. Le numéro de la maison, c'était 3252, Dawson Street, et c'est là qu'Andy est allé à l'école élémentaire, à l'école primaire.
John Warhola
À Pittsburg, quand les aciéries fonctionnaient, il y avait comme de la suie, une matière noire. Je m'asseyais sous le porche, qui devait être nettoyé deux fois par jour. Quand on revenait de l'église, si on avait une chemise blanche, il y avait sur le col comme des tâches noires, et puis de temps à autre, il y avait cette odeur... comme des oeufs pourris, qui venait des aciéries.
James Warhola
Nous étions originaires de Ruthénie subcarpathique. Les Ruthènes sont toujours grecs-catholiques, c'est un rite byzantin, grec-catholique, et c'est une toute petite communauté qui est restée fidèle au pape et n'est pas devenue orthodoxe. C'est toute une page d'histoire, et la religion est très forte dans notre famille. Quand mon frère aîné, Paul, est entré au séminaire, ça a été très important pour la famille. Tout le monde était fier de lui, y compris Andy. Andy était vraiment heureux qu'il devienne prêtre. Avoir un prêtre dans la famille était quelque chose de très important. Andy a toujours dit les grâces avant les repas, comme mon père et oncle John, c'était une chose importante, dire le bénédicité avant de manger.
Paul Warhola
Maman a toujours cru en Andy, elle a toujours eu confiance en lui. Elle était très... très spirituelle, et elle priait tout le temps. Et Andy priait lui aussi.
Quand mes parents ont quitté l'Europe pour venir ici, leur pays s'appelait l'Autriche-Hongrie, au début du XXe siècle, et puis ensuite... ensuite après la guerre, on l'a appelé la Tchécoslovaquie. Mes parents étaient des gens religieux, ils observaient les fêtes. À Pâques, Maman et Papa faisaient une saucisse qu'ils appelaient kobassy, avec du porc et du boeuf, et beaucoup d'ail, ça donnait un bon goût, et puis ils la mettaient dans une espèce de croûte. Maman faisait un pain, un pain de Pâques, qu'ils appelaient paska, elle en faisait beaucoup, elle le dorait au jaune d'oeuf, avec une plume, elle utilisait une aile d'oie, et puis ensuite on prenait les oeufs, elle dessinait un peu au pastel dessus. Les oeufs viraient au sombre, et là elle faisait ce qu'on appelait des pasonki, quand elle mettait la cire, ça devenait tellement beau qu'elle disait : «Je ne vais pas le dessiner de toutes les couleurs, je vais juste le laisser avec ses motifs de cire noire, et puis je le garderai comme ça». Et c'est resté, dans la famille. On mettait tout ça dans un panier, un panier traditionnel... on l'appelait notre panier de Pâques, on lui mettait un torchon, un beau torchon, et on l'amenait à l'église. On n'avait pas le droit de manger ou de toucher ça avant le matin de Pâques. On célébrait Noël le 7 janvier, comme les orthodoxes...
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