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Auteur : Yann Le Pichon
Préface : Jeanne Bernard-Rousseau
Date de saisie : 16/12/2011
Genre : Beaux Livres
Editeur : CNRS Editions, Paris, France
Prix : 49.00 € / 321.42 F
ISBN : 9782271070432
GENCOD : 9782271070432
Sorti le : 28/10/2010
1) Qui êtes-vous ? !
Je suis historien de l'art, auteur d'une quarantaine d'ouvrages, dont plusieurs ont fait l'objet de co-éditions internationales importantes. Mes derniers ouvrages sont une monographie en trois gros volumes sur Bernard Buffet et L'Aventure de l'Art au XXe siècle. Je suis le légataire universel du Douanier Rousseau depuis 1984 et suis ainsi détenteur des droits moraux des Écrits du Douanier Rousseau édités aux CNRS Editions et où y est notamment révélée une troisième pièce inédite L'Étudiant en goguette - l'oeuvre peint étant quant à lui du domaine public.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le monde du Douanier Rousseau : L'idée est d'étudier à la fois les sources d'inspiration du Douanier Rousseau ainsi que influences que ce dernier a pu avoir sur l'avant-garde de l'art moderne à la fin du XIXe et début du XXe siècle.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Le Douanier Rousseau a fait l'objet de commentaires de nombreux écrivains parmi lesquels je retiendrai surtout ce mot de Paul Eluard : «Ce que le Douanier Rousseau voyait n'était qu'amour et nous fera toujours les yeux émerveillés»
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Le Douanier Rousseau était également compositeur de musique pour violon, jouant lui-même de cet instrument. Ainsi, je pense que ce serait la Valse «Clémence» (du prénom de sa première femme) du Douanier Rousseau dont on trouve la partition dans le livre des Ecrits du Douanier Rousseau (CNRS Editions).
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Ce que je souhaite partager avec les lecteurs est, évidemment, l'amour de l'art.
Ces deux sous-titres définissent bien le propos de l'auteur : faire entrer directement ses lecteurs dans la compréhension biographique et iconographique de l'oeuvre d'Henri Rousseau (1844-1910), dit le Douanier Rousseau, et montrer pourquoi sa prodigieuse imagination créatrice a singulièrement contribué à faire éclore l'art moderne.
Historien de l'art renommé, Yann le Pichon, légataire universel du Douanier Rousseau en est l'expert international. A l'occasion du centenaire de sa mort, voici une réédition revue et augmentée de son éclairant album Le monde du Douanier Rousseau, comportant quelques chefs-d'oeuvre inédits et de nouvelles analyses.
Preuves à l'appui, Yann le Pichon démontre l'exemplarité du Douanier Rousseau auprès des jeunes créateurs féconds de trois grands mouvements de l'art moderne : l'art naïf certes, mais aussi le surréalisme et le cubisme. Associant étroitement son oeuvre à sa vie, il nous rend très attachante la personnalité si originale d'Henri Rousseau que chérirent tous les poètes de son temps. «Ce qu'il voyait n'était qu'amour et nous fera toujours des yeux émerveillés», a dit de lui Paul Éluard. Yann le Pichon nous en donne, dans son album rigoureusement documenté, la démonstration bouleversante.
L'AUTEUR : Historien de l'art renommé, Yann le Pichon, légataire universel du Douanier Rousseau (par testament notarié de sa petite-fille, mademoiselle Jeanne-Bernard Rousseau) en est l'expert international. Il avait publié un très éclairant album Le Monde du Douanier Rousseau qui fut un grand succès car il révélait la plupart de ses sources d'inspiration et détaillait précisément sa biographie. Il le réédite, en le complétant et en le rajeunissant, au CNRS. Il sera au même office que son ouvrage sur les écrits de l'artiste.
Il est l'auteur d'une quarantaine d'albums et de monographies de grands créateurs, dont plusieurs ont fait l'objet de coéditions internationales importantes et de rééditions en France, tel L'Aventure de l'Art au XXe siècle. Parmi ses derniers ouvrages : une monographie abondamment illustrée en trois volumes sur l'ensemble de l'oeuvre de Bernard Buffet.
Le Monde du Douanier Rousseau remet les pendules à l'heure pour le centenaire du passage du peintre dans l'Au-delà. De superbes reproductions couvrent toute l'oeuvre de celui que Le Pichon appelle «l'adulte involontaire». De fait, de La Carriole du père Juniet au Bord de Marne, aux allégories fantasmagoriques comme La Guerre, si prémonitoire, tous les tableaux baignent dans le rêve.
Extrait de l'introduction à la présente édition
Le Douanier Rousseau franchissait aussi allègrement les temps que les espaces champêtres et forestiers dont il s'emparait pour son bon plaisir imaginaire. Il n'avait en effet aucune notion de la fuite du temps, ne tenait pas compte des âges, abolissait les générations, mettait tout le monde et les animaux sur son pied d'égalité et dans ses toiles d'harmonie. Il ne se voyait même pas vieillir pour cette simple cause qu'il demeurait le fils de l'enfant qu'il avait été pour toujours...
A force de vivre, depuis mon adolescence et les douze lustres qui s'ensuivirent, en son étroite et bienheureuse compagnie, j'ai fini par lui ressembler un tant soit peu. Ainsi, j'oubliais que la parution de mon album sur ses sources d'inspiration biographiques et iconographiques et sur les merveilleuses portes ou les fenêtres enchanteresses qu'il ouvrit à l'art moderne et à la nouvelle poésie remontait déjà à vingt ans quand j'ai pris conscience qu'arrivait, presque inopinément, le centenaire de sa mort... Tant il est vrai qu'il nous reste présent comme au premier jour !
Or les éditions Robert Laffont ne faisant plus de livres d'art, mon ouvrage édité en 1981 se trouvait épuisé. On me le réclamait souvent. J'avais heureusement la joie de constater qu'il influençait amplement d'autres auteurs et qu'il avait largement inspiré des commissaires d'expositions, celle en particulier des jungles à Paris qui eut lieu à Londres, Paris et Washington en 2005 et 2006 et pour laquelle des chercheurs anglais m'avaient demandé notamment force renseignements.
Une importante exposition était annoncée à la fondation Beyeler de Bâle. Ses animateurs m'y conviaient pour le printemps 2010. Les Français, toujours insouciants et ingrats à l'égard du Douanier Rousseau - comme ils le furent de manière si méprisante de son temps - ne prévoyant aucune célébration de son génie pour ce centenaire, je fis tout ce que je pus pour convaincre leurs représentants de le fêter à l'automne 2010, mais n'y suis pas parvenu hélas.
Bon, j'allai sonner chez le maire de Laval, sa ville natale, et posthume puisqu'il y est enterré et que j'y ai fait parvenir tous ses souvenirs familiaux, mais là aussi on m'envoya promener avec condescendance. Je fis donc une promenade sur ses traces effacées et constatai, consterné, la dégradation de sa demeure natale, la Porte Beucheresse, d'illustre mémoire, la suppression de la reconstitution de son atelier dans le musée dit «de l'art naïf» au vieux château ; et c'est en vain que j'y recherchai les deux charmants paysages champêtres, authentifiés par sa petite-fille et moi, que, grâce à l'appui de Danielle Mitterrand et Jack Lang, j'avais fait acquérir par la ville et sa région, ainsi que toutes les archives, les documents et les souvenirs Je concernant demeurés dans sa famille, peu après la mort de sa petite fille, et unique héritière, Jeanne Bernard-Rousseau à l'âge de quatre-vingt-trois ans le 28 mai 1984 à Cherbourg. Par testament notarié, elle avait tenu à me faire son légataire universel lorsqu'elle avait compris qu'elle allait mourir de son cancer dont j'eus la terrible tristesse de la voir tant souffrir. Elle était devenue mon amie intime. Dieu ait son âme qui ressemblait à celle de son grand-père ! Qu'elle l'eût rejoint me consolait de son absence. Nous étions allés prier ensemble sur sa tombe, il m'en souvient trop bien et qu'elle y lut à haute voix l'épitaphe surnaturelle d'Apollinaire. Que sont devenus ces deux tableaux d'inspiration mayennaise ?
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