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.. Le jaguar sur les toits

Couverture du livre Le jaguar sur les toits

Auteur : François Arango

Date de saisie : 08/06/2011

Genre : Policiers

Editeur : Métailié, Paris, France

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 9782864247609

GENCOD : 9782864247609

Sorti le : 10/02/2011

Un très bon roman policier qui nous emmène dans un Mexique moderne très très loin des plages de Cancun ! Un auteur à suivre !

Extrait : " Au fil de la montée, l'opacité ne cessait de croitre, noyée dans les brumes glacées qui coiffaient les sommets. Enfin, la montagne bascula. La contre-pente était semée de pièges, brisée de ravins et d'à-pics vertigineux. Au détour d'un virage, un horizon rougeoyant apparut derrière les collines. (...). Ce halo orangé provenait d'un incendie monstrueux qui dévorait les dernières forêts au nord de Miramar." [p344]


  • Le courrier des auteurs : 21/12/2010

1) Qui êtes-vous ? !
Ainsi qu'un flic de la criminelle, le médecin est enquêteur. Pour corser le tableau, le médecin-réanimateur - ce dont je fais profession - est un flic à qui la mort ne laisse souvent que quelques heures voire quelques minutes pour neutraliser le serial killer qui rôde. La filiation entre réanimation (que les profanes se remémorent les premières et meilleures années d'Urgences) et plongée dans l'univers du thriller ne demande donc sans doute qu'un nombre limité de séances de psychanalyse pour apparaître...
Mais au-delà de l'exercice d'investigation, le médecin, s'il inscrit son art dans une démarche humaniste, se doit de respecter le sens sacré de la vie et de réfléchir, en les esquivant, aux tentations fantasmatiques d'une science omnipotente. C'est aussi cette préoccupation que modestement j'ai tenté de communiquer, dans l'exercice du sacerdoce médical comme dans l'écriture de ce roman.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Mettons-nous bien d'accord : Le jaguar sur les toits est avant tout un polar, où suspense et frisson - si le travail est bien fait - doivent être au centre des émotions du lecteur. En un mot, pour paraphraser Gabin parlant d'un film réussi : Le Jaguar se veut premièrement une histoire, deuxièmement une histoire, troisièmement une histoire.
Maintenant, difficile aussi d'éluder totalement la toile de fond, l'éclairage sur l'agonie des minorités indiennes, la guérilla du Chiapas, la bio-piraterie... Et si un thème revient ici de façon récurrente, c'est celui de l'Homme révélé en tant que son propre fossoyeur, dans sa quête trop absurde de dollars, de pouvoir ou encore d'apparence. Si seulement nous comprenions que cette quête absurde et vaine porte en son sein le gène de sa propre destruction...

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Qui sait, se dit Gardel, si ce fou n'avait tenté d'obtenir un impossible pardon, en offrant aux dieux le chalchiuatl, l'eau précieuse qui sauverait l'Homme ?»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Non, je ne citerai pas une chanson de Lola Beltran, un danzon ou un orchestre de mariachis ! Mais bien davantage La Damnation de Faust, de Berlioz, ou même une des musiques angoissantes de Craig Armstrong (Ruthless, en montée rugissante dans la scène de la Fête Nationale...)

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
La note d'électricité d'une nuit blanche passée avec un Jaguar sur les toits ouvert le soir pour n'être refermé qu'au petit matin.


  • Les présentations des éditeurs : 17/12/2010

Le coeur de l'homme d'affaires enlevé a été restitué à sa famille. Il a été arraché de sa poitrine selon la tradition des sacrifices aztèques, il est posé sur un socle portant le dessin d'une feuille mystérieuse. Des messages arrivent qui utilisent le calendrier aztèque et les vers d'un roi-poète pour annoncer les meurtres à venir. Des hommes politiques sont enlevés et sacrifiés. Le suspect boiteux porte le nom d'un botaniste mort depuis des siècles, les autorités du pays font preuve d'une mauvaise volonté manifeste...
La police ne mettant pas toute l'énergie nécessaire à la résolution de ces énigmes, les recherches sont menées par un trio d'enquêteurs. Dans un gigantesque jeu de piste à travers la ville de Mexico et ses sites archéologiques, ils vont croiser un hippie spécialiste des plantes médicinales de la forêt lacandone, un vieil Américain qui dit avoir connu Zapata, et des Indiens qui ne vieillissent pas.

Ce magnifique thriller qui plonge dans les racines de la culture mexicaine nous révèle les secrets de la mort programmée des cellules, parle de la nécessité de protéger les savoirs et les patrimoines botaniques indiens et nous fait vivre des aventures ébouriffantes sous la conduite d'un nouvel auteur, au style solide et brillant, fin connaisseur et amoureux du Mexique.

François Arango est né en 1964. Chef d'un service de réanimation dans un grand hôpital parisien, il a fait des études au Mexique. Auteur de livres et d'articles scientifiques, il publie ici son premier roman.


  • Les courts extraits de livres : 17/12/2010

Le diable, comme tout être intelligent, aime les jeux, les devinettes.

Arturo Pérez-Reverte

Coyoacán. Mexico D.F.
27 juillet 1996

- Juanito, espèce de rat de cave, sors de ton trou. C'est l'heure !
La bassine d'eau savonneuse tomba des mains de Juan Pablo, faisant à peine plus de bruit qu'une machine à laver lâchée du toit. Le mur de tôle galvanisée tremblait encore, comme chaque matin à la même heure, lorsque ce grand imbécile de Marco le foudroyait d'un coup de coude. Et, bien sûr, l'autre était déjà loin. Un jour viendrait où il lui descendrait d'un bloc ce qui lui tenait lieu de toit. Un toit misérable, mais un toit tout de même, un chez-soi, et il n'était pas question de se le laisser déglinguer.
Car pour Juan Pablo, à part cet abri de tôle, il n'y avait pas grand-chose à inscrire dans la colonne des titres de propriété. Deux carreaux turquoise et un grand rire cristallin pour tout héritage : les droits de succession n'auraient rien d'extravagant. Sous cette latitude, ses yeux clairs étaient une de ces curiosités qui ne laissaient personne indifférent, à commencer par les autres gamins du pavé. Quant à son rire, dégringolant comme une cascade, c'était sa manière à lui de défier une existence qui d'entrée avait annoncé la couleur : pas de cadeau, et chacun pour soi.
Juan Pablo balança sur son épaule un chiffon rouge noirci d'huile de vidange et claqua la porte. Après une enfance qui avait fondu comme neige dans les rues de Guadalajara, le garçon avait migré vers l'improbable Eldorado de la capitale. Les rues où il usinait désormais avaient changé, plus chics, plus propres aussi. Mais à la nuit tombée il réintégrait ses quatre murs, et ceux-là n'avaient rien à envier au quartier miteux de son enfance. Le gamin avait très vite compris une chose toute simple : de ce côté-là aussi du Rio Grande, les premiers barreaux de l'échelle sociale étaient salement corrompus. Et ceux qui n'étaient pas pourris étaient trop hauts pour lui. Juan Pablo Romo enseigne aujourd'hui la linguistique à l'Université autonome de Mexico, mais à l'époque où débute cette histoire, les vaches étaient autrement plus maigres.


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