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.. Couleurs : toutes les couleurs du monde en 350 photos

Couverture du livre Couleurs : toutes les couleurs du monde en 350 photos

Auteur : Michel Pastoureau

Date de saisie : 08/01/2011

Genre : Beaux Livres

Editeur : Chêne, Paris, France

Prix : 45.00 € / 295.18 F

ISBN : 978-2-8123-0281-7

GENCOD : 9782812302817

Sorti le : 13/10/2010

Magnifique ouvrage de photos autour des couleurs qui occupent notre vie ! Michel Pastoureau introduit chaque couleur avec son histoire, son influence sur notre regard, sa force et leurs sens cachés. Bon, le livre est de toute façon juste splendide, vraiment très travaillé esthétiquement, et uniquement pour cela, c'est un vrai plaisir.


  • Les présentations des éditeurs : 08/01/2011

Les couleurs sont actrices majeures de notre vie : elles nous entourent, et possèdent des significations cachées qui influencent notre atmosphère, nos comportements, notre langage et notre imaginaire.

En 350 photographies d'auteur, Couleurs donne vie à un dialogue silencieux d'images qui décrit l'homme et raconte le monde à travers le langage secret des couleurs. Le rouge, le vert, le noir, le jaune, le bleu et le blanc explosent dans un concert d'images : paysages, visages, objets se succèdent sous nos yeux dans une surenchère d'harmonie et de variété.

Un grand livre de photographies, un objet précieux, un hommage à la couleur dans ses multiples nuances.

Michel Pastoureau, spécialiste en histoire médiévale, est déjà l'auteur de nombreux ouvrages, en particulier sur l'histoire des couleurs (sur laquelle il a publié trois livres, dont deux sur le noir et le bleu), des animaux, des symboles et des chevaliers de la Table Ronde.

Michel Pastoureau, né à Paris le 17 juin 1947, est un spécialiste de l'histoire médiévale et un archiviste paléographe. Il a étudié à l'École nationale des chartes et occupe depuis 1983 la chaire de directeur d'études à l'École pratique des Hautes Études de la Sorbonne. Il est membre de l'Académie internationale d'héraldique et président de la société française d'héraldique et de sigillographie. Il est l'auteur de près de 40 ouvrages dont plusieurs sur la couleur : L'Étoffe du Diable, une histoire des rayures et des tissus rayés (Seuil, 1991) ; Bleu : histoire d'une couleur (Seuil, 2002) ; Les couleurs : le grand livre des couleurs (Panama, 2008) et Noir : histoire d'une couleur (Seuil, 2009).


  • Les courts extraits de livres : 08/01/2011

QU'EST-CE QUE LA COULEUR ?
MICHEL PASTOUREAU

Définir la couleur n'est pas facile. Non seulement, au fil des siècles, les définitions ont grandement varié selon les périodes et les sociétés, mais même en se limitant à l'époque actuelle, la couleur n'est pas appréhendée de la même façon sur les cinq continents. Chaque culture la conçoit et la définit selon son environnement, son histoire, ses connaissances, ses traditions. En ce domaine, les savoirs occidentaux ne sont pas des vérités scientifiques absolues mais seulement des savoirs parmi d'autres. Au reste, ils ne sont même pas univoques. Il m'arrive ainsi régulièrement de participer à des colloques transdisciplinaires, consacrés à la couleur et réunissant des chercheurs venus d'horizons divers : sociologues, physiciens, linguistes, peintres, chimistes, historiens, anthropologues. Nous sommes tous très heureux de nous rencontrer pour parler d'un sujet qui nous est cher, mais au bout de quelques minutes nous comprenons que nous ne parlons pas de la même chose : chaque spécialiste possède ses définitions, ses conceptions, ses certitudes de la couleur. Les faire partager par d'autres spécialistes n'est pas aisé, parfois même presque impossible.

Au fil des siècles la couleur a d'abord été définie comme une matière, puis comme une lumière, enfin comme une sensation. Dans beaucoup de langues, en effet, l'étymologie du mot qui désigne la couleur, atteste comment à l'origine celle-ci est pensée et perçue comme une matière, une enveloppe qui recouvre les êtres et les choses. C'est notamment le cas dans les langues indoeuropéennes. Le mot latin color, par exemple, duquel sont issus les termes italien, français, espagnol, portugais, anglais, etc., désignant la couleur, se rattache à la grande famille du verbe celare qui signifie «cacher», «envelopper», «dissimuler» : la couleur c'est ce qui cache, ce qui recouvre, ce qui habille. C'est une réalité matérielle, une pellicule, une seconde peau ou une seconde surface qui dissimule les corps. La même idée se retrouve en grec : le mot khrôma, couleur, dérive du mot khrôs, peau, surface corporelle. Il en va de même en allemand et dans la plupart des langues germaniques : le terme allemand Farbe, pour se limiter à un exemple, vient du germanique commun farwa qui signifie forme, peau, enveloppe. Bien d'autres langues, nullement indo-européennes, véhiculent une idée semblable : la couleur est une matière, une enveloppe, une pellicule.

Toutefois, le lexique est une chose et les théories des savants ou des philosophes en sont d'autres. De bonne heure, la couleur a cessé d'être considérée seulement comme une matière pour devenir, aussi et surtout, une lumière ; ou plutôt une fraction de la lumière. Aristote, l'un des premiers, a vu dans la couleur un affaiblissement de la lumière blanche et a proposé la plus ancienne échelle chromatique connue, allant du plus clair au plus foncé : blanc, jaune, rouge, vert, bleu, noir. En Occident, cet ordre des couleurs est resté l'ordre scientifique de base jusqu'au XVIIe siècle. Très exactement jusqu'en 1665-1666, années où Isaac Newton réalisa ses fameuses expériences du prisme et réussit à disperser la lumière blanche du soleil en différents rayons colorés. Ce faisant, il proposait au monde savant un nouvel ordre des couleurs : le spectre. Un ordre au sein duquel il n'y avait désormais plus de place ni pour le noir ni pour le blanc, et où les couleurs formaient une séquence sans rapport avec les précédentes : violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge. Ce nouvel ordre spectral des couleurs s'est progressivement imposé comme l'ordre physico-chimique de base dans la plupart des domaines relevant du monde des sciences. Il a même été projeté sur un phénomène météorologique comme l'arc-en-ciel, dont la perception a pourtant toujours été fortement culturelle. Alors que les sociétés anciennes ne voyaient dans l'arc que trois ou quatre couleurs, notre oeil d'aujourd'hui a tendance à en distinguer sept : celles du spectre. Non pas que nous voyons vraiment ces sept couleurs. Mais dès l'école primaire nous avons tous appris qu'il y avait sept couleurs dans l'arc-en-ciel. Donc nous les voyons. Ou, du moins, nous croyons les voir. Définir la couleur comme une lumière et non plus comme une matière a constitué un progrès important pour les sciences physiques et même, à partir du XVIIIe siècle, pour un certain nombre de techniques : les savants ont peu a peu appris à mesurer les couleurs en longueurs d'ondes et les artisans à les décliner en de multiples nuances. Désormais mesurable, maîtrisable, reproductible, la couleur semble perdre peu à peu une partie de ses mystères. D'autant que les artistes eux-mêmes se soumettent aux théories scientifiques : ils s'efforcent de construire leur palette autour du spectre, distinguent des couleurs primaires et des couleurs complémentaires, croient aux lois de l'optique et de la perception. Plus tard, les neurosciences accentuent à leur tour cette importance de la perception et proclament que la couleur n'est pas seulement une enveloppe matérielle ou un phénomène physique, c'est aussi une sensation ; la sensation d'un effet coloré, reçu par l'oeil et transmis au cerveau. Elle naît de la conjonction de trois éléments : une source de lumière, un objet sur lequel tombe cette lumière, et un organe récepteur, l'homme armé de cet appareil complexe - à la fois biologique et culturel - que constitue le couple oeil-cerveau.


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