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.. La gifle

Couverture du livre La gifle

Auteur : Christos Tsiolkas

Traducteur : Jean-Luc Piningre

Date de saisie : 28/04/2011

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Belfond, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 9782714446459

GENCOD : 9782714446459

Sorti le : 13/01/2011

Australie, aujourd'hui. Lors d'un barbecue un adulte gifle un enfant qui n'est pas le sien. Cet incident va faire ressurgir tous les non dits et animosités qu'il peut y avoir dans la famille ou dans ce groupe d'amis. L'auteur nous fera découvrir le point de vue de toutes les personnes ayant assisté à la scène. Un roman à lire absolument. L'auteur se glisse perfection dans tous ses personnages qu'il soit homme ou femme, jeune ou vieux, sobre ou alcoolique. Entre chronique familiale et critique de la société australienne actuelle, Christos Tsiolkas n'épargne aucun sujet tabou comme le racisme, le sexe, l'alcoolisme ou la drogue. Tout y est !


Un roman à lire absolument !


Une soirée barbecue, comme beaucoup d'autres mais un évènement va faire basculer la vie de tout ce petit monde : Harry gifle Hugo, 4 ans... or ce n'est pas son père.

Peinture de la société australienne, avec ses peurs, ses envies, ses jalousies, ses regrets. Excellent par sa justesse de ton.

A découvrir dans cette rentrée de janvier !


  • Les présentations des éditeurs : 21/01/2011

Dans la banlieue de Melbourne, par une belle fin de journée d'été, famille et amis ont organisé un barbecue : nourriture grecque et indienne, vin et bière en quantité, musique et invités de tous les âges. Alors que les enfants entament une partie de cricket, une dispute éclate et dégénère en bagarre. C'est alors qu'un des adultes, Harry, gifle un enfant de quatre ans, Hugo.

L'onde de choc provoquée par l'incident va se propager de façon si puissante que c'est tout un chaos moral et social qui apparaît bientôt sous la plume précise et quasi chirurgicale de Tsiolkas : de l'art et la manière d'élever ses enfants à la question raciale la plus aiguë, des pulsions homophobes ou sexistes aux intérêts personnels teintés d'intolérance qui exacerbent les tensions. Au sein d'une insaisissable communauté et d'un territoire à frontières multiples, qui peut prétendre incarner l'identité nationale de cette Australie pétrie de contradictions, prospère et viscéralement inquiète ? La Gifle pose et impose brillamment questions et provocations avec une redoutable acuité, élargissant son propos aux dysfonctionnements de l'Occident libéral d'aujourd'hui, dans la lignée d'un Jonathan Franzen ou d'un Tom Wolfe.

«Un roman d'une grande complexité émotionnelle. Au fil de la narration se révèle l'exceptionnel talent de Tsiolkas pour aller au plus profond de ses personnages. La Gifle place la famille sous le microscope et le résultat n'est rien moins qu'un chef-d'oeuvre moderne.» The Times

De parents immigrés grecs, Christos Tsiolkas est né en 1965 à Melbourne où il vit toujours. Romancier, dramaturge et scénariste, il est l'auteur de trois romans, dont Loaded, porté à l'écran par Ana Kokkinos sous le titre Head On. Gay, volontiers provocateur à coups de drogue, alcool et sexe, ce «mauvais garçon» des lettres australiennes a reçu une vraie consécration avec La Gifle, récompensée par de nombreux prix en Australie, dont le prix du Commonwealth et celui de l'Association des libraires australiens, traduite dans une dizaine de pays et sélectionnée pour le Man Booker Prize 2010.



  • La revue de presse André Clavel - L'Express, février 2011

Une réputation de mauvais garçon. Une plume qui ne s'encombre pas de bonnes manières. Né en 1965 à Melbourne, fils d'immigrés grecs, Christos Tsiolkas débarque en France avec cette Gifle qui, en Australie, a mis K.-O. 100 000 lecteurs. Ce qu'ils y ont découvert, c'est un tableau très sombre de leur propre société, un melting-pot que le romancier fait exploser comme une grenade...
Alcool, drogue, vulgarité effroyable, frustrations familiales, homophobie, conflits interethniques, racisme, c'est à une diatribe impitoyable que se livre Tsiolkas, en maniant sarcasmes et dérision comme autant de boomerangs. Une sacrée gifle, entre Les Corrections, de Jonathan Franzen, et Trainspotting, d'Irvine Welsh.


  • La revue de presse Augustin Trapenard - le Magazine Littéraire, mars 2011

À l'origine du somptueux roman de Christos Tsiolkas, il y a cette Australie de carte postale où posent le parfait couple mixte, la famille grecque et indienne, les collègues de souche anglo-saxonne, et même l'ami aborigène. C'est un barbecue de banlieue résidentielle, une image d'Épinal ou d'Éden multiculturel dont le vernis n'a pas le temps de se craqueler qu'un angelot de 3 ans se prend une paire de claques. Punition méritée ou crime de lèse-majesté ? Question de point de vue. De la femme cougar au jeune gay, en passant par le vieillard misogyne, huit témoins se succèdent et constatent les contrecoups de l'incident. Une gifle aux allures de pomme de discorde qui révèle soudain les tensions sociales, raciales et morales que leur petite communauté s'efforçait de dissimuler. Une gifle qui les conduit à mettre leurs convictions, leur carrière ou leur(s) couple(s) en question.


  • La revue de presse Marie-Laure Delorme - Le Journal du Dimanche du 30 janvier 2011

Le talent de Christos Tsiolkas réside dans le fait d'avoir réussi un roman à la fois captivant et intelligent. C'est bien fait, bien pensé. On ne le lâche pas parce que l'histoire pose mille jalons et mille questions. Garçon homosexuel, couples en crise, femme sans enfant, mère obsessionnelle, homme dépressif. L'auteur s'interroge sur la transmission (l'héritage) et la prospection (l'avenir). Il faut muter - et ça peut être tolérer, pardonner, quitter, aimer, attaqu...
Christos Tsiolkas montre sans démontrer. Il est le romancier non pas des coeurs mais des corps. Des plaies...
La Gifle place la réalité sociale du XXIe siècle sous un éclairage cru. La société multiculturelle est notre avenir. Elle reste à construire, à consolider. Amour et haine. Les corps s'y meuvent et les coeurs s'y meurent.


  • La revue de presse Yves Simon - Paris-Match du 23 janvier 2010

«La gifle» est un grand roman contemporain sur le déclin de l'empire occidental, sur la dégénérescence d'une civilisation - la nôtre - qui, malgré déboires et défaites, donne des leçons au monde entier. L'Australie est ici une sorte de concentré d'un mode de pensée américano-­européen décadent, elle est le creuset d'un melting-pot qui, sous le microscope sans concession de Christos Tsiolkas, représente les exacerbations d'un monde qui s'en va vers le pire et dont nous ne savons pas comment oblitérer la funeste trajectoire : racisme à tous les étages, tensions sur les origines de ses concitoyens, l'argent-roi, les enfants-rois, le sexe-roi, la drogue-reine, la suprématie blanche sur le reste de l'humanité, l'éducation de la jeunesse par la télévision, loisirs alimentés par la violence des jeux vidéo...


  • Les courts extraits de livres : 21/01/2011

HECTOR

LES YEUX FERMÉS, HECTOR ESSAYAIT DE RETENIR CE RÊVE qui lui échappait pour de bon. Il tendit le bras vers l'autre côté du lit. Aisha s'était levée. Tant mieux. Il lâcha un pet en enfonçant la tête dans l'oreiller pour ne pas sentir ses effluves moites et nauséabonds. «Je n'ai pas l'habitude de dormir dans un vestiaire de garçons», se plaignait sa femme les rares fois où il s'oubliait en sa présence. Hector avait appris à se retenir au fil des ans, à ne se laisser aller que dans la solitude. Il pétait et pissait sous la douche, rotait seul en voiture, s'abstenait de se laver ou de se brosser les dents lorsque Aisha partait le week-end donner des conférences. Sans être une sainte nitouche, elle ne supportait pas les exhalaisons du corps masculin. En revanche, Hector n'aurait eu aucun mal à s'endormir dans un vestiaire de filles, plein du parfum humide et entêtant de jeunes et doux vagins. Se dégageant lentement des tendres griffes du sommeil, il se retourna sur le dos en dégageant le drap. Jeunes et doux vagins. Il avait parlé à voix haute.
Connie.
Son image le réveilla. «Pervers», aurait pensé Aisha en l'entendant. Ce qu'il n'était pas. Tout simplement, il aimait les femmes. Jeunes, vieilles, en fleur ou au seuil du déclin. Tant de prétention le gênait presque, cependant il savait qu'elles l'aimaient. Les femmes l'aimaient.
«Lève-toi, Hector. Ta gym.»
Une série d'exercices qu'il faisait sans faute chaque matin. Cela durait au plus vingt minutes. Si, parfois, il se réveillait avec un mal au crâne, la gueule de bois, ou les deux, voire pris d'une lassitude si lourde qu'elle semblait remonter des profondeurs, il se débrouillait pour tout finir en moins de dix minutes. Ce n'était pas la stricte répétition des mêmes gestes qui comptait, mais le fait d'arriver au bout - même mal fichu, il faisait ses exercices. Il se levait, enfilait un pantalon de survêt et un T-shirt, puis commençait par neuf étirements d'une durée de trente secondes chacun. Il s'allongeait ensuite sur le tapis de la chambre pour effectuer cent cinquante abdos, suivis d'une cinquantaine de pompes. Et encore trois étirements pour finir. Alors il passait à la cuisine mettre le percolateur en marche, et partait au milk-bar au bout de la rue acheter le journal et un paquet de cigarettes. Revenu, il se servait un café, s'installait au fond dans la véranda, allumait une dope, ouvrait la page des sports et se mettait à lire. Une fois qu'il avait le journal déployé devant lui, qu'il savourait l'amertume du café et la première bouffée de nicotine, les ennuis, le stress, les conneries mesquines et les angoisses de la veille ou du lendemain ne l'atteignaient plus. À cet instant, et même s'il n'y avait que celui-là, Hector était heureux.


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