Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.
Libraires, partagez vos découvertes.
Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.
Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Auteur : Bertrand de La Peine
Date de saisie : 14/03/2011
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Minuit, Paris, France
Collection : Romans
Prix : 13.00 € / 85.27 F
ISBN : 978-2-7073-2141-1
GENCOD : 9782707321411
Sorti le : 06/01/2011
Bertrand de La Peine avec Bande-son signe un deuxième roman précis et cohérent d'où émergent, comme dans le précédent, quête de soi, art, passé trouble et lieux emblématiques.
Sven Langhens a quitté le Danemark avec pinceaux, compagne et chevalet pour aller chercher au plus près la lumière arlésienne chère à Van Gogh. Très vite la Provence s'impose comme une évidence, comme une nécessité aussi, au risque de voir Gerda repartir vers le pays natal. Perdu dans une ancienne magnanerie, l'artiste va peu à peu délaisser la peinture pour capturer les sons que la nature nous cache et révéler ainsi ce qui ne s'entend pas. De sa première présentation à la fête votive du village, au prestige des plus grands musées, le succès et le renom lui tombe vite dessus sans crier gare et Sven commence à se précipiter. La rupture nécessaire viendra d'un vol assourdissant d'ULM l'obligeant à rejoindre Paris et délaisser pour un temps son projet d'exposition à l'abbaye de Montdragon, futur au lieu du son contemporain.
Dans leur appartement où il a l'habitude de retrouver Gerda, à défaut d'amour la rupture se prolonge par de multiple Post-it sur lesquels elle lui annonce qu'elle ne viendra plus. Derrière les quelques cartons qu'elle a laissés, une vieille malle de famille inviolée depuis des lustres protège une des roses des sables ayant inspirée Paul Klee, ami de son grand-père peintre, et un Traité des «singstein», le chant des pierres, écrit par un certain M. Rudolf Erich Raspe, auteur des premières aventures du Baron de Münchhausen. La coïncidence est trop belle, il décide de partir presque aussitôt en Irlande dans la demeure où a résidé Raspe, génie fantasque et controversé, qui a légué à sa descendance une amusante folie douce. Une fois là-bas, le lieu s'avère unique et Sven se lance dans un jeu de pistes qui le conduira à découvrir «le portrait d'un homme qui se fuit, d'un homme qui cherche à se mentir reniant son passé de savant reconnu».
Finalement Sven ne trouvera qu'un miroir, mais quel miroir : un de ceux qui font chanter «les veines de cristal», qui s'approprient le silence afin de révéler ce que nous sommes.
Une belle confirmation.
Sven Langhens prépare une exposition qui doit accueillir, dans le Luberon, les plus grands noms de la création contemporaine dans l'univers du son.
Contraint de rentrer à Paris alors que sa femme le quitte, l'artiste danois trouve dans une malle, un ouvrage ancien sur les «pierres chantantes» écrit par un certain Rudolf Erich Raspe.
Cette lecture le conduit en Irlande, le jour où l'on célèbre, sur le domaine de Mrs Scott, la première cuvée de poiré. Dans la demeure de la vieille dame, Sven va suivre les traces de ce Raspe, éminent géologue, auteur des Aventures du Baron de Münchhausen et grand mystificateur du XVIIIe siècle, jusqu'à découvrir, entre les mains du vent, ce qu'il ne pensait pas chercher.
Un spécialiste des microsons part pour l'Irlande à la recherche de "pierres chantantes" et du baron de Münchhausen. Fantasque et savoureux...
Déroutant sur le fond comme sur la forme, cet imprévisible récit suit avec humour la trace d'un homme qui s'égare pour mieux se trouver. Et c'est en amateur de free-jazz que l'on savoure cette Bande-son inspirée, qui mériterait sans mal une déclinaison à l'écran.
Bertrand de la Peine dresse le portrait d'un étonnant "bioacousticien" danois réfugié dans le Vaucluse. Réjouissant...
Avec la légèreté d'un coléoptère et un humour british à souhait, Bertrand de la Peine se rit des outrances de l'art contemporain, de l'appétence des gens du Nord pour le Sud vangoghien, et de bien d'autres choses. Le tout, dans une langue économe à la sonorité fort plaisante...
Cette fois une puissante inventivité
se donne à voir, dans un mélange de bricolage savant
et d'imagination pure, d'esprit de sérieux et de fantaisie, qui font de cette lecture un moment de considérable plaisir...
L'entrelacs de réel et de fiction devient proprement inextricable. De cette incroyable construction, comme de l'univers hautement technologique
de Sven Langhens, s'élève une poésie de tous
les instants. Presque une musique. Inutile de chercher une leçon dans ce livre plutôt inclassable. Simplement
il existe, à l'instar des pierres chantantes de Raspe.
Et comme elles, produit une forme de beauté. Avec
sa vivacité de style, son humour subtil, sa voix,
Bertrand de La Peine affiche aujourd'hui sa singularité dans le paysage romanesque.
Dans son deuxième roman, Bertrand de La Peine donne à entendre un écho cristallin de la poésie de Lewis Carroll, dont le célèbre «slictueux !» s'est même glissé entre les lignes, rédigées serré-serré. Le livre n'a pour autant rien de l'exercice de style. C'est une complainte stridente sur la peur de ne pas se distinguer, sur l'angoisse de la transparence et du silence. A travers sa quête du «singstein», une pierre très rare émettant des sons, Sven Langhens cherche à entendre la voix intérieure des êtres qui l'ont précédé sur terre, dans l'espoir qu'ils lui transmettent un secret de vie.
Sven lave une feuille de salade. C'est une belle feuille de romaine qui se balance, ruisselante sous l'eau froide. Sven retourne la feuille et frotte les nervures jusqu'à ce qu'elles soient débarrassées de la moindre particule de terre. Son visage, à la hauteur du fenestron ouvert au-dessus de l'évier, reçoit le vent de face. Ses longs cheveux filasse flottent autour des oreilles, sur les lourdes épaules nues, tannées comme celles d'un vigneron. Il coupe le robinet et sèche avec soin la romaine dans un torchon propre.
Cette salade, il l'a rapportée du marché où il se rend une fois par semaine. Il descend à pied au village, distant de cinq kilomètres du plateau, traverse les champs de la ferme des Aiguades pour rejoindre la départementale qui mène à Cheval-Blanc. Et il n'est pas un samedi où un véhicule ne s'arrête pour le prendre à son bord. Sven Langhens est connu par ici. Voilà presque dix ans qu'il s'est installé dans ce coin reculé du Luberon.
Portant la feuille de salade dans le creux de sa main comme une bête morte, Sven rejoint une pièce hermétiquement close. La porte qu'il referme sur lui étouffe tout bruit. Aucune source naturelle n'éclaire le lieu baignant dans une pénombre épaisse. Un spot sur pied braque une lampe halogène en direction de la boîte en Plexiglas que Sven a déposée à même le sol. Sur chaque côté de la boîte, des microphones lilliputiens ont été clipsés, orientés vers le centre bientôt occupé par la feuille de salade d'un luisant vert prairie. Sa romaine prise entre le pouce et l'index, Sven a des gestes de joueur de mikado. Il cherche à la placer exactement au milieu de la boîte sans tenir compte de ses formes courbes, fantasques, tout simplement végétales, qui vouent à un échec certain toute son opération. Mais non, il semble satisfait et sourit à l'attention de la feuille verte qui trône un peu n'importe comment sous la quadruple garde des minimicros.
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia