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.. Dans la mer il y a des crocodiles : l'histoire vraie d'Enaiatollah Akbari

Couverture du livre Dans la mer il y a des crocodiles : l'histoire vraie d'Enaiatollah Akbari

Auteur : Fabio Geda

Traducteur : Samuel Sfez

Date de saisie : 10/03/2011

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Liana Levi, Paris, France

Collection : Essais

Prix : 15.00 €

ISBN : 978-2-86746-558-1

GENCOD : 9782867465581

Sorti le : 05/01/2011

Le périple d'un petit afghan que sa mère abandonne pour le sauver... d'Afghanistan en Italie. C'est un récit de vie, un beau récit de vie.


Enaiat est un petit afghan du groupe ethnique hazara pourchassé par les talibans et les Pachtounes. Pour le protéger, sa mère le conduit et l'abandonne au Pakistan avec, pour seul bagage, les mots de l'espoir.
Commence alors pour le jeune garçon d'une dizaine d'années un extraordinaire périple à travers l'Europe. Conditions de vie extrêmes, errances brutales et délétères mais aussi des amitiés solidaires, des aides inespérées, cette mamie grecque ou cet ange vénitien. Survivre et trouver enfin un endroit pour grandir «... tu le reconnais parce que tu n'as plus envie de t'en aller...» Au delà du simple témoignage et de l'odyssée d'un clandestin «pas plus haut qu'une chèvre», un récit à deux voix, remarquablement écrit, dans lequel l'émotion nous porte par la grâce, l'humour et la poésie.


Enaiatollah Akbari, âgé de dix ans à peine, est né dans la province de Ghazni, au sud-est de l'Afghanistan. Il est hazara, une ethnie méprisée et souvent réduite à l'esclavage tant par les talibans que les patchounes. Son père est mort. Les patchounes l'avaient contraint - pas seulement lui, mais aussi beaucoup d'autres hazaras de notre région - à faire des allers-retours en Iran avec un camion pour y chercher les marchandises qu'ils vendaient dans leurs magasins. (...) Pour forcer mon père à travailler, ils lui ont dit : Si tu ne vas pas en Iran chercher ces marchandises pour nous, on tue ta famille. Si tu t'enfuis avec la marchandise, on tue ta famille. S'il manque de la marchandise ou qu'elle est abîmée, on tue ta famille. (...) J'avais six ans - peut-être - quand mon père est mort. Il semble que dans les montagnes, un groupe de bandits ait attaqué son camion et l'ait tué. Quand les patchounes ont appris que le chargement de mon père avait été volé, ils sont venu voir ma famille pour dire qu'il leur avait causé du tort, que leur marchandise était perdue et que nous devions le rembourser.

Sa famille - comme bien d'autres - connaît l'oppression, la sueur et les larmes, mais surtout la peur face à la violence et aux menaces qui les entourent. Un jour - la plus terrible des preuves d'amour - sa mère, fuyant leur maison de Nava, l'abandonne à Quetta, un village pakistanais non loin de la frontière afghane, avec trois commandements qui ne le quitteront jamais : Ne pas prendre de drogues, ne pas utiliser d'armes, ne pas voler.

Commence alors pour Enaiatollah Akbari un périple de cinq ans, le conduisant du Pakistan à l'Italie, en passant par l'Iran, la Turquie, la Grèce. Un voyage long, dangereux, à haut risque. Il apprend à se débrouiller pour survivre et même s'il côtoie l'horreur ou la misère, son regard toujours tourné vers l'avenir reste sensible à la beauté des sentiments - qui lui sera marquée à certaines heures en raison de sa bonne éducation, de sa politesse, de son habileté - traduite par un sourire de gratitude qui ne le quitte jamais.

Ce livre est le récit de son incroyable aventure, transcrite par Fabio Geda avec un souci de coller au plus près de sa vérité, non sans nous partager une oeuvre littéraire à part entière. Si son odyssée racontée avec naturel et simplicité nous touche tant, c'est qu'elle transpire de l'empathie de son auteur, lui-même éducateur depuis une dizaine d'années auprès de mineurs immigrés à Turin et qui ne nourrit d'autre souci que de décliner une histoire dont il ne se veut que le témoin.

Mais au-delà de ces fragments de vie que nous expose Enaiatollah Akbari, ce livre nous sensibilise aux réalités de l'immigration - le trafic des êtres humains, les coups qui pèsent sur les clandestins, la fuite par nécessité - dont Dans la mer il y a des crocodiles montre avec une douce ironie qu'elle n'est ni noire, ni blanche.

Comme Le rapport de Brodeck de Philippe Claudel - sur une toute autre thématique - ce livre devrait faire l'objet d'une lecture partagée en classes, afin de faire reculer, peut-être, auprès des générations futures, un peu de cette cécité ou de cette indifférence qui gangrène jusqu'à notre vision stéréotypée - pleine de préjugés - d'un monde silencieux qui tremble et s'agite, tout près de nous.

Aujourd'hui, notre jeune rescapé a 22 ans, un permis de séjour depuis 2007, étudie, profite enfin d'une vie bien à lui, a des amis et parle l'italien comme un turinois ! Dans le dernier chapitre du livre - l'un des plus émouvants que je vous laisse découvrir - vous verrez qu'il renoue avec les siens. Il rêve de repartir en Afghanistan pour s'y rendre utile ou devenir - en Italie - le porte-parole de sa communauté, nous dit Fabio Geda. Une belle leçon de vie qui n'occulte malheureusement pas l'aventure d'autres enfants semblables à lui qui ont fait le voyage avec la même détermination, mais qui n'ont survécu à l'enfer. Ce livre est aussi la trace de leur histoire, transparente, invisible, engloutie dans le ventre des baleines ou des crocodiles...


Une très belle épopée réelle et non virtuelle, à partager entre toutes les générations.
Endurance, hymne à la vie, humour
Un pur bonheur


  • Le courrier des auteurs : 02/03/2011

1) Qui êtes-vous ? ! ! ! ?
Je m'appelle Fabio Geda et je vis à Turin, où je suis né. J'ai travaillé plusieurs années comme éducateur, mais aujourd'hui, écrire est mon métier.

2) Comment vous est venue l'idée d'écrire «Dans la mer il y a des crocodiles : l'histoire vraie d'Enaiatollah Akbari» ?
J'ai rencontré Enaiat lors d'une présentation de mon premier roman. Il avait été invité afin que son récit, autobiographique, fasse contrepoint à l'histoire que j'avais inventée, celle d'un petit garçon roumain qui voyage seul, en Europe, à la recherche de son grand-père. Quand je l'ai entendu parler, et raconter, j'ai ressenti une vraie résonnance entre le regard léger, voire ironique, qu'il porte sur les épisodes dramatiques de sa vie et ce que je m'efforçais d'atteindre avec l'écriture. A ce moment là, le soir même, «Dans la mer il y a des crocodiles» a commencé à germer. Je ne sais plus bien si c'est moi qui le lui ai proposé, ou l'inverse, ça s'est fait naturellement.

3) Quel déclic intérieur vous a décidé à écrire cette méditation ?
Mon unique but, quand j'écris une histoire, est de la raconter et de la transmettre, car je crois vraiment au pouvoir de la narration. Toutes les histoires portent en elles des vérités, et si les gens le veulent, ils peuvent s'en emparer. Une histoire, c'est comme une paire de lunettes : une fois que tu les as portées, tu ne peux plus voir le monde comme avant. J'espère que cette histoire changera le regard des lecteurs. Et beaucoup me disent après avoir lu l'histoire d'Enaiat : «je ne peux plus voir les migrants du même oeil». Voilà, c'est exactement le résultat que j'espérais obtenir.

4) Avez-vous des rituels ou habitudes d'auteur (choix du lieu, horaires, musique en fond sonore ou pas, etc.) ?
J'écris souvent le matin, et j'utilise un ordinateur.

5) Quand vous êtes en plein travail d'écriture, vous «protégez-vous» des autres écrivains ou philosophes (vous protégez-vous d'éventuelles influences «inconscientes») ?
Ça dépend. J'évite de lire des livres qui traitent d'un sujet sur lequel je vais travailler, afin de me sentir libre de faire ce que mon coeur, mes tripes, mon intuition me suggèrent. Mais je garde sur mon bureau des livres dont la narration ou le point de vue s'approchent de ce que je voudrais utiliser pour mon histoire. Parfois, quand je bloque, il me suffit de les feuilleter pour que ça reparte.

6) Comment est-entrée l'écriture dans votre vie ? Quand vous êtes-vous dit «un jour j'écrirai» ?
J'ai toujours beaucoup aimé les histoires. On peut en raconter des merveilleuses avec la musique, le théâtre, le cinéma. J'ai choisi la littérature car c'est ce que je savais faire le mieux.

7) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?
Je me souviens de deux classiques de la littérature italienne : «Le livre coeur» d'Edmondo de Amicis, et le «Journal de Jean La Bourrasque» de Vamba. Puis la littérature de genre, quand j'étais au collège, surtout le roman policier anglais, Conan Doyle et Agatha Christie. En grandissant, je me rappelle la découverte de Marquez, de Faulkner, de Murakami.

8) Savez-vous à quoi servent les écrivains, les philosophes ? !
Les écrivains sont des radars qui courent le monde en essayant de capter les signaux émis par la vie.

9) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
Ce que Marguerite Yourcenar fit dire à l'empereur Hadrien, même s'il s'agissait des bibliothèques, des greniers publics où amasser des réserves contre l'hiver de l'esprit qu'à certains signes, malgré moi, je vois venir.


  • Les présentations des éditeurs : 02/03/2011

Dix ans, ou peut-être onze. Enaiat ne connaît pas son âge, mais il sait déjà qu'il est condamné à mort. Être né hazara, une ethnie haïe en Afghanistan par les Pachtounes et les talibans, est son seul crime. Pour le protéger, sa mère l'abandonne de l'autre côté de la frontière, au Pakistan. Commence alors pour ce bonhomme «pas plus haut qu'une chèvre» un périple de cinq ans pour rejoindre l'Italie en passant par l'Iran, la Turquie et la Grèce. Louer ses services contre un bol de soupe, passer les frontières dissimulé dans le doublefond d'un camion, braver la mer en canot pneumatique, voilà son quotidien. Un quotidien où la débrouille le dispute à la peur, l'entraide à la brutalité. Mais comme tous ceux qui témoignent de l'insoutenable, c'est sans amertume, avec une tranquille objectivité et pas mal d'ironie, qu'il raconte les étapes de ce voyage insensé.

Fabio Geda est né en 1972 à Turin où il vit toujours. Éducateur, collaborateur de La Stampa, il a publié deux romans avant d'entendre Enaiatollah Akbari raconter son histoire il y a quelques années au Centre interculturel de Turin. Bouleversé par son récit, séduit par son authenticité, il prend le soir même la décision de bâtir un livre à quatre mains. Depuis sa sortie en avril 2010, Dans la mer il y a des crocodiles s'est vendu à près de 200 000 exemplaires en Italie.



  • La revue de presse Claire Julliard - Le Nouvel Observateur du 24 février 2011

Est-ce la rage qui pousse Enaiat ? Non, c'est l'instinct de survie...
Ce roman initiatique fort et émouvant est un livre utile, une leçon de vie. En effet, l'itinéraire insensé qu'il décrit n'a rien d'unique. Il ressemble à celui de milliers d'autres enfants. Pour l'année 2010, les responsables de l'association France Terre d'Asile ont recensé 1500 mineurs émigrés, et parmi eux un tiers de petits Afghans. Tous ont connu la même histoire, ballottés au milieu de l'océan mais prêts à tout pour s'en sortir. «Un jour, j'ai lu que le choix d'émigrer naît du besoin de respirer. C'est vrai. L'espoir d'une vie meilleure, dit Enaiat, est plus fort que tout autre sentiment.»


  • La revue de presse Fabio Gambaro - Le Monde du 27 janvier 2011

De cette extraordinaire aventure, Fabio Geda a tiré un livre formidablement émouvant, Dans la mer il y a des crocodiles. A partir du récit -d'Enaiatollah, l'écrivain italien - déjà auteur d'un premier roman très remarqué, Pendant le reste du voyage, j'ai tiré sur les Indiens (Gaïa, 2009, bientôt réédité en poche) - livre ici un saisissant roman-témoignage plein de drames et d'espoir, qui, en adoptant le regard de l'enfant, mi-poétique mi-désenchanté, propose un point de vue très original sur le monde des migrants et leurs terribles expériences...
Dans ce roman dramatique traversé par la grâce et l'ironie, Fabio Geda a su trouver le ton juste, à la fois sobre et sensible, sa langue imagée et drôle lui permettant d'éviter les excès de pathos et d'apitoiement, tout comme les facilités d'un angélisme naïf ou d'un manichéisme simplificateur. D'où le succès du livre en Italie, où il s'est vendu à presque 200 000 exemplaires.


  • La revue de presse Sabine Audrerie - La Croix du 5 janvier 2011

Si ce livre vaut pour la force de ce parcours, il tire aussi sa préciosité de sa valeur littéraire. Le talent de l'auteur et l'intelligence pétillante d'Enaiat se conjuguent, on le sent, pour donner au texte sa grâce, sa poésie, ses traits d'humour et même sa politesse. Comme il aurait été facile de composer un récit tire-larmes, de jouer sur la sensiblerie ! Au contraire, s'il est volontiers émouvant, le récit se tient droit, de bout en bout, comme Enaiat. Il dit sans excès la peur et les tremblements, comme il montre la logique de ce chemin absurde...
Combien sont-ils, ces enfants, ces jeunes gens, ces adultes apeurés, à entreprendre chaque mois ce périlleux voyage à travers deux continents, pour venir s'échouer sur les rives d'Istanbul, de Mytilène, de Calais ou autrefois de Sangatte ? Un peuple bigarré, hétérogène, uni par l'absence de choix. On ne cesse de revenir à ce tracé sur la carte reproduite en ouverture du livre, montrant la longue route parcourue par Enaiat. Il est semblable aux points numérotés et reliés d'un jeu d'enfant. Mais le dessin obtenu ne forme pas de boucle, ne revient pas à son point de départ. Ce tracé-là reste à accomplir lors d'un autre voyage. C'est seulement une fois la vie commencée ailleurs qu'Enaiat pourra s'autoriser à penser à son enfance écourtée et à sa mère, en regardant pour la première fois vers le levant, deux mondes coexistant désormais en lui.


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