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.. Les carnets de Victor Frankenstein

Couverture du livre Les carnets de Victor Frankenstein

Auteur : Peter Ackroyd

Traducteur : Bernard Turle

Date de saisie : 06/04/2011

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Philippe Rey, Paris, France

Collection : Roman étranger

Prix : 21.00 € / 137.75 F

ISBN : 9782848761800

GENCOD : 9782848761800

Sorti le : 03/02/2011

  • Les présentations des éditeurs : 04/03/2011

Depuis sa publication en 1818, Frankenstein, le célèbre chef-d'oeuvre de Mary Shelley, a inspiré quantité d'artistes, de romanciers et de cinéastes. A son tour, Peter Ackroyd donne son angoissante version d'une extraordinaire histoire. L'auteur de ces carnets, le narrateur, c'est Victor Frankenstein lui-même, jeune étudiant genevois. Venu à Oxford poursuivre ses études, il se lie d'amitié avec Percy Bysshe Shelley dont l'athéisme passionné enflamme son imagination. Leurs idées avancées (et scandaleuses pour l'époque) valent aux jeunes gens d'être renvoyés de l'université. Ils se retrouvent à Londres, où Victor entend poursuivre ses expériences sur l'électricité et - pourquoi pas ? - réinsuffler la vie à un mort. Grâce aux théories de Galvani, à un matériel impressionnant et aux cadavres bien frais fournis par l'abominable secte des «résurrectionnistes», il n'y réussit que trop bien...

Né à Londres en 1949, Peter Ackroyd est l'une des plumes les plus brillantes de la littérature anglo-saxonne. Alternant les genres littéraires, il a reçu de nombreux prix pour des biographies telles celles de Shakespeare, de William Blake ou de Londres, autant que pour son abondante oeuvre romanesque.



  • La revue de presse Alexis Brocas - le Magazine Littéraire, avril 2011

Toute littérature est un commentaire, conscient ou non, sur la littérature passée...
Peter Ackroyd se maintient ici parmi les fantasmes XIXe, mais s'essaie à l'expérimentation narrative : entre biographie trafiquée, commentaire en creux, légère parodie, éloge et fiction pure, son texte semble le pendant romanesque du monstre de Mary Shelley, tout en chairs animales et humaines assemblées...
Le texte est à l'avenant, à la fois distancié et fidèle au mythe. Mieux, sa fidélité lui permet, paradoxalement, la distance : en respectant les épisodes de l'histoire originelle, Ackroyd s'amuse à corriger la biographie de son auteur, Mary Shelley. Ainsi, la créature commet son premier meurtre sur Harriet, la première femme de Percy Shelley. Pouvait-on rendre meilleur service à l'auteur du Frankenstein original que de la débarrasser de celle qui fut longtemps sa rivale ?


  • La revue de presse Astrid de Larminat - Le Figaro du 3 mars 2011

Cette histoire peut donner lieu à diverses interprétations, philosophiques, théologiques ou psychologiques. Une chose est sûre : l'empathie que l'auteur manifeste à l'égard de son héros et la sévérité avec laquelle il juge ses actes laissent penser qu'il se sent très proche de ce jeune homme qui eut l'illusion de créer artificiellement une vie plus belle que celle qui a cours sur terre. L'écrivain n'est-il pas une sorte de savant fou qui cherche par son oeuvre à parfaire le monde ?...
Quoi qu'il en soit, cette fable, écrite avec une virtuosité magnifiquement traduite en français, a le mérite de rendre à l'histoire inventée par Mary Shelley sa profondeur que d'autres interprétations avaient gommée.


  • Les courts extraits de livres : 10/01/2011

Je suis né dans la région alpine de Suisse. Mon père était propriétaire de grands domaines entre Genève et le village de Chamonix, où ma famille vivait. Mes premiers souvenirs sont ceux de pics étincelants et je crois que mon esprit entreprenant et ambitieux me vient directement de la contemplation de ces sommets. Enfant, je ressentais en moi la puissance et la grandeur de la Nature. Les ravins, les précipices, les chutes vaporeuses, les torrents impétueux sanctifiaient ma vie, au point que, par une belle matinée blanche et resplendissante, je lus amené à m'adresser ainsi au Maître de l'Univers : «Dieu des montagnes et des glaciers, préservez-moi ! Je reconnais et je ressens la solitude de votre esprit dans la glace et dans la neige !» Comme en réponse à mon cri, j'entendis un glacier craquer et une avalanche tonner sur une hauteur lointaine, plus fort que les cloches de la cathédrale Saint-Pierre dans les rues de Genève.
Par temps d'orage, j'exultais. Rien ne me ravissait tant que le hurlement du vent dans les éboulis, les escarpements et les grottes de ma contrée natale ; lorsqu'il chassait les brumes fumeuses, les bois de sapins et de chênes s'emplissaient de sa musique. Les nuages semblaient hanter l'air des sommets dans l'espoir de toucher la source de ces beautés. Alors ma nature individuelle s'effaçait. Elle se fondait dans l'univers ou, inversement, je sentais l'univers fondre en elle. Tel l'enfant dans le ventre maternel, je ne distinguais point l'un de l'autre. C'est l'état que les poètes souhaitent atteindre, le point où toutes les manifestations du monde deviennent «bourgeons sur un seul arbre». J'étais béni par la poésie de la Nature.
Dans mes jeunes années, mon âme débordait donc d'affects ardents ; mon imagination fertile, voire délirante, n'était modérée que par mon penchant pour l'étude et les activités de l'esprit. Que j'aimais apprendre ! M'imbibant du savoir comme une pousse aspire l'eau, je ne cessais de croître. Le pire de mes défauts était déjà l'ambition. Je souhaitais tout connaître du monde et du vaste univers. Pour quoi étais-je né, sinon pour apprendre ? Je rêvais d'astres lointains. Par la puissance de l'imagination (dont déjà, me semble-t-il, je comprenais tout le pouvoir), je percevais sous l'écorce terrestre le coeur incandescent dont étaient nées les montagnes alentour. Moi, Victor Frankenstein, je résoudrais leurs mystères ! J'examinerais le scarabée et le papillon, dans mon désir profond de sonder les arcanes de la Nature. Désirs et délices - tandis que ces secrets m'étaient dévoilés - figurent parmi les premières sensations dont je me souviens. Mon père m'acheta un microscope, grâce auquel j'observai avec un intérêt indescriptible l'existence cachée du monde. Qui ne souhaite étudier l'invisible et l'inconnu ? J'étais émerveillé par la force qui, instillée dans les organismes les plus infimes, les anime et les unit.


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