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.. Des gens très bien

Couverture du livre Des gens très bien

Auteur : Alexandre Jardin

Date de saisie : 10/02/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 18.00 €

ISBN : 978-2-246-77651-2

GENCOD : 9782246776512

Sorti le : 05/01/2011

Certains lui reprocheront d'accuser sans preuve, d'autres regretteront le lynchage familial et pourtant, ce cri est déchirant pour qui veut bien lire l'auteur plutôt que de l'attendre au tournant.
Magistral exposé de psycho-généalogie, Des gens très bien crève le moelleux feutré du divan pour sonder le gouffre de l'Histoire et de la mémoire.
Bouleversant et COURAGEUX !


Je connais mal Alexandre Jardin. A peine le souvenir d'un roman que j'avais autrefois aimé pour sa fraîcheur de ton et l'originalité de son propos, L'île des gauchers : l'histoire de Lord Jeremy Cigogne, un aristocrate anglais qui, à trente-huit ans, cherche à convertir la passion pour sa femme Emily en un amour véritable sur une île aux coutumes singulières. Quelques images aussi : celle d'un jeune homme au visage un peu poupon débordant d'un parisianisme agaçant, invité régulièrement sur les plateaux de télévision; celle plus mûrie du co-fondateur de l'Association Lire et faire lire, destinée à favoriser la rencontre et le dialogue entre des enfants et des retraités à travers la lecture; celle enfin d'un homme grave à l'émotion contenue, découvert voici une semaine dans le cadre du journal télévisé en Suisse Romande, répondant aux questions du présentateur Darius Rochepin au sujet de son dernier livre, Des gens très bien...

Dans la préface au récit de son père Pascal, Le nain jaune, Alexandre Jardin écrit : «Je viens de lire Le nain jaune de bout en bout pour la première fois : depuis la mort de mon père, je n'y parvenais pas. Ce livre, ce miraculeux Nain jaune, je me le gardais comme une bonne bouteille que l'on met à vieillir au frais pour la boire en une grande occasion, histoire de fêter des retrouvailles. Je ressors groggy. Je tremble, comme si sa soif de père me torturait à mon tour. Pourquoi faut-il que nous ne réussissions à nous parler d'amour que par-delà les tombes ? Il y a sans doute de la pudeur dans tout cela ; j'y vois surtout une immense infirmité. Mais les grands livres ne sont-ils pas toujours des jambes de bois ?»

Une préfiguration à la douleur de l'enfantement de son dernier opus - «sommes-nous tous condamnés à ne percevoir que ce qui résonne avec nos douleurs ?» - consacré à son grand-père, Jean Jardin, directeur du cabinet de Pierre Laval du 20 avril 1942 au 30 novembre 1943, couvrant le terrible événement de la rafle du Vél d'Hiv, le 16 juillet 1942, avec la question centrale qui taraude son petit-fils : Pourquoi n'a-t-il pas démissionné ce jour-là ?

L'idée de ce livre a pris racine en 1999. Dix ans de recherches, de réflexions, de plongée au fond de soi-même, non pour réécrire l'Histoire, mais pour tenter de comprendre celle du clan Jardin : «Publier ces pages encolérées reste pour moi une réparation minimale. Elles me permettent de renoncer aux bénéfices sympathiques de notre légende et assurent une certaine sape de notre crédit; ce qui est bien le moindre. Le parfum joyeux qui nimbait la saga de notre clan n'y résistera pas. Je signe ces pages comme on refuse un héritage devant notaire. Pour sectionner une filiation après l'avoir reconnue.»

«Ces fiançailles du chagrin et de la pitié» comme il le dit si bien, ne plairont pas à tout le monde, pas plus aux Jardin qu'à d'autres qui ont soigneusement effacé de leur mémoire cette période de l'Occupation qui a tout de même - pour certains - exercé une force d'attraction envers une idéologie audacieuse, créative, fascinante dont il est de bon ton de ne pas raviver les cendres.

Au sein de tout ce petit monde qui gravite autour du cercle familial de Vevey, Alexandre Jardin ne ménage personne : ni Raymond Abellio, ni Coco Chanel, ni Couve de Murville, ni Robert Aron ou encore Paul Morand, avec en contrepoint un émouvant passage reflétant sa rencontre avec Frédéric Mitterand dans l'oeil duquel «il a vu la douleur muette d'un homme qui, lui aussi, avait dû être esquinté par une famille de gens très bien où l'on pratiquait une cécité intensive.» Sévère avec lui-même, il l'est aussi, devançant les critiques de ceux qui pourraient lui reprocher de cracher sur des morts qui ne peuvent se défendre : «A l'époque du» Roman des Jardin, «mes nerfs n'étaient pas à l'épreuve de la vie.

A présent que je quitte ma condition de faux-monnayeur polygraphe, d'illusionniste espiègle pour oser m'aventurer dans le réel, qui vais-je devenir ? Un type un peu dégoûté par le projet de s'autocréer. Sans doute serai-je moins ce que je raconte. Et plus domicilié dans ma propre peau.»

Qu'il devait donc l'aimer, ce nain jaune «qui ne se lassait pas de croquer des chocolats Lindt ultra-fins au bord du lac Léman» et qu'il imagine à la fin du livre, quand il lui demande d'arrêter la rafle et s'entend répondre, comme un écho lointain : «Mon chéri, les choses ne sont pas si simples...»

Le récit de cet homme en colère qui dresse un réquisitoire impitoyable contre les siens n'est sans doute pas à opposer au Roman des Jardin, version enjouée et affectueuse de son évocation familiale à laquelle répondent aujourd'hui ces fiançailles du chagrin et de la pitié : «Peut-être que mûrir, justement, c'est accepter de vivre dans l'étau de nos contradictions.».

Le regard d'Alexandre Jardin n'est pas celui d'un historien, qu'on se le dise ; il y a des redites, parfois, ou des faiblesses, tel le chapitre un peu simpliste intitulé «Le nain vert» qui évoque le personnage controversé de Tariq Ramadan ; mais c'est le prix d'un écrivain qui choisit délibérément de privilégier, avec un courage discret et poignant, une éthique personnelle plutôt qu'une réussite de style, soucieux d'être au plus vrai possible de sa propre histoire.

«Depuis l'âge de quinze ans, je ne suis retourné qu'une seule fois sur la tombe du Nain Jaune et celle de mon père, voisines dans le cimetière bucolique de Vevey ; à l'exception des enterrements où je ne pouvais pas me défiler. Mes propres enfants n'en connaissent pas l'emplacement. Ils ne se sont jamais inclinés devant nos ascendants communs. Nulle négligence dans cette dérobade au long cours. Je n'ai jamais pu déposer de fleurs sur leurs mensonges. (...) Même une petite fleur m'aurait semblé un outrage aux enfants du Vél d'Hiv», une des pages les plus nauséabondes de l'histoire de France contemporaine...


Une courte lecture d'Alexandre Jardin


  • Les présentations des éditeurs : 18/01/2011

«Tandis que mon père s'endort peu à peu contre moi, je lui parle une dernière fois :
Plus tard, tu ne pourras pas vivre avec le secret des Jardin. Il te tuera...
Tu feras un livre, Le Nain Jaune, pour le camoufler.
Au même âge que toi, j'en ferai un, Des gens très bien, pour l'exposer.
Et je vivrai la dernière partie de ta vie... La mienne.
Dors mon petit papa, dors...

Ce livre aurait pu s'appeler "fini de rire".
C'est le carnet de bord de ma lente lucidité.»

A.J.

Alexandre Jardin a déjà publié une douzaine de romans. Il a obtenu le prix Femina pour Le Zèbre (1988).



  • La revue de presse Marc Riglet - Lire, février 2011

Sans doute, dans ces Gens très bien d'Alexandre Jardin, faut-il distinguer trois registres. Il y a ce que le livre peut nous apprendre de la période considérée. Sous ce rapport, le bénéfice est mince...
Il y a ensuite les interrogations du petit-fils tentant de mesurer les culpabilités du grand-père. Que savait-il des ignominies commises ? Alexandre Jardin croit pouvoir poser plus cruellement la question : non pas, que savait-il ?, mais, bien plutôt, que ne savait-il pas ? Ce changement de pied est, à beaucoup d'égards, pertinent...
On ne dira donc pas de la douleur du petit-fils qu'elle arrive un peu tard mais plutôt qu'elle arrive à son heure, l'heure des repentances. Ce n'est pas en diminuer ni l'intensité ni l'authenticité - qui sont le troisième registre de ce livre émouvant - mais cela nous rappelle combien sont plastiques nos visions du passé, combien sont commandées par l'air du temps nos émotions les plus singulières et, finalement, combien, selon la puissante formule de Benedetto Croce : "Toute histoire est contemporaine."


  • La revue de presse Antoine Perraud - La Croix du 19 janvier 2011

Glacé par le passé réel, réinterprété, subodoré ou fantasmé de son grand-père, Alexandre Jardin réagit par la combustion vive de son écriture. Ce chaud et froid l'éloigne de la sagesse des tièdes. Toutefois, l'irruption des formules et des anathèmes va de pair avec une finesse d'intuition, une justesse de sentiment, une candeur déliée, servies par un style à la fois félin et funambulesque...
Excessif à l'instar d'une séance de vaudou, cauchemardesque comme un tableau inspiré de Goya - Saturne dévorant ses parents -, ce livre, écrit par un possédé, joue aux quilles avec des fantômes.


  • La revue de presse Émilie Lanez - Le Point du 6 janvier 2011

Alexandre Jardin est un chic type. Sincère. Engagé. Militant infatigable de la lecture, dont il s'épuise à faire connaître, à travers son association Lire et faire lire, les vertus aux moins lotis de nos enfants. On l'avait quitté romancier de bluettes, amateur d'improbables épopées conjugales, prophète souriant de la félicité matrimoniale, rejeton très tôt doué - à 23 ans, il est l'auteur vivant le plus vendu dans le monde - d'un père, Pascal Jardin, étourdissant écrivain et dialoguiste. On le retrouve changé. À 44 ans, "essoufflé de menteries", il quitte les amours délicieusement affranchies de ses ascendants pour raconter l'histoire d'une famille française vichyste, la sienne...
Alexandre a peu connu son grand-père et sa famille n'a guère cherché à découvrir ce que Jean aurait pu savoir de la déportation des juifs organisée par le gouvernement au sein duquel il travaille avec acharnement. Tous les siens se sont accommodés de son éblouissant reclassement en financier occulte de l'industrie française, conseiller influent d'Antoine Pinay, "fidèle à la personne de Laval mais pas à sa politique de collaboration", comme dira Jean-Marie Soutou, secrétaire général du Quai d'Orsay, dans un entretien avec Pierre Assouline.


  • La revue de presse Marine Landrot - Télérama du 12 janvier 2011

Magistral exposé de psycho-généalogie, Des gens très bien crève le moelleux feutré du divan pour sonder le gouffre de l'Histoire et de la mémoire. «Soudain, j'ai peur. Pour la première fois de ma vie, j'accepte de perdre pied» : en lâchant prise, Alexandre Jardin retrouve l'équilibre et prend de la hauteur de vue. Au détour de phrases pudiques et cinglantes, il dénonce une certaine tendance française à l'autopersuasion, à l'illusion d'intégrité. Il démonte le mécanisme de toute prise de conscience pour dépoussiérer une à une les pièces qui la constituent : doute, renoncement, honte, sursaut de confiance, bourgeonnement de l'évidence, renaissance...
C'est tout le pouvoir d'envoûtement de ce livre : par effet de ricochet, il vient toquer à la fenêtre de chacun et invite à relire sa propre histoire. Alors le titre prend une autre tonalité. Des gens très bien, ce sont peut-être des auteurs comme Alexandre Jardin, capa­bles de renaître. D'oser l'espoir.


  • La revue de presse Eric Roussel - Le Figaro du 6 janvier 2011

Dans le livre magnifique qu'il a consacré à son père Ramon, Dominique Fernandez a récemment essayé de comprendre les raisons pour lesquelles un esprit brillant soudain dérailla pour son infortune. Rien de tel dans ces pages. À toute tentative d'explication, Alexandre Jardin oppose un refus d'ordre moral. Sur son grand-père, cet habile qui sut si bien naviguer au risque de se perdre, il porte un jugement implacable. À le lire, on mesure combien a changé, en l'espace d'une ou deux générations, notre regard sur les années noires. Pendant longtemps, on tint compte du patriotisme supposé des uns et des autres. Aujourd'hui, c'est la responsabilité morale et collective de millions de Français, témoins de l'horreur nazie, qui se trouve en jeu. Le fait d'avoir changé de camp au moment où tout bascula, c'est-à-dire en 1942, ne protège plus des pires soupçons, comme en témoigne ici le traitement de choc administré à Maurice Couve de Murville, nommément désigné comme le responsable de l'aryanisation des biens juifs pendant les premières années de l'Occupation...
En dépit de ses liens avec la Résistance et de l'aide qu'il accorda à certains Juifs, comme l'historien Robert Aron, Jean Jardin doit-il être tenu pour l'un des responsables de la terrible rafle ? Dans l'extraordinaire dossier à charge réuni par son petit-fils, rien ne le prouve de manière formelle. La parole est maintenant aux historiens.


  • Les courts extraits de livres : 18/01/2011

Né Jardin, je sais qu'il n'est pas nécessaire d'être un monstre pour se révéler un athlète du pire. Mon grand-père - Jean Jardin dit le Nain Jaune - fut, du 20 avril 1942 au 30 octobre 1943, le principal collaborateur du plus collabo des hommes d'État français : Pierre Laval, chef du gouvernement du maréchal Pétain. Le matin de la rafle du Vél d'Hiv, le 16 juillet 1942, il était donc son directeur de cabinet ; son double. Ses yeux, son flair, sa bouche, sa main. Pour ne pas dire : sa conscience.
Pourtant, personne - ou presque - n'a jamais fait le lien entre le Nain Jaune et la grande rafle, étirée sur deux jours, qui coûta la vie à la presque totalité des 12 884 personnes arrêtées ; dont 4 051 enfants.
En tout cas pas les Jardin ; et certainement pas mon père Pascal Jardin, dit le Zubial. Trop habitué à congédier le réel.
Les secrets de famille les mieux gardés s'affichent parfois sous leur meilleur profil. Dans une lumière éblouissante qui les rend presque invisibles. Comme ces toiles de maîtres volées sous Hitler à des collectionneurs juifs puis accrochées aux murs des salons allemands. Les héritiers actuels ont beau les avoir sous le nez, éclairées avec soin, aucun ne voit leur origine glaçante. Ma famille fut, pendant un demi-siècle, championne toutes catégories de ce sport-là : s'exhiber pour se cacher. Mettre du plein soleil là où, chez nous, il y avait eu trop de nuit et de brouillard. En ayant le chic pour enrober l'intolérable de bonne humeur, d'ingénuité et de pittoresque.


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