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.. Et devant moi, le monde

Couverture du livre Et devant moi, le monde

Auteur : Joyce Maynard

Traducteur : Pascale Haas

Date de saisie : 22/03/2011

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Philippe Rey, Paris, France

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-84876-178-7

GENCOD : 9782848761787

Sorti le : 06/01/2011

  • Les présentations des éditeurs : 22/03/2011

Printemps 1972 : le New York Times Magazine publie un long article qui connaît un immense succès. La signataire de ce discours original sur la jeunesse, Joyce Maynard, dix-huit ans, en première année d'université à Yale, reçoit des centaines de lettres enthousiastes, parmi lesquelles celle de J. D. Salinger, cinquante-trois ans (dont elle n'a jamais lu une ligne). S'ensuit une correspondance soutenue entre la jeune étudiante et l'auteur culte de L Attrape-coeurs. Très vite, sur les instances de celui-ci, Joyce abandonne Yale et ses études pour aller partager avec son admirateur une vie faite d'un splendide isolement et d'ascétisme alimentaire. Mais, au fil des mois, les problèmes se multiplient au sein de ce couple improbable. Acupuncture et homéopathie n'y pourront rien : laissée en proie à un désarroi total, Joyce est congédiée d'une manière aussi cruelle qu'inattendue.

Vingt-cinq ans plus tard, divorcée et mère de trois enfants, devenue elle-même un écrivain confirmé, elle tente de raconter cette histoire et d'y trouver une explication. Elle décrit son adolescence entre un père poète alcoolique et une mère décidée à faire de sa fille un prodige littéraire, mais surtout, avec une franchise parfois jugée choquante, elle analyse son combat désespéré pour retrouver son équilibre après que Salinger a mis fin à leur liaison. Une liaison étrange et dévastatrice dont le récit porte un éclairage peu banal sur l'idole des lettres américaines.

Auteur de plusieurs romans et essais (dont Long week-end), collaboratrice de multiples journaux, radios et magazines, Joyce Maynard, cinquante-cinq ans, vit aujourd'hui entre la Californie et le Guatemala.



  • La revue de presse Francine de Martinoir - La Croix du 16 février 2011

Et ce récit, écrit un quart de siècle plus tard au plus près des faits, possède la profondeur et le rayonnement du vrai romanesque. La narration fait entendre une voix, celle de Joyce, et puis de temps en temps, à travers des dialogues, des réflexions sur la littérature ou la vie, une autre, plus lointaine, celle d'un personnage mystérieux, Salinger : elle commence par l'admirer de loin à travers leur échange de lettres et de coups de fil, elle le rencontre ensuite et l'aime au point d'abandonner ses études pour aller vivre avec lui, dans un isolement total, une existence austère où il lui impose une nourriture composée de noix, de pommes, de miel et des journées monotones emplies pour lui de recherches sur l'homéopathie, le zen, la méditation transcendantale. Cet étrange huis clos se termine soudain quelques mois plus tard : sans aucune explication, Salinger rompt avec Joyce et la congédie d'une manière brutale. Tout au long de sa vie elle ne cessera d'interroger ce geste, responsable d'autres échecs plus tard dans sa vie amoureuse et un mariage raté. Mais loin de vouloir accuser, régler de vieux comptes ou simplement se défendre, celle qui entre-temps est devenue un véritable écrivain explore comme une terre lointaine, devenue étrangère, une histoire d'amour inachevée qui continue de la hanter.


  • La revue de presse André Clavel - Lire, février 2011

Joyce Maynard raconte le quotidien du grand homme, se glisse dans son intimité et brosse le portrait d'un misanthrope dérangé dont elle fut la très docile Lolita avant d'être brutalement congédiée au bout d'une année. Un livre passionnant, effrayant, mais à lire avec les réserves d'usage, puisque l'accusé - disparu en janvier 2010 - n'est plus là pour se défendre.


  • La revue de presse Florence Noiville - Le Monde du 27 janvier 2011

Hélas, les lettres de Salinger n'apparaissent pas in extenso dans ce livre de souvenirs publié en Amérique en 1998 et qui nous arrive aujourd'hui en traduction. Mais l'auteur raconte de façon subtile et passionnante comment, en 1972, elle a attendu la fin des cours à l'université pour aller rendre visite à Salinger, dans sa maison perchée au sommet d'une colline du New Hampshire, où il s'était retiré en ermite. Comment, quelques mois plus tard, elle a définitivement quitté Yale pour emménager avec lui. Comment elle a vécu à ses côtés, "dans un extrême isolement, travaillant à un livre, persuadée que - en dépit de nos trente-cinq ans de différence, nous resterions toute la vie ensemble".


  • La revue de presse Didier Jacob - Le Nouvel Observateur du 13 janvier 2011

Voyeurisme ? Tout au contraire. Avec un talent d'observation exceptionnel, Joyce Maynard raconte simplement, comme si elle était encore surprise, bien des années après, par leur étrange liaison, son sincère amour pour Jerry, celui-ci révélant, au fil des semaines, sa vraie nature de tyran peu sympathique...
Persuadée qu'elle vivra avec lui jusqu'à la fin de leurs jours, Joyce Maynard tombe de haut quand, un beau matin, Jerry la congédie sans lui donner plus d'explications...
La jeune étudiante vient d'enterrer son étrange amour de jeunesse. Sa vie de femme commence.


  • La revue de presse Evelyne Bloch-Dano - le Magazine Littéraire, janvier 2011

«Il ne faut pas toucher aux idoles, la dorure en reste aux mains» prévenait Flaubert. Quand l'idole s'entoure de mystère et que son silence lui-même est devenu partie du culte, gare à l'impétrant qui transgresse l'interdit ! L'autobiographie de Joyce Maynard a provoqué un tel scandale dans le monde littéraire américain qu'elle a dû envoyer le manuscrit de son livre suivant, Long week-end, sous un autre nom...
L'intérêt du livre réside moins dans le portrait de Jerry Salinger, déjà livré par d'autres témoins de sa vie, en particulier sa fille, Margaret*, que dans le récit lui-même, captivant, de cette relation enchâssée dans un itinéraire de femme. Le pouvoir destructeur que peut exercer un homme plus âgé et célèbre sur une jeune fille amoureuse, son égocentrisme, les valeurs qu'il impose, sa conception de la vie, de l'écriture, du statut de l'écrivain, pèseront longtemps sur Joyce Maynard.


  • Les courts extraits de livres : 22/03/2011

Extrait de l'introduction

À l'âge de dix-huit ans, j'ai écrit un article qui a bouleversé mon existence. Intitulé «Une fille de dix-huit ans se retourne sur sa vie», il a été publié dans le New York Times Magazine avec une photo de moi en couverture. Décrivant ce que signifiait grandir dans les années soixante, j'y témoignais d'un grand sentiment de lassitude et d'aliénation. Je parlais du désir de filer à la campagne et de s'éloigner du monde. J'écrivais : «La retraite paraît tentante.»
Parmi les centaines de lettres que m'a values la parution de ce papier, l'une d'elles exprimait une profonde affection pour mon écriture et l'inquiétude que je me fasse exploiter au cours des mois et des années à venir. J. D. Salinger m'écrivait de sa maison perchée au sommet d'une colline, dans la campagne où il avait battu en retraite de longues années auparavant.
Ce printemps-là, je me suis donc embarquée dans une correspondance avec Salinger. Je suis tombée amoureuse de la voix qui émanait de ses lettres et, à la fin des cours à l'université, je suis allée lui rendre visite. Quelques mois plus tard, j'ai quitté Yale pour emménager chez lui. Pendant une bonne part de cette année-là j'ai vécu à ses côtés, dans un extrême isolement, travaillant à un livre, persuadée que - en dépit de nos trente-cinq ans de différence - nous resterions toute la vie ensemble.
Au printemps suivant, peu avant la publication de mon livre, Looking Back, Salinger m'a congédiée. Je suis restée éperdument amoureuse de lui.
Plus de vingt ans durant, j'ai révéré un homme qui ne voulait plus rien avoir à faire avec moi. Ce que Salinger représentait à mes yeux est ce que j'ai connu de plus proche d'une religion. Ce qui s'est passé entre nous a façonné ma vie de multiples façons pour longtemps après qu'il en est sorti. Mais j'ai mis cette expérience de côté, en même temps que le paquet de lettres qu'il m'avait adressées.


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