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Solitaire, Oscar aime se promener après les cours dans les rues envoûtantes de Barcelone. Un jour, il rencontre la jolie et mystérieuse Marina. Liés par un amour de plus en plus fort, les adolescents n'ont peur de rien, pas même de suivre une femme au comportement bizarre... Qui est-elle et pourquoi se rend-elle sur une tombe gravée d'un papillon noir ? Lancés sur la piste d'une énigme qui hante la ville depuis trente ans, Oscar et Marina risquent de se perdre...
Une histoire captivante, d'amour et de suspense !
«De tous les romans que j'ai écrits, Marina est mon texte préféré.»
Carlos Ruiz Zafón
Les courts extraits de livres : 12/01/2011
À la fin des années soixante-dix, Barcelone était une fantasmagorie faite d'avenues et de ruelles où l'on pouvait voyager trente ou quarante ans en arrière rien qu'en franchissant le seuil d'un immeuble ou d'un café. Temps et mémoire, histoire et fiction se mélangeaient dans cette ville ensorcelée, comme des couleurs d'aquarelle sous la pluie. C'est là que, lointain écho de rues qui aujourd'hui n'existent plus, des cathédrales et des édifices échappés de légendes ont formé le décor de cette histoire.
J'étais alors un garçon de quinze ans qui languissait entre les murs d'un internat affublé d'un nom de saint, aux abords de la route de Vallvidrera. À l'époque, le quartier de Sarriá conservait encore l'aspect d'un petit village échoué sur la rive d'une métropole moderniste. Mon collège s'élevait en haut d'une rue qui montait du Paseo de la Bonavona. Sa façade monumentale évoquait davantage un château fort qu'une école. Sa silhouette anguleuse couleur d'argile était un empilement de tours, d'arcs et d'ailes tout en noirceur.
Le collège se trouvait au milieu d'un ensemble de jardins, de fontaines, de bassins croupissants, de patios et de pinèdes enchantées. Tout autour, des bâtiments sombres abritaient des piscines voilées d'une vapeur fantomatique, des gymnases noyés dans le silence et des chapelles ténébreuses où des effigies de saints souriaient au reflet des cierges. Le bâtiment principal avait quatre étages, sans compter les deux sous-sols ainsi que les combles réservés aux quelques prêtres qui faisaient encore fonction de professeurs. Les chambres des pensionnaires étaient au quatrième, le long de couloirs caverneux. Ces galeries interminables étaient plongées dans une pénombre perpétuelle, résonnant toujours d'un écho lugubre.