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.. Les Les harmoniques

Couverture du livre Les Les harmoniques

Auteur : Marcus Malte

Date de saisie : 20/07/2011

Genre : Policiers

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Série noire

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-07-012738-2

GENCOD : 9782070127382

Sorti le : 05/01/2011

Marcus Malte, l'auteur de Garden of Love, un polar étrange primé à de multiples reprises, nous revient en ce début d'année avec un roman noir sombre et sulfureux.
On y fait la connaissance de deux personnages charismatiques : un grand noir appelé Mister, pianiste de jazz réputé mais peu loquace, et son ami Bob, chauffeur de taxi polyglotte, qui erre sans but au volant de sa vieille 404. Les deux compères qui viennent de perdre l'une de leurs amies, une certaine Vera Nad (retrouvée brûlée vive), estiment que l'enquête policière est bâclée et décident à leur tour de découvrir la vérité.
Mais certaines choses ne gagnent pas à être remuer, surtout lorsqu'il est question de drogue, de réfugiés des Balkans et de mafia serbe. Et lorsque la politique s'en mêle, le tout prend des allures de bombe incendiaire, et l'enquête se transforme vite en descente aux enfers.
Avec ce polar pétri de références (dont quelques clins d'oeil appuyés à l'actualité), Marcus Malte nous fait une démonstration de son talent. On retiendra outre des personnages taillés dans du béton armé, un style souvent lyrique, une écriture splendide qui malgré tout n'épargnera pas le lecteur, notamment lors des passages traitant de la guerre en ex-Yougoslavie et du siège de Vukovar.
Entre blues et jazz, amour et pouvoir, Les Harmoniques est un grand roman noir français, fidèle au genre et sans improvisation (si ce n'est quelques pointes d'humour), terrible et efficace qui vous tiendra en haleine jusqu'au bout. Vous y ferez aussi des rencontres aussi surprenantes que glaçantes : un joueur de guitare à l'accent balte accompagné d'un accordéoniste aveugle, un peintre manchot dont le regard en dit long, un paysan affable qu'on appelle «Sang de Boeuf», un ministre de l'Intérieur véreux et assoiffé de pouvoir ? Sans compter la présence de Vera Nad, figure mélancolique et idéalisée que poursuivent inlassablement nos deux héros.
Marcus Malte nous offre en ce début d'année une ballade hantée et noire à lire au coeur de la nuit.


Vera Nad, 26 ans. Son corps est retrouvé un matin dans un entrepôt désaffecté. Règlement de comptes entre dealers de drogue, conclut la police. Les coupables sont arrêtés. L'affaire est classée. Pas pour tout le monde...
Pas pour Bob. Un cas, ce Bob. Il conduit un vieux tacot, une 404 qui avait tant roulé qu'elle pouvait tracer sa route n'importe où. Une voiture qu'il aurait acquise juste après l'obtention de son permis, il y a quarante ans. Bob il parle 17 langues ; il a été agrégé de philosophie dans une autre vie. Une passion qu'il avait tenté durant 20 ans de faire partager à quantité de petits cons bornés. "Au final, le dilemme avait été soit de passer tous ces merdeux au lance-flammes, soit d'aller couler le restant de ses jours dans un des nombreux pavillons psychiatriques, annexes de l'Éducation nationale". Il s'est reconverti en chauffeur de taxi. Il charge rarement un client. Il a de petits besoins. Dans sa 404 il y a des monceaux de cassettes, tout ce que le jazz a donné de meilleur depuis trois quarts de siècle. Ce qu'il aime surtout c'est rouler la nuit. Seul ou avec un Black immense qu'on appelle "Mister". Mister joue du piano dans un club "Le dauphin vert". Un club dans la tradition. Il joue avec Pierrot Valentini à la contrebasse et Geoffrey Alexis dit «Timex» à la batterie. C'est le trio de choc du club. Depuis 5 ans.
Mister fonctionne à l'affect et à l'instinct, Bob lui c'est le pragmatisme et la rigueur. Tous les deux, Bob et Mister, vont tenter de savoir ce qui est vraiment arrivé à Vera Nad. Vera Nad, originaire de ce que l'on appelait encore l'ex-Yougoslavie ; Vera Nad qui venait écouter jouer Mister au Dauphin vert; Vera Nad qui consacrait la majeure partie de son temps à suivre des cours d'art dramatique. Des petits rôles. Des maigres cachetons. Des petits boulots : baby-sitting, ménages... Elle était aussi modèle pour artiste peintre. Selon ses agresseurs elle dealait. Elle aurait tenté de les blouser. Elle a été aspergée d'essence puis brûlée vive.
Bob et Mister vont enquêter à leur façon pour connaître la véritable raison de cet assassinat.
Superbe roman noir. Une intrigue resserrée, pleine de fausses pistes et de rebondissements, un style ébouriffant - il faut lire le livre à vitesse réduite pour en savourer toutes les finesses et subtilités malgré l'envie pressante de savoir ce qui va se passer - des personnages originaux très attachants.
Bref un cocktail épicé et jazzy qui va séduire et revigorer tous ses nombreux lecteurs.


C'est à mes yeux l'un des très grands auteurs de romans noirs actuellement. Roman tout court, j'aime pas les catégories.
Après la lecture vous aurez certainement envie d'aller voir la mer en écoutant du bon Jazz.


  • Les présentations des éditeurs : 20/07/2011

Souviens-toi, on rêvait d'un monde de justice...
Vera Nad, vingt-six ans, jeune femme au visage d'ange. Morte. Son corps, ou ce qu'il en reste, est retrouvé un matin dans un entrepôt désaffecté. La police conclut à un règlement de comptes entre dealers. Les coupables sont rapidement arrêtés. Affaire classée.
Pas pour tous. Mister, le pianiste au grand coeur, et Bob, son acolyte, chauffeur de taxi érudit, ne croient pas à cette version des faits. Vera était leur amie, ils se doivent de mettre au jour la vérité. Une quête qui les conduira des hautes sphères de la politique française jusqu'aux rives lointaines du Danube. De Paris à Vukovar. Des riches demeures des princes aux charniers des Balkans. Du présent au passé. Car en tout temps règnent le mal et la corruption, en tout lieu les plus bas instincts de l'homme se déchaînent. Et seul l'écho des cris des victimes ne meurt jamais.
Quatre ans après le phénoménal Garden of love, Marcus Malte renoue avec son duo de personnages fétiches pour composer cette fois une somptueuse ballade aux accents jazz. Un chant d'amour, poignant, dans lequel ces «voix chères qui se sont tues» n'en finissent pas de résonner.

Né en 1967, Marcus Malte est devenu en quelques années l'un des auteurs les plus novateurs et remarqués du roman noir français. On lui doit notamment Intérieur nord, Toute la nuit devant nous, La part des chiens et Carnage, constellation, parus aux Éditions Zulma et Gallimard «Folio Policier».



  • La revue de presse Michel Abescat - Télérama du 26 janvier 2011

Les harmoniques, explique le pianiste de jazz, ce sont «les notes derrière les notes. Les notes secrètes. Les ondes fantômes qui se multiplient et se propagent à l'infini, ou presque. Comme des ronds dans l'eau. Comme un écho qui ne meurt jamais». Et c'est cela que cherche Marcus Malte. Derrière la chiennerie de la vie, les silences, les non-dits, les échanges imperceptibles entre les êtres, vivants et morts, les notes secrètes d'une symphonie déglinguée. Ce qui reste quand il ne reste rien. L'amour, malgré tout.


  • La revue de presse Alexandra Schwartzbrod - Libération du 6 janvier 2011

Ouvrir un roman de Marcus Malte, c'est partir en balade et ce mot n'est pas choisi au hasard. Balade sur les routes, ballade musicale, ce sont les deux thèmes favoris de cet auteur de romans noirs qui, sans en avoir l'air, bâtit au fil des ans une oeuvre qui commence à compter...
Son avant-dernier roman, Garden of Love (Zulma, 2007), était un long poème mêlant passé et présent, raison et folie, une histoire de désespérance et d'amour...
Quatre ans plus tard, Marcus Malte publie les Harmoniques, et l'envoûtement est toujours là, plus fort encore. Grâce à Mister. Mister, c'est un grand Noir aux mains comme des battoirs qui se transforment en elfes sur les touches blanches et noires de son piano, le soir, quand il joue au Dauphin vert, le club de jazz où il oublie tout, ou presque...
Et puis, bien sûr, il y a la musique. Pour Malte, c'est plus qu'une passion, c'est un fil rouge puisqu'il dit écrire «à l'oreille». Il lâche trois mots, écoute comment ils sonnent, puis continue sa phrase, son paragraphe, son chapitre. Et, au bout, il y a un roman. Qui happe le lecteur.


  • Les courts extraits de livres : 20/07/2011

- On y est ?
- On y est.
- Où ça ?
- Au juste, j'en sais rien. Quelque part sur la côte. À un bout du monde. On ne peut pas aller plus loin, fils. Ou alors faut mettre les voiles.
- Et elle est où, la flotte ?
- Là, devant.
- Excuse-moi, mais je vois que dalle.
- Normal, il fait nuit.
- Dis plutôt que ton pare-brise est dégueulasse.
- T'as qu'à imaginer. Tout ce noir devant toi, c'est l'océan. Aussi loin que porte ton regard.
- C'était pas la peine de se taper trois cents bornes dans ta poubelle juste pour imaginer.
- J'adore ta façon de dire merci. Qui c'est qui m'a tiré du lit à une heure du matin pour une subite envie d'aller «faire un tour à la mer» ?
- Tu ne dormais pas. C'est toi qui devrais me remercier de t'avoir évité les affres d'une nouvelle nuit d'insomnie.
- Ben, voyons... Tu sais quoi ? Au fond, je devrais te faire payer les courses, comme tout le monde.
- Tout le monde ? C'est qui, tout le monde ? Je ne sais même pas si j'étais né la dernière fois qu'un type a posé ses fesses dans cette épave. Les seuls clients que tu puisses encore espérer, c'est les aveugles ou les tordus. Les fétichistes du siège défoncé. Et encore, même ceux-là, si tu veux qu'ils te paient, t'as intérêt à faire changer ton compteur.
- Quoi, mon compteur ? Il marche très bien, mon compteur.
- Il marche, ouais. C'est juste que le tarif est toujours affiché en francs.
- Tu pinailles, Mister.
- En anciens francs, je précise.
- D'accord. T'as gagné, fils. Je continuerai à te trimbaler à l'oeil. Et maintenant, puisque nous sommes là, laissons couler la grâce.
- Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Ça veut dire : prends. Ouvre-toi. Laisse-toi envahir. Profite de l'instant. Il est pas beau, le tableau ? La nuit, le silence, la nature à l'état brut, et nous, rien que nous, isolés du reste du monde, dressés au sommet de cette falaise telles deux vigies à la proue d'un formidable vaisseau de granit...
- Et qui voient que dalle.
-... avec la ligne de l'horizon pour unique frontière, et le vaste océan déroulant à l'infini son épais tapis de vagues saupoudré d'écume virginale.
- Yeah ! Ce type est un vrai poète : on lui donne trois poils de cul, il en fait une balayette.
- C'est un don, j'y peux rien. Alors ?
- Alors quoi ?
- Qu'est-ce qu'on se met pour l'occasion ?
- Choisis.
- Mmm... Qu'est-ce que tu dirais de Freddie Hubbard ?


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