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_ Le jeu du pendu

Couverture du livre Le jeu du pendu

Auteur : Aline Kiner

Date de saisie : 30/03/2011

Genre : Policiers

Editeur : Liana Levi, Paris, France

Collection : Policier

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 978-2-86746-559-8

GENCOD : 9782867465598

Sorti le : 05/01/2011

En Alsace, une jeune fille est retrouvée assassinée dans une crevasse. Le commandant Dreener, tout juste muté, devra puiser dans l'histoire de la région pour résoudre l'enquête. Une histoire marquée par les dissensions dans les années 40 et par les gisements miniers qui ont épuisé le sol et les âmes humaines.
Sans vouloir copier à tous prix sur les polars américains ou scandinaves, Aline Kiner nous propose un très très bon premier roman.


Polar ténébreux et glaçant. Une jeune fille est retrouvée morte dans une crevasse près d'un bourg de Moselle. Pas de violence apparente, elle a été noyée dans la boue. Autour de son corps une corde est étrangement nouée comme sur le Christ Piteux, Christ ligoté que l'on trouve souvent en Lorraine. Le passé douloureux du village revit soudain : les événements cruels liés à la deuxième guerre mondiale quand la Lorraine était contrainte d'être allemande, la fermeture des mines de fer d'où les "gueules jaunes" ne remontaient pas toujours et le terrible souvenir d'un homme du village pendu par les résistants aux lendemains de la libération. Qui a décidé de remuer les fantômes, la boue, la douleur ? Le SRPJ de Metz enquête. Belle plume et intrigue dense qui tient serré du début à la fin. 1er roman excellent.


Dans le domaine pléthorique du roman policier, le meilleur côtoie souvent le pire et si les titres intéressants demeurent stables, les mauvais - hélas ! - sont en constante augmentation : auteurs flirtant avec le fantastique ou la haute technologie, escalade dans l'horreur masquant une intrigue sommaire ou peu crédible, qualité d'écriture défaillante ne justifiant souvent pas même une présentation en librairie... Alors, je ne vais pas bouder mon plaisir de vous partager une heureuse surprise en la personne d'Aline Kiner, nouvelle venue dans le monde du crime, passionnée d'histoire et d'archéologie - elle a publié avec François Guénet La cathédrale : livre de pierre aux Presses de la Renaissance en 2004 - et rédactrice en chef du mensuel Sciences et Avenir.

Avec Le jeu du pendu, elle signe un des meilleurs titres francophones de ces dernières années ! L'auteur nous embarque en Lorraine où, un certain 24 décembre 1944, le petit village de Varange est le théâtre d'une pendaison au cimetière, celle de Johann Ziegler au vieux chêne du lieu. Un écriteau est posé, visible de tous, au pied de l'arbre. On peut y lire en grandes lettres : La corde pour les collabos... Soixante ans plus tard, une jeune fille, Nathalie, est retrouvée ligotée, avec une corde nouée autour du corps - comme la statue du Dieu piteux au cimetière - et étouffée sauvagement dans la boue d'une ancienne mine de la région.

Solidement documenté - les archives consultées, mais aussi les témoignages des habitants de cette région de la Moselle - Le jeu du pendu nous restitue, à travers des personnages complexes et attachants ces heures douloureuses de l'après-guerre où l'atmosphère était pire que pendant l'Occupation. Les familles qui rentraient d'exil retrouvaient leurs maisons sans dessus dessous, les jardins dévastés, les meubles volés par les voisins. On se traitait de collabos. Tant de haine...

Mais la Lorraine, c'est aussi le souvenir de la fermeture des mines de fer qui réveillent bien des blessures, exposées avec une rare sensibilité : Adolescente, Sarah avait souvent insisté pour que son père l'emmène au fond. Elle voulait voir, disait-elle. Seulement voir, une fois, où il travaillait. Il aurait pu. Certains le faisaient. Mais il n'avait pas voulu. La nuit presque totale, le vacarme des engins, le froid pénétrant, l'humidité. La poussière, ocre, du minerai qui leur collait à la peau et leur valait ce nom de gueules jaunes. Ce n'était pas un monde pour les enfants.L'odeur de la boue... Quand on était imprégné de cette odeur, jamais on ne s'en débarrassait. Elle ressortait, en même temps qu'une trace jaunâtre, sur le col des chemises blanches qu'on portait en été. Fille de mineur, Aline Kiner - originaire de cette région - sait de quoi elle parle et apporte de précieuses explications dans sa postface pour les lecteurs qui ont passé à côté de cette page d'histoire de France.

L'intrigue policière qui repose sur les épaules des deux enquêteurs, Simon Dreemer - muté du service des SRPJ de Metz - et Jeanne Modover - qui renoue avec le pays de son enfance - ne laisse aucun répit et débouche, comme dans tout bon roman policier, sur un dénouement tout à fait inattendu. Un vrai plaisir le lecture où la recherche du meurtrier se mêle à une peinture sociale de la Lorraine, particulièrement convaincante.


  • Les présentations des éditeurs : 18/01/2011

Un paysage tranquille de Lorraine, à l'abri du ciel et du vent. Mais l'impression est trompeuse. Les blessures de la guerre, les vieilles haines et la mine y ont creusé bien des failles. C'est dans l'une d'elles qu'un matin d'hiver, le cadavre d'une jeune fille est retrouvé, une corde savamment nouée autour du corps. Le lendemain, on découvre un curieux assemblage de brindilles dans le cimetière du village, à l'endroit même où, en 1944, au lendemain de la Libération, un homme a été pendu. Simon Dreemer, tout juste muté au SRPJ de Metz, et le lieutenant Jeanne Modover, une enfant du pays, devront sonder les âmes et les souvenirs des " gueules jaunes ", ces anciens des mines de fer malmenés par l'Histoire. Lesquels des fantômes de la guerre ou de la mine sont revenus pour sacrifier des adolescentes ?

Aline Kiner, rédactrice en chef des hors-série du magazine Sciences et Avenir, vit actuellement à Paris. Fille de mineur, elle a grandi en Moselle, dans un village semblable à celui de Varange, le bourg fictif où se déroule son premier roman policier.


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