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Auteur : Jonathan Coe
Traducteur : Josée Kamoun
Date de saisie : 21/03/2011
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Gallimard, Paris, France
Collection : Du monde entier
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 978-2-07-012974-4
GENCOD : 9782070129744
Sorti le : 20/01/2011
Le précédent roman de Jonathan Coe "La Pluie avant qu'elle ne tombe" était une sorte de parenthèse dans son oeuvre, un roman plus axé sur les sentiments, sorte de magnifique mélo, assez dur mais tellement poignant. Ici nous retrouvons un Coe un peu plus joueur, sur un ton légèrement badin. Mr Sim est un looser fini, un perdant magistral, un homme qui n'a aucune chance : sa femme le quitte simplement lassée, il déprime. Son chef lui impose de prendre une décision à la fin de son arrêt maladie pour savoir s'il souhaite reprendre son poste ou non, son père est partie à l'autre bout du monde et sa mère est morte depuis longtemps. Voici le portrait d'un homme seul. Rien de bien joyeux au départ. Mais avant de le quitter sa femme lui avait réservé un billet d'avion pour aller voir son père en Australie afin, peut-être, de renouer des liens. Ce billet d'avion va déclencher une série de décisions qui vont changer la vie de Mr Sim : rencontre avec de parfaits inconnus qui vont lui apport er bien plus qu'il ne le pense, voyage dans le passé de son père aussi et donc de sa propre histoire, enfin voyage au bout de soi, aussi bien celui effectué en Australie que celui qu'il entreprendra à travers l'Angleterre, embauché momentanément comme représentant pour une société de brosses à dents, tombant amoureux de la voix d'Emma, nom qu'il a donné à son GPS. Les situations sont franchement drôles, à la limite du rocambolesque. On ne sait pas où Jonathan Coe veut emmener son personnage, et nous par la même occasion, mais on se laisse porter par la sympathie de ce Mr Sim franchement attachant. Tout cela sur fond de satire sociale. Un exemple simplement : Sim possède comme beaucoup de monde aujourd'hui un compte facebook et des "amis". Seulement en rentrant de ses trois semaines en Australie, aucun ne s'est rendu compte de son absence... il y a de quoi réfléchir sur la vraie valeur des rapports humains, non ? Et c'est là le génie de Jonathan Coe. A travers les tribulations d'un simple personnage, sorte d'anti-héros peu brillant, on a une satire vraiment originale et intelligente. Malgré tout ne vous trompez pas ce roman reste avant tout un très bon divertissement !
Mr Sim est un homme désespérément seul, sa femme l'a quitté et est partie à l'autre bout de l'Angleterre avec sa fille avec qui il n'a plus vraiment de lien.
Coe nous présente un récit de vie anachronique dans lequel il évoque entre autre la solitude et les relations filiales difficiles.
Une fois encore on retrouve l'humour «so british» et l'ironie de l'auteur.
Amateur de J. Coe vous ne serez pas déçu et si vous ne le connaissez pas, venez découvrir cet incontournable qui vous fera sourire et grincer des dents par son humour noir, son cynisme et sa vision cinglante du monde qui nous entoure.
Mr Sim est un homme assez ordinaire somme toute, dont la vie n'est pas vraiment facile. Sa femme est récemment partie, emmenant sa fille avec elle : il a logiquement sombré dans la dépression. Au fil du livre, amusés, nous découvrons que la vie de cet homme était déjà compliquée bien avant cette séparation et qu'elle n'est vraiment pas plus simple depuis.
Une somme de rencontres et d'aventures rocambolesques, de situations drôles et pénibles pour notre anti-héros. C'est très anglais, très "stiff upper lip" comme on l'apprenait à l'école, mais bien décalé par moment bien sûr. Un bon moment en perspective !
Maxwell Sim est un loser de quarante-huit ans.
Voué à l'échec dès sa naissance (qui ne fut pas désirée), poursuivi par l'échec à l'âge adulte (sa femme le quitte, sa fille rit doucement de lui), il s'accepte tel qu'il est et trouve même certaine satisfaction à son état. Mais voilà qu'une proposition inattendue lui fait traverser l'Angleterre au volant d'une Toyota hybride, nantie d'un GPS à la voix bouleversante dont, à force de solitude, il va tomber amoureux.
Son équipée de commis-voyageur, représentant en brosses à dents dernier cri, le ramène parmi les paysages et les visages de son enfance, notamment auprès de son père sur lequel il fait d'étranges découvertes : le roman est aussi un jeu de piste relancé par la réapparition de lettres, journaux, manuscrits qui introduisent autant d'éléments nouveaux à verser au dossier du passé. Et toujours Max pense à la femme chinoise et à sa fille, aperçues dans un restaurant en Australie, dont l'entente et le bonheur d'être ensemble l'ont tant fasciné.
Va-t-il les retrouver ? Et pour quelle nouvelle aventure ? Brouillant joyeusement les cartes de la vérité et de l'imposture, Coe l'illusionniste se réserve le dernier mot de l'histoire, qui ne manquera pas de nous surprendre. Plus d'une génération va se reconnaître dans ce roman qui nous enchante avec un humour tout britannique, bien préférable au désespoir.
Né en 1961, à Birmingham, en Angleterre, Jonathan Coe a fait ses études à Trinity Collège à Cambridge. Il a écrit des articles pour le Guardian, la London Review of Books, le Times Literary Supplement... Il a reçu 1e prix Femina Étranger en 1995 pour son quatrième roman, Testament à l'anglaise (Folio n° 2992) et le prix Médicis Étranger en 1998 pour La Maison du sommeil (Folio n° 3389). La femme de hasard est son premier roman.
Jonathan Coe est le plus fin observateur de la société britannique. Cette fois, il montre les dents face aux nouvelles technologies...
On s'amuse énormément en suivant les tribulations de ce VRP de l'ère cybernétique. Mais Coe y ajoute le regard - amer - du sociologue lorsqu'il dépeint une Angleterre terrassée par la crise boursière et anesthésiée par un consumérisme béat dont les brosses à dents de Mr Sim sont le symbole dérisoire...
D'une scène à l'autre, l'auteur de Bienvenue au club passe de la comédie légère à la tragédie, du vaudeville picaresque à la démystification féroce d'un monde que des technologies machiavéliques transforment en un gigantesque miroir aux alouettes. Mr Sim y perdra tous ses repères, GPS ou pas. Comme ce navigateur
Avec La Vie très privée de Mr Sim, Jonathan Coe décrit la passionnante intimité d'un représentant en brosses à dents...
La satire n'est pas cruelle. On savoure son grand art de la digression, sa nature portée à l' understatement, son humour tendant vers l'absurde et l'architecture fignolée de la composition. Tout pour nous faire saisir la complexité des choses simples, et l'étrangeté au coeur de l'ordinaire. Elles sont à l'image de la personnalité de Mr Sim, plus riche qu'il n'y paraît, mais de plus en plus dense au fur et à mesure de notre voyage en compagnie de cet homme ordinaire exerçant un métier ordinaire dans une ville ordinaire. Surprenant, comme l'est le dernier chapitre de ce roman, dont nous ne dirons rien.
La satire n'est pas cruelle. On savoure son grand art de la digression, sa nature portée à l'understatement, son humour tendant vers l'absurde et l'architecture fignolée de la composition. Tout pour nous faire saisir la complexité des choses simples, et l'étrangeté au coeur de l'ordinaire. Elles sont à l'image de la personnalité de M. Sim, plus riche qu'elle n'y paraît de prime abord, mais de plus en dense au fur et à mesure de notre voyage en compagnie de cet homme ordinaire exerçant un métier ordinaire dans une ville ordinaire. Surprenant, comme l'est le dernier chapitre de ce roman, dont nous ne vous dirons rien. Jonathan Coe est du genre à payer ses dettes. Il n'a eu de cesse de rendre hommage à Samuel Beckett, Robert Wyatt, BS Johnson, Rosamund Lehmann, et cette fois, mais de manière subliminale à travers la composition même de son texte, à T.S. Eliot.
En mêlant à sa causticité légendaire tous les ingrédients de la comédie, le merveilleux satiriste, moraliste et humoriste qu'est Jonathan Coe fait de ces tribulations un pétillant délice. Une odyssée de bric et de broc, burlesque et mélancolique. Comme la vie.
La sortie d'un nouveau texte signé Jonathan Coe est toujours attendue avec impatience. Renouant avec une veine ironique, le romancier anglais nous délecte des aventures d'un antihéros en perdition...
Jusqu'à la fin de son histoire, qui boucle la boucle, Jonathan Coe manipule sa créature de papier comme son lecteur. Le voyage - que l'on aille au bout du monde, au bout de son pays ou au bout de soi-même - sert de leitmotiv à ce roman intelligent, déconcertant, souvent drôle, parfois poignant. Jusqu'à la pirouette finale, il ne cesse de jouer du vrai et du faux. Et bien malin celui qui peut distinguer l'un de l'autre.
Tout un homme, fait de tous les hommes, et qui les vaut tous et que vaut n'importe qui : c'est l'art du roman et c'est Maxwell Sim, 48 ans, ancien VRP dépressif et homme abandonné qui n'a jamais lu Sartre même s'il a une sorte de nausée, mais à l'anglaise, en comique déballonné. Autour de lui, tout est sépia, précis et daté (sixties, seventies, eighties) : un roman de Jonathan Coe ressemble à une boutique d'objets manufacturés de seconde main, tout est vintage et plein de fantaisie. Le destin populaire des choses, en survivant aux hommes, révèle l'écrin dans lequel vivent les suivants...
Son père est le fantôme central du livre. Certains lecteurs entendront chez ce poète cassé quelques échos du romancier B.S. Johnson, à qui Coe a consacré une longue biographie. L'amour de ce père était un homme fou de musique, un esthète parti en Asie.
L'entreprise de Jonathan Coe est plus qu'habile, qui voit s'approfondir de page en page le portrait de Max, et s'affirmer cette ultramoderne solitude dans laquelle il est enfermé. On se sait trop ce qu'il convient d'admirer le plus ici : la pénétration psychologique dont Coe fait preuve, l'acuité du regard qu'il porte sur notre époque et ses faux-semblants, l'intelligence et la dextérité avec laquelle il agence les scènes et séquences en une narration fluide, drôle, captivante - dont on ne mesure la dimension hautement ironique qu'à la lecture de l'ultime page du roman. Au terme de quoi, il ne fait aucun doute que Jonathan Coe est un maître - rien de moins.
Avec La vie très privée de Mr Sim, Jonathan Coe retrace l'odyssée d'un quadragénaire dépressif, devenu VRP pour une marque de brosse à dents. Un petit chef-d'oeuvre d'intelligence et de malice sur la solitude, la création littéraire, les ratages de la vie et l'Angleterre régie par la finance...
S'il décrit non sans férocité un Royaume-Uni en plein déclin gangrené par la finance, Jonathan Coe n'a pas son pareil pour croquer des personnages complexes, et les rendre terriblement attachants. A travers Maxwell et ses proches, l'écrivain, au sommet de sa virtuosité, décrit un monde où les individus luttent tant bien que mal contre la solitude et où les multiples formes de communication ne sont que des pis-aller. Aussi, avec une grande acuité psychologique et une sidérante maestria narrative (notamment dans l'intégration d'une lettre ou d'une nouvelle au coeur du récit - ou le dialogue surréaliste avec le GPS !), La vie très privée de Mr Sim se révèle une méditation ludique sur les méandres de la création littéraire. Et, donc, du mensonge, des illusions perdues et de l'espoir retrouvé...
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