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Auteur : Dominique Labarrière
Date de saisie : 19/01/2011
Genre : Histoire
Editeur : Alphée-Jean-Paul Bertrand, Monaco, France
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 9782753806566
GENCOD : 9782753806566
Sorti le : 16/01/2011
L'auteur met tout son art dans cette enquête haletante, rassemblant et mettant à jour tous les ténébreux méandres de cette affaire qui hante encore les mémoires et qui est l'un des plus grands procès politiques de l'histoire.
Qui étaient donc réellement ces Templiers accusés de tous les maux ? Quel rôle a joué la torture dans leurs aveux ? Quels enjeux politiques et religieux ont motivé la destruction de l'Ordre ?
Dominique Labarrière est auteur de romans et de documents portant sur de grandes affaires judiciaires. Il a récemment publié aux éditions Alphée : L'affaire Jacques Viguier- l'engrenage infernal
LA RAISON D'ÉTAT, DÉJÀ...
Ce 12 octobre 1307, Jacques de Molay, grand maître de l'Ordre du Temple, est à cent lieues de soupçonner combien, pour lui-même et ses disciples, la roche Tarpéienne est proche du Capitule. Rien en effet ne saurait lui laisser supposer qu'il puisse alors se trouver personnellement, si peu que ce soit, en voie de disgrâce aux yeux du roi. Tout au contraire, ce dernier ne lui a-t-il prodigué, ces temps derniers encore, de singulières marques d'attention ? Naguère, ne fit-il pas du grand maître le parrain d'un de ses enfants ? Tout récemment, n'a-t-il pas réclamé sa présence près de lui, à Paris, où il est donc venu ? Il y séjourne parmi les quelque cent quarante chevaliers, hôtes de l'imposante forteresse que possède l'Ordre, au nord-est du Paris d'alors, bien plus vaste et beaucoup plus imposante que le palais du roi. Le bon peuple imagine ses tours et ses caves regorgeant de trésors plus faramineux sans doute qu'ils ne sont en réalité et hantées de mystères insondables.
Faveur suprême, ce 12 octobre le grand maître est un des personnages de haut rang désignés par le roi pour tenir les cordons du poêle lors des funérailles de Catherine de Courtenay, deuxième épouse du frère du monarque, Charles de Valois. Insigne honneur qui n'est pourtant qu'un faux-semblant destiné peut-être à entretenir le maître du Temple dans son aveuglement et ses illusions.
Car depuis un mois, depuis précisément le 14 septembre, son sort, ainsi que celui de ses frères, est scellé. En une sorte de symbole hautement cynique, le cercueil qu'il escorte au tombeau ce jour de l'automne 1307 préfigure le destin réservé à lui-même et à son Ordre, et le cordon du poêle qu'il tient là semble présager leurs funérailles à venir.
Toutefois, l'agonie sera longue, puisqu'elle durera quelque sept années.
Ce n'est pas davantage dans l'attitude du monarque ce jour-là que Jacques de Molay peut décrypter une quelconque menace de disgrâce. Comme à son habitude, celui que ses contemporains appellent Le Beau Roi (ce qui dans le langage du temps devait se prononcer le biau roué) ne laisse rien transparaître sur ses traits ou dans son comportement. C'est là sa marque. Ce roi, d'une beauté marmoréenne, parle peu, manifeste moins encore ses émotions et ne laisse rien transparaître de ses pensées. L'un de ses ennemis jurés, Bernard Saisset, évêque de Pamiers, activiste sécessionniste du Languedoc, dit de lui : «Ce n'est ni un homme ni une bête. C'est une statue.»
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