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.. Terrienne

Couverture du livre Terrienne

Auteur : Jean-Claude Mourlevat

Date de saisie : 23/03/2011

Genre : Jeunesse à partir de 13 ans

Editeur : Gallimard-Jeunesse, Paris, France

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 978-2-07-063723-2

GENCOD : 9782070637232

Sorti le : 20/01/2011

Le lendemain de son mariage, Gabrielle, son mari et ceux qui l'accompagnent disparaissent sans explication et les recherches n'aboutissent pas. Sa soeur Anne est désespérée et attend un signe d'elle. Un appel au secours relance ses recherches lors desquelles elle rencontre un vieil écrivain, Etienne Virgil, en mal d'inspiration, qui l'aidera sans hésitation et sans retenue. Anne se sent proche de ce vieil homme et voit en lui un représentant de «ceux pour qui le monde n'est pas assez». Il sera présent quand il leur faudra partir à la recherche de Gabrielle dans un monde parallèle où les gens sont étranges. Un monde aseptisé, figé, sans sentiments ni plaisirs, sans rires ou larmes ni même respiration. La peur règne, surveillance de tous les instants, crainte de l'autre, de l'inattendu, un monde froid, et administré qui pourtant enlève les plus belles terriennes pour enfanter des hybrides. Anne et Etienne passent d'un monde à l'autre afin de mener leur enquête en espérant ramener Gabrielle sur Terre. Par le contraste entre ces deux mondes, l'un parfait et lisse face à l'autre si imparfait et inattendu, J.-C. Mourlevat ravive imperceptiblement notre amour pour la Terre. Il nous offre en outre des portraits aboutis de personnages particulièrement attachants notamment Etienne l'écrivain confiant qui découvre pour son plus grand malheur que parfois fiction et réalité se rejoignent et Anne la soeur aimante prête à tout pour retrouver sa soeur.


C'est un très bon roman qui nous laisse apprécier la chance d'être sur notre planète, avec ses qualités et ses défauts, mais tellement vivable ! ! ! A la limite de la science-fiction, (mais il ne faudrait pas cataloguer ce livre trop vite dans ce seul genre), on entre dans un autre univers avec l'héroïne et on survit avec elle. Un arrière goût de déjà vu dans l'horreur bien terrienne hélas s'immisce en nous avec les trains qui mènent à la mort, mais c'est un roman d'amour avant tout, d'amour terrien !


Après le "Combat d'hiver" et "Le chagrin du roi mort", Jean-Claude Mourlevat nous offre cette fois un roman plus ancre dans la réalité que les précédents. Anne l'héroïne est capable de passer dans un monde parallèle, totalement vide de plaisir, de relations humaines, de sentiments, d'odeurs..., refugie dans la terreur absolue d'une menace venant de l'extérieur, "la terre". "Terrienne" est un roman inoubliable, bouleversant, nous rappelant que "notre monde" à nous avec toutes ses imperfections et ses failles peut être agréable avec ses saveurs, sa beauté... Bouleversant ! ! !


  • Le courrier des auteurs : 18/02/2011

1) Qui êtes-vous ? !
Je suis un écrivain qui a vendu à ce jour environ plus d'un million d'exemplaires de ses romans, qui a obtenu près d'une centaine de prix littéraires, qui est traduit en dix-sept langues mais qui figure tout juste sur la liste des auteurs invités de la Fête du Livre de Saint-Etienne, sa propre ville, parce qu'il est un auteur... attention roulement de tambour... JEUNESSE ! Et donc, ça compte pas...

2) Quel est le thème central de ce livre ?
J'hésite entre : la résistance du boudin aux pommes à la téléportation et un hymne à notre bonne vieille Terre.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Ce serait une question que la jeune héroïne pose à un vieil écrivain, et sa réponse :
- Est-ce que dans vos romans il vous arrive de parler du secret des gens ?
- Oui, oui, balbutia-t-il, bien sûr... C'est exactement ça. En fait, je ne parle que de ça, du secret des gens. C'est mon unique sujet.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
La musique du film Hours composé par Philip Glas

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Un bout de chemin littéraire, en bonne compagnie, l'espace de quelques heures.


  • Les présentations des éditeurs : 17/02/2011

Tout commence sur une route de campagne... Après avoir reçu un message de sa soeur, disparue depuis un an, Anne se lance à sa recherche et... passe de «l'autre côté». Elle se retrouve dans un monde parallèle, un ailleurs dépourvu d'humanité, mais où elle rencontrera cependant des alliés inoubliables. Pour arracher sa soeur à ce monde terrifiant, Anne ira jusqu'au bout, au péril de sa vie. Et se découvrira elle-même : Terrienne.

Vous ne respirerez plus jamais de la même manière.

«On entre dans un roman de Jean-Claude Mourlevat comme dans un rêve.» LIRE

«Jean-Claude Mourlevat, cet immense auteur, cet enchanteur.» ANNA GAVALDA, ELLE



  • La revue de presse Michel Abescat - Télérama du 23 mars 2011

L'aventure est belle, terrifiante aussi, passionnante jusqu'à la dernière page, fortement racontée par Jean-Claude Mourlevat, que l'on suit, fasciné, au bout de ce monde qu'il imagine et qui nous interroge. Rêve ou cauchemar que cette posthumanité que certains aujourd'hui appellent de leurs voeux, peuplée d'êtres parfaits, dotés d'un corps revu et corrigé par la science ?...
Un hymne au vent, à la pluie, à l'odeur des lilas et du pain croustillant. Au bonheur tout simple de respirer, de faire entrer le monde en nous pour en goûter la saveur. Terriens, et si heureux de l'être.


  • La revue de presse Nathalie Riché - L'Express, mars 2011

Car il s'agit bien d'une plongée en enfer à laquelle le lecteur est convié. Un voyage qui le tient de bout en bout. Au-delà de l'aventure palpitante, le livre de Mourlevat est un hymne à notre bonne vieille Terre désordonnée, sale, imparfaite... comme on l'aime.


  • Les courts extraits de livres : 17/02/2011

La fille au scarabée

Etienne Virgil n'allait pas bien quand il fit la rencontre, au début de l'automne, de cette jeune fille qui s'appelait Anne Collodi.
Elle tendait le pouce sur la route départementale 8 entre Saint-Étienne et Montbrison, dans ce secteur qu'on nomme ici la Plaine. Plus loin, vers l'ouest, il y a les monts du Forez. S'il fait beau, on les voit devant soi, à l'horizon, vert sombre et bleutés, et on se dit forcément qu'on devrait y aller, que ça a l'air très beau. Mais ce matin-là, on ne les voyait pas, le ciel était gris et bas. Il bruinait.
Elle se tenait sur le bas-côté de la route, à la sortie de Sury-le-Comtal, bien campée sur ses jambes et faisant face au trafic. Il n'avait pas l'habitude de prendre des autostoppeuses et, s'il le fit ce jour-là, ce fut parce que celle-ci avait apparemment le même âge que sa petite-fille Loïse. Il n'aurait pas aimé du tout voir l'aînée de ses petits-enfants faire de l'auto-stop toute seule sur cette route, ni sur aucune autre route d'ailleurs, et il n'eut aucune hésitation en arrêtant sa vieille Peugeot sur le bas-côté.
Elle trottina jusqu'à la voiture, se pencha à la vitre qu'il avait baissée et demanda :
- Vous allez sur Montbrison ?
Elle était de taille moyenne, elle avait une silhouette juvénile, un joli visage et des cheveux châtain foncé, mi-courts. Elle ne portait que du noir : jean, pull, veste, chaussures, écharpe.
- J'y vais. Montez.
- Merci, monsieur.
Il arrêta la radio pendant qu'elle prenait place.
- Vous pouvez laisser la radio, dit-elle.
- Je n'écoutais pas, répondit-il. Vous attendiez depuis longtemps sous cette pluie ?
- Non, deux minutes à peine, et il ne pleut pas très fort. Et puis j'ai l'habitude.
Elle boucla sa ceinture. Il jeta un coup d'oeil dans le rétroviseur et démarra.
- Regardez ! Il est beau non ?
Elle ouvrit la main droite et lui montra un scarabée vert bronze dont le vernis étincelait, comme si on venait tout juste de l'appliquer au pinceau.
- Je l'ai trouvé là, dans le gravier. On dirait un bijou, non ? Une broche...
Elle était calme, sans aucune méfiance. Elle avait déposé son sac de voyage à ses pieds et regardait le gros insecte qui bougeait au ralenti dans sa main.


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