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_ L'apocalypse de la modernité : la Grande Guerre et l'homme nouveau

Couverture du livre L'apocalypse de la modernité : la Grande Guerre et l'homme nouveau

Auteur : Emilio Gentile

Traducteur : Stéphanie Lanfranchi

Date de saisie : 18/02/2011

Genre : Histoire

Editeur : Aubier, Paris, France

Collection : Collection historique

Prix : 26.00 € / 170.55 F

ISBN : 9782700704013

GENCOD : 9782700704013

Sorti le : 02/01/2011

  • Les présentations des éditeurs : 19/02/2011

Le 11 novembre, lorsque prennent fin les quatre années de combats, de sacrifices et de massacres qui ont bouleversé l'Europe, les hommes, hébétés, contemplent les ruines. Ces ruines, ce sont celles d'une époque : celle de la modernité triomphante, où les maîtres mots étaient progrès, science, culture, et où l'on avait foi en l'avenir de l'humanité. Beaucoup, alors, diagnostiquent le déclin de la civilisation européenne, et s'interrogent avec angoisse sur la destinée de l'homme moderne.
Ces réflexions, révèle Emilio Gentile, étaient cependant loin d'être nouvelles : elles étaient en germe, déjà, dans les années précédant la Grande Guerre. L'Europe de la «Belle Époque», que l'on se représente resplendissante, sûre d'elle, conquérante, était minée par des courants sombres : isolées d'abord, puis de plus en plus nombreuses, des voix s'étaient fait entendre, qui prophétisaient la fin de la civilisation et appelaient à la régénération de l'homme par la guerre. En nous invitant à les écouter, l'historien italien dévoile pour la première fois une Belle Époque traversée de cauchemars, rongée par l'angoisse, et entraînée malgré elle dans la spirale apocalyptique de l'autodestruction.

Emilio Gentile est professeur d'histoire contemporaine à l'université de Rome. Il est notamment l'auteur de Qu'est-ce que le fascisme ? (Gallimard. 2004).



  • La revue de presse Dominique Kalifa - Libération du 17 février 2011

«Le XXe siècle verra selon toute probabilité la fin des guerres»,écrit en 1900 le célèbre patron de presse américain William Hearst. On pouvait difficilement se tromper davantage. Mais la phrase exprime assez bien cet intense sentiment de modernité triomphante qui caractérise l'entrée dans le nouveau siècle...
Les premiers chapitres du livre reviennent sur cette exaltation optimiste de la modernité dont l'entrée dans le XXe siècle et l'exposition universelle de 1900 constituent les symboles. Beaucoup ont alors la certitude de vivre un âge d'or, celui de la paix, de la science, du progrès, de la sécurité, que la suprématie occidentale semble garantir à jamais. Mais Gentile préfère donner la parole aux voix divergentes. Moins d'ailleurs celles des Cassandre de profession ou des penseurs antimodernes (on y entend peu les traditionalistes ou les anarchistes par exemple) que celles qui, de l'intérieur même de la modernité, en perçoivent les tensions ou les apories...
Emilio Gentile signe avec ce livre une synthèse dense et érudite, qui donne à lire des extraits originaux et souvent très significatifs. Mais c'est finalement moins la thèse qui importe (on pourrait, à partir d'autres exemples, insister à l'inverse sur une Belle Epoque sereine et pacifiste) que l'idée, juste et importante, qu'il n'y eut jamais de modernité radieuse, insouciante ou aveugle.


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