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Les coups de cœur de Jean-Pierre Ohl de la librairie GEORGES à TALENCE, France


  • Le choix des libraires : Imposture. Volume 1 (1 choix) - Benjamin Markovits - Bourgois, Paris, France - 27/01/2009

Le jeune John Polidori accompagne Lord Byron sur le Continent au titre de médecin personnel. De retour à Londres, il a la surprise de voir son conte fantastique, Le vampire, publié anonymement, et aussitôt attribué à Byron. Quand une jeune admiratrice le confond avec le poète, il s'enfonce, au lieu de la détromper, dans un inextricable imbroglio...

De ce roman complexe à l'écriture flamboyante, on retiendra tout d'abord l'atmosphère subtilement évoquée d'une Europe à la fois meurtrie et renaissante, qui se relève à peine de la boucherie napoléonienne pour embrasser le grand rêve romantique. Symbole de cette génération enfiévrée, Polidori se perd dans son admiration pour Byron - lequel des deux est-il le «vrai» vampire ? - comme se dilue, finalement, la notion de paternité littéraire. Marionnette d'une passion, figurant d'une époque troublée, il échoue à devenir, comme disait Dickens «le héros de sa propre vie». Mais au-delà de ce naufrage individuel se pose - et magnifiquement ! - la question de l'imposture suprême : la littérature.


  • Le choix des libraires : Juste pour le plaisir (2 choix) - Mercedès Deambrosis - Buchet Chastel, Paris, France - 27/01/2009

Paris, 1942 : le policier Lambert est confronté à une série de meurtres odieux et inexplicables. Parallèlement, il prête la main bien malgré lui à un crime encore plus abominable : la rafle du Vel'd'Hiv et la spoliation des biens juifs. Un demi-siècle plus tard, torturé par ce double traumatisme, il repart aux trousses de l'insaisissable Zacharie, personnage protéiforme dont l'inépuisable barbarie semble immortelle...

Mercedes Deambrosis est l'un de ces rares écrivains qui savent conjuguer l'intime avec l'universel, la petite histoire avec la Grande. Déjà, dans son recueil La promenade des délices, elle avait su rendre l'ambiguïté et la cruauté d'une époque terrible - la guerre civile espagnole - à travers une mosaïque de personnages qui jamais, bourreaux ou victimes, ne cessent d'être profondément authentiques. Avec Juste pour le plaisir, elle franchit un nouveau cap, car cette fois c'est un roman qu'elle nous livre : une oeuvre d'une grande ambition, à la structure vertigineuse mais pleinement maîtrisée, où s'emboîtent, tels deux monstres gigognes, la barbarie «privé» d'un individu et le crime d'état perpétré contre les juifs. Laquelle est à l'origine de l'autre ? Le nazisme n'est-il que l'addition de barbaries individuelles qu'une idéologie retorse désinhibe, le «perfectionnement» du mal à l'échelle d'un empire ? Ou bien secrète-t-elle ce mal ? C'est à cette question, entre autres, que Lambert, magnifique personnage tourmenté par la culpabilité et le devoir de mémoire, tente de répondre : sa longue traque d'un «monstre si humain» n'est pas sans rappeler par moments celle du capitaine Langlois dans Un roi sans divertissement. Éblouissant thriller métaphysique, Juste pour le plaisir ne fournit aucune réponse définitive aux vastes interrogations qu'il soulève - ce n'est pas la fonction d'un roman - mais il aide à concevoir ce que certains philosophes ont nommé «l'impensable» : il touche du doigt cette fragile barrière qui sépare l'humain de la barbarie.


  • Le choix des libraires : La reine des lectrices (2 choix) - Alan Bennett - Denoël, Paris, France - 22/01/2009

La reine d'Angleterre n'a pas le temps de lire : elle se consacre entièrement à ses devoirs de souveraine - Mais un jour, lancé à la poursuite de ses chiens, elle pénètre par hasard dans un bibliobus garé près de Buckingham Palace et emprunte un livre par politesse - C'est le début d'une grande passion.
Ce petit conte philosophique et drolatique retourne les valeurs comme un gant. Et si la lecture, ce délassement réservé aux oisifs et aux esprits futiles, était la seule activité vraiment sérieuse ? Le lecteur voit grandir avec délectation l'enthousiasme de son illustre consoeur pour Ivy Compton-Burnett, Jane Austen et Henry James. Peu à peu, Elizabeth se désintéresse des discours de circonstance et des inaugurations de chrysanthèmes, son morne quotidien : elle tente en vain de «brancher» le président français sur l'oeuvre de Jean Genet, et elle trouve soudain bien terre-à-terre son Premier Ministre, qui n'a visiblement pas lu Philip Larkin. Cette addiction la mènera jusqu'à la pirouette suprême : imitant son prédécesseur Edouard VIII, elle renoncera au trône par amour... des livres !
La reine des lectrices est un malicieux hommage à ces drôles de petits parallélépipèdes couverts de signes cabalistiques, à ces objets parfaitement inutiles aux yeux d'un conseiller politique, sans lesquels la vie ressemblerait à un interminable bal de pompiers...
Au fait ? est-ce qu'il y a un bibliobus dans la cour de l'Élysée ?


Voilà ce qu'on peut lire à la page 40 de L'autofictif :
«Le prochain qui prétend que mes livres sont des exercices de style, je jure que je lui montre sur-le-champ quel raffiné barbare je suis spontanément.» Tenons-nous-le pour dit ! Et cependant... comment parler de Chevillard sans parler de style ?
Le bougre en a à revendre, et s'il est un livre qui satisfait aux exigences de Gustave Flaubert : «un livre qui tient debout...», etc... c'est bien celui-ci. Au départ, un blog au cahier des charges plus téméraire qu'il n'y paraît : trois «pensées» par jour (beaucoup d'écrivains n'atteindraient même pas la deuxième semaine...) À l'arrivée, ce livre hilarant, sardonique, sarcastique, drolatique, recueil de fables animalières (l'oeuvre de Chevillard est une vraie ménagerie !), de calembours métaphysiques («Rien de tel qu'une bonne lime à ongle pour arrondir ses fins de moi»), de blagues astronomiques («La terre est givrée comme une orange»), d'aphorismes marxistes (tendance Groucho, bien sûr : «Bah ! l'humanité me dégoûte, surtout les misanthropes»). Bref, le genre de livres que l'on croit pouvoir picorer négligemment, entre deux lectures «sérieuses», et que l'on se prend à lire d'un bout à l'autre, une main sur le crayon, une autre sur la poitrine pour comprimer un gloussement devenu chronique. De drôles de personnages s'invitent à cette fête du langage : une certaine joggeuse au caleçon court, le «gros célibataire» et ces haïkus pathétiques, la propre fille de l'auteur qui, à peine venue au monde, devient le motif d'un tendre délire - et jusqu'à ce pauvre Alexandre Jardin, rejoignant Désiré Nisard au panthéon des détestations chevillardiennes !
Gageons que la bibliothèque de cet énergumène est bien fournie. Qu'on y trouve en bonne place Lichtenberg, Lautréamont, Jarry, Péret, Bierce, Rigaud, Jules Renard - peut-être aussi Woody Allen, Pierre Dac et Pierre Desproges. Certains adages particulièrement tordus nous rappellent ceux du pataphysicien bordelais Michel Ohl. Mais son livre est pourtant inimitable. La preuve : il a fallu attendre 2008 et cet Autofictif délectable pour s'apercevoir enfin que voyage était l'anagramme de goyave !


  • Le choix des libraires : La forêt de cristal (1 choix) - James Graham Ballard - Denoël, Paris, France - 19/11/2008

Il y a des livres que l'on a peur de relire. Leur souvenir est si éblouissant que l'on redoute de le ternir. Mais parfois il faut savoir sauter le pas : se lancer dans cette singulière aventure de la redécouverte, au risque de bouleverser quelque peu notre panthéon personnel. Le hasard a voulu que, dans la même semaine, deux de ces livres soient réédités...
Bonne nouvelle ! Ni l'un ni l'autre n'ont pris une seule ride !

La forêt de cristal, de J. G. Ballard, Denoël, collection Lunes d'encre (nouvelle et remarquable traduction de Michel Pagel).

Directeur d'une léproserie, le docteur Sanders se rend à Mont-Royal, un endroit perdu du Cameroun au bord du fleuve Matarre, pour retrouver deux de ses anciens collaborateurs. Mais le périmètre est sécurisé par l'armée : la forêt équatoriale connaît là-bas une bien étrange métamorphose...
La forêt de cristal est le premier chef-d'oeuvre du grand écrivain anglais J. G. Ballard. Clôturant le «cycle des catastrophes» après Le vent de nulle part, Sécheresse et Le monde englouti (voir notre site), il est aussi le dernier roman de science-fiction «classique» de Ballard - quoique le mot «classique», pour qualifier cette oeuvre singulière qui doit plus aux surréalistes qu'à Van Vogt et à Asimov, ne soit pas des plus heureux - La beauté de ce livre est avant tout visuelle et fantasmatique. Les descriptions de la forêt cristallisée évoquent les tableaux de Miró ou de Dali ; enchâssés dans leur gaine de cristal, les plantes, les animaux - et bientôt les êtres humains - deviennent des créatures fabuleuses, à la fois monstrueuses et fascinantes. Le cristal qui gangrène peu à peu la forêt, à l'image d'une lèpre métaphysique, n'est pas synonyme de destruction : il matérialise au contraire un rêve d'immortalité, où la contemplation de la nature, rehaussée par une sorte d'art cosmique, mettrait fin à la dictature du temps. Un à un, les personnages tourmentés et hallucinés de Ballard succombent à cette vénéneuse splendeur. La forêt de cristal est bien un joyau dont le scintillement n'est pas prêt de s'éteindre...


  • Le choix des libraires : L'oeil du purgatoire (2 choix) - Jacques Spitz - Arbre vengeur, Talence, France - 19/11/2008

Il y a des livres que l'on a peur de relire. Leur souvenir est si éblouissant que l'on redoute de le ternir. Mais parfois il faut savoir sauter le pas : se lancer dans cette singulière aventure de la redécouverte, au risque de bouleverser quelque peu notre panthéon personnel. Le hasard a voulu que, dans la même semaine, deux de ces livres soient réédités.
Bonne nouvelle ! Ni l'un ni l'autre n'ont pris une seule ride !

L'oeil du purgatoire, de Jacques Spitz, L'Arbre vengeur.
Le peintre Poldonski n'a plus goût à rien. La compagnie de ses semblables l'écoeure ; son génie est incompris, son art impuissant à transfigurer un quotidien banal et sinistre. Mais l'extravagant inventeur Dagerlöff lui fait une proposition singulière : un «voyage dans la causalité». Il inocule au peintre un bacille qui attaque ses organes visuels, et lui permet de voir les choses telles qu'elles seront dans le futur : le mégot à la place de la cigarette, la charogne à celle de la viande...
Un autre joyau surréaliste ! Auteur culte chez les - rares - amateurs de science-fiction française, Jacques Spitz compose ici son chef-d'oeuvre : un ébouriffant voyage au pays du devenir. Ce qui frappe le lecteur, et le captive, c'est l'implacable rigueur du cauchemar de Podlonski, sa logique sans faille, son évidence existentielle. Pas à pas, le peintre découvre la macabre réalité du lendemain. Dans la vitrine des fleuristes, il voit le destin inéluctable du plus magnifique bourgeon : la flétrissure. Les objets vieillissent autour de lui, ses propres vêtements deviennent des hardes. À mesure que le virus contamine sa vision et que s'accélère le processus, il dérive loin de ses semblables, qui lui apparaissent bientôt sous la forme de squelettes. Le cauchemar culmine dans cette scène stupéfiante où Podlonski, debout devant un miroir, assiste ? à sa propre mort ! «La glace me renvoie mon visage de cadavre, mon oeil fixe et vitreux, mon teint à faire peur, mes traits encore marqués par les luttes de l'agonie.» La fable scientifique est menée jusqu'à son terme, avec une précision méticuleuse ; et cette méticulosité même débouche sur un univers frénétique, hallucinatoire, un peu comme si Lautréamont s'était emparé d'un canevas de Jules Verne pour bâtir un conte d ?horreur. Fenêtre ouverte sur l'inconnu, L'oeil du purgatoire plonge dans ceux du lecteur, et continue de le hanter bien après la dernière page.


  • Le choix des libraires : Piotrus (1 choix) - Leo Lipski - Arbre vengeur, Talence, France - 09/10/2008

Infirme et désespéré, Piotruś se plante au beau milieu du marché de Tel-Aviv avec une pancarte autour du cou : «À vendre.» Et il trouve acquéreur... Mme Zinn l'embauche pour occuper les toilettes de son appartement et décourager ainsi ses sous-locataires.

C'est une farce, oui, mais une farce grinçante. À propos de ce livre, on a souvent évoqué Kafka, Beckett, Gombrowicz, et leurs personnages grotesques exécutant une dernière pirouette avant de sombrer dans l'abîme. L'homme selon Lipski n'est qu'un «sac de glouglous, tout mou, tout humide, et percé de trous.» Cependant, cette philosophie tragique est illuminée de fulgurances poétiques, de beautés aussi ensorcelantes que Batia, la jeune artiste voluptueuse, dont les apparitions inopinées arrache Piotruś à sa prison sanitaire...
Voilà bien résumé l'étrange destin de Leo Lipski. Atteint d'hémiplégie après avoir contracté le typhus en Iran, il ne pourra plus compter, pour s'évader de la prison de son propre corps, que sur le pouvoir capricieux de la littérature.
Piotruś est une oeuvre inclassable, dérangeante, à la fois baroque par son style et austère par sa métaphysique. Il fallait l'audace et le flair de nos chercheurs d'or de l'Arbre vengeur pour exhumer une telle pépite !


Eléazard von Wogau, érudit fraîchement divorcé, traîne son mal de vivre au milieu des fastes décatis de la ville d'Alcântara, Brésil. L'un de ses anciens condisciples lui fait parvenir un manuscrit concernant Athanase Kircher, savant jésuite bien oublié du XVIIème, dont il entreprend l'exégèse. Pendant ce temps, son ex-épouse Elaine remonte le fleuve Paraguay et s'enfonce dans la jungle amazonienne pour une expédition archéologique qui tourne au cauchemar - Pendant ce temps, leur fille Moéma glisse sur la pente savonneuse de l'addiction et de la haine de soi - Pendant ce temps, Moreira, gouverneur de la Province d'Alcântara, échafaude une machiavélique opération immobilière avec la bénédiction du Pentagone - Pendant ce temps, le jeune Nelson, mendiant et pickpocket infirme, rumine des projets de vengeance à l'encontre dudit gouverneur.

Enfin ! On en tient enfin un ! Nous voulons dire : un roman français dont la folle ambition, la complexité assumée et transcendée, la stupéfiante maîtrise rejoignent celles des grands livres de la littérature mondiale - et l'on n'avait pas vu ça depuis longtemps, peut-être depuis le mémorable Montée en première ligne de Jean Guerreschi. On ne sait où donner de la plume pour rendre justice à cet opus extravagant : les adjectifs qui viennent à l'esprit pour le circonvenir - érudit, baroque, inspiré, échevelé ? - vous filent entre les doigts comme les pièces d'une monnaie qui n'aurait plus cours. Par quel bout prendre ce maître-livre ? Par quel versant escalader une telle montagne ? Le versant Kircher, ce savant adulé en son temps mais bien oublié aujourd'hui - ses intuitions enthousiastes ont fait long feu - mais dont la tentative désespérée d'harmoniser, de lire le monde force encore l'admiration - Le versant Eléazard, exégète borgésien du précédent, qui se perd et se retrouve à la fois dans une entreprise biographique vouée à l'échec - Le versant Elaine, et sa dérive amazonienne digne du Aguirre de Werner Herzog - Ou le versant Brésil, tout simplement ? Un pays travaillé par des traditions mystérieuses et tenaces, des complots cyniques, des révoltes sans espoir. On ne dira pas comment l'oeuvre de Kircher, mort à Rome en 1680, se trouve sollicitée au beau milieu de la jungle amazonienne à la fin du XXème siècle. Ni pourquoi Eléazard, d'un clic de souris, efface sans regret l'exégèse qui aurait dû être le sommet de sa carrière - Ni de quelle manière stupéfiante se termine l'expédition d'Elaine - On ne dira rien de plus, car on se plait à imaginer les lecteurs de cet article en route vers leur librairie préférée - la nôtre, de préférence, mais pour la bonne cause nous serons magnanimes -, on entend déjà leurs pas précipités sur le trottoir devant la boutique, et l'on s'apprête déjà à les régaler d'un festin rare, Là où les tigres sont chez eux, de Jean-Marie Blas de Roblès.
Il paraît que les jurés du Goncourt ont pris de bonnes résolutions... Qu'ils ne ratent pas cette occasion de le prouver !


  • Le choix des libraires : Sur la plage de Chesil (1 choix) - Ian McEwan - Gallimard, Paris, France - 18/09/2008

Angleterre, 1962. Dans le petit hôtel très middle-class d'une station balnéaire, Edward et Florence s'apprêtent à passer leur nuit de noces. Ils sont jeunes, ils s'aiment sincèrement - mais cela suffira-t-il pour surmonter leurs craintes, leurs inhibitions, voire, dans le cas de Florence, une répulsion inavouée pour le sexe ?

Après deux livres de la classe d'Expiation et de Samedi, on aurait presque admis de Ian McEwan une petite baisse de régime - Il n'en est rien ! Dans un registre certes moins ample, mais tout aussi profond, Sur la plage de Chesil est encore une parfaite réussite. McEwan se montre bien le digne héritier d'Henry James, par sa façon de traquer la vérité des êtres sans jamais en épuiser le mystère. Pour expliquer l'aversion de Florence, il aurait pu sombrer dans le freudisme de bazar - mais la «piste» oedipienne n'est que subtilement évoquée - ou bien incriminer sans nuance la pudibonderie d'une époque révolue. Certes, l'Angleterre provinciale de ce début des sixties n'est pas exactement celle du swinging London - mais là encore, McEwan se garde des simplifications sociologiques à l'emporte-pièce : témoin ce final bouleversant où la jeune fille «refoulée» fait montre d'une audace tout à fait paradoxale. L'auteur, cependant, est loin de se désintéresser de la problématique sociale : elle innerve au contraire tous ses livres. Dans Expiation, les préjugés de classe sont autant responsables du drame que la terrible méprise de Briony ; et dans Samedi, l'irruption du «voyou» Baxter vient bousculer l'existence patricienne d'Henry Perowne. Dans Sur la plage de Chesil, face aux parents de Florence - un homme d'affaires prospère et une don d'Oxford - ceux d'Edward ne font pas le poids. 1935, 2003, 1962 : rien, au fond, ne change vraiment. On pense alors à un autre maître de McEwan, Thomas Hardy, à l'amertume des personnages de Jude l'obscur ou de Tess d'Uberville devant l'infranchissable fossé qui sépare les êtres.


Le capitaine Belalcazar et son équipage partent à la recherche de la légendaire cité de Païtiti, et de son Eldorado : surprises, obstacles de toutes sortes et aventures magiques sont au rendez-vous de ce roman picaresque au style parodique et débridé. Pluyette confronte ses personnages hauts en couleur à des situations improbables, paradoxes spatiaux, anomalies physiques ; mais c'est probablement le lecteur qui, au sortir de ce conte farfelu, a connu la plus belle aventure...


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