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A propos de la librairie : VAUX LIVRES


Ses coordonnées

Adresse:
13, rue des Ormessons
77000 VAUX-LE-PÉNIL
France

Téléphone : 01 60 59 01 17

Site Internet : http://www.vaux-livres.fr



Les coups de cœur de ses libraires

  • Max Buvry : Des hommes - Laurent Mauvignier - Minuit, Paris, France - 12/09/2009

Dès la première page, par son écriture, par ses descriptions, par ses dialogues, par ses personnages, Laurent Mauvignier capte le lecteur et ne le lâche plus. Né en 1967, Laurent Mauvignier n'a pas vécu la guerre d'Algérie ; longtemps les combattants de base ont gardé le silence à leur retour. Mais un jour pas comme les autres, le besoin est là, cracher le venin qui les infecte depuis 1962 par une confession sans retenue. Dans une petite ville française où tout le monde se connaît, Solange fête ses soixante ans dans la salle des fêtes du village. Les invités voient débouler son frère Bernard qu'on appelle maintenant Feu-de-Bois eu égard à l'odeur qui l'accompagne. Bernard vit à l'écart, seul, souvent saoul et sans le sou. Il offre à sa soeur une superbe broche et aussitôt la tension monte : où a-t-il trouvé l'argent ? Les vieilles affaires familiales ressurgissent... Bousculade, insulte, insulte raciste, coup de sang... Une enquête est déclenchée, déclic pour son cousin Rabut présent sur les lieux qui a vécu avec Bernard la guerre d'Algérie et n'en peut plus de son mutisme. Sa longue confession revient sur son passé terrible et inoubliable qui terrifie toutes ses longues nuits. Laurent Mauvignier fait preuve d'une grande maîtrise dans cette évocation d'une histoire récente et encore brûlante où il ne s'agit jamais de juger, de choisir un camp, mais bien au contraire, où il s'agit des hommes et de leur capacité infinie d'(auto-)destruction. Il démontre encore une fois la puissance mais peut-être aussi la dangerosité du roman. Gros coup de coeur.


  • Max Buvry : L'Arabe - Antoine Audouard - Ed. de l'Olivier, Paris, France - 12/09/2009

L'Arabe s'installe un jour dans un village du sud, sans prévenir, les yeux baissés. Le jour, il travaille sur un chantier de terrassement, la nuit, il occupe une cave prêtée par un villageois. Que vient-il faire ici ? Se cache-t-il ? Et dans ce cas, quelles en sont les raisons ? Personne ne sait, tout le monde suppute. Les regards sont de biais, horrifiés, apeurés, énervés («Juste ne croyait qu'aux hommes dont on a connu le père, et de préférence le grand-père»), non seulement il est étranger mais pire que tout, il est Arabe ! Et puis un meurtre est commis dans une famille où chaque membre est plus tragique que l'autre. L'Arabe y est forcément pour quelque chose... Même s'il trouve du réconfort auprès d'une femme en marge qui travaille sur le même chantier et même si le commandant de gendarmerie évite un lynchage annoncé, la machine infernale alimentée par la bêtise ambiante est lancée et qui pourra la stopper... Un roman qui pourrait être le compte-rendu d'un fait divers tragique à la une du vingt heures, un soir parmi les autres, vite regardé, vite oublié... un roman aux personnages particulièrement réussis où aucune des facettes de notre humanité, de la plus sombre à la plus lumineuse, n'est oubliée.


  • Max Buvry : Dernière adresse - Hélène Le Chatelier - Arléa, Paris, France - 05/09/2009

Dès les premières pages, le lecteur apprend l'identité de la narratrice : Niamh, Mary, Ann est née en Irlande un 18 octobre, l'année nous reste inconnue, seule indication, elle a «atteint un âge canonique». Elle n'a plus le temps, et sa confession adopte sa liberté de ton habituelle, elle, l'amoureuse de la vie et toujours de son Georges, l'amour de sa vie. Vieillie mais encore terriblement vivante. Elle est, reste et restera une femme libre et son regard lucide sur son passé, son présent et son futur le démontre. Le récit oscille entre un passé douloureux ou heureux et un triste présent. Maintenant qu'elle se retrouve dans une Nursing home, elle espère enfin lever les troubles de son passé en continuant son chemin sereinement. Les variations de ton happent le lecteur : ironie, tristesse, lucidité, joie, humour, rire, larmes, Hélène Le Chatelier souffle le chaud et le froid et bouleverse et déstabilise le lecteur qui suit avec émotion un parcours dont la fin est pourtant connue de tous.


  • Max Buvry : Bonheur fantôme - Anne Percin - Rouergue, Arles, France - 01/09/2009

Pierre a 28 ans et a choisi de s'éloigner de la vie parisienne pour s'installer à la campagne, dans la Sarthe. Pourquoi a-t-il quitté cette vie colorée, animée et multiple pour la solitude ? Pas à pas, sur des tons multiples, Pierre se dévoile au lecteur, dévoile ses craintes, ses peurs, ses sentiments, ses amours, mais surtout les fantômes vivants ou morts qui le hantent lui apportant peur, regrets ou bonheur. La vie de Pierre s'intègre totalement dans la vie campagnarde comme le récit d'Anne Percin, Pierre citadin ou campagnard reste sans complaisance avec lui-même. Après une thèse sur Simone Weil, il s'atèle à une biographie sur Rosa Bonheur femme aussi sans concession et différente. Entre deux chapitres, il revient sur son amour pour R. un photographe indépendant toujours sur le départ avec qui il vécut une passion brûlante pendant huit années, un amour qui continue d'exister et entretenu par les visites épisodiques de R. dans sa retraite de la Sarthe. Cette passion et cette confession telle une bouée de secours adouciront les douleurs de l'écorché vif qu'est Pierre, qui pourra ainsi commencer de s'accepter tout en restant fidèle à lui-même et continuer de vivre des moments même fugitifs de bonheur.


  • Max Buvry : New York fantasy - Olivier Jacquemond - Mercure de France, Paris, France - 31/08/2009

Eric, alors que son futur mariage est pratiquement annoncé décide (initialement) de faire une pause et quitte tout. Il quitte ses parents et sa soeur, Paris pour New York, deux villes différentes, deux vies différentes, deux cultures différentes. New York, la ville où les personnes qui n'ont pas de rêves viennent les chercher. Eric vient réaliser ses fantasmes, fixer ses désirs et provoquer son avenir, mais aussi par cette rupture, oublier son histoire, son passé, se forger sa propre identité et s'accepter. Au cours de son séjour, son père tombe malade et c'est le retour. On apprend que son père était un père absent, à côté de la famille, son seul souhait était qu'elle soit heureuse mais s'effaçait toujours devant elle : un père transparent qu'Eric ne connaît pas. Après la mort de son père, il décide finalement de retourner à New York et fera la rencontre peut-être qui marquera sa naissance : Mick un écrivain truculent sans manière, à la vie sans retenue, franc et grand observateur. Ils se rencontrent autour de Leonard Cohen et Mick va permettre à Eric de se révéler à lui-même. Leur amitié et leur discussion l'amèneront à respecter le point de vue de Kerouac, «on finissait fatalement par rentrer chez soi, et ce qu'il fallait retenir en définitive, c'était le nombre de tours de piste qu'on avait réalisés entre le moment de son départ et celui du retour programmé.», un ultime voyage vers Paris qui lui permettra de constater que son père était plus proche de lui qu'il ne le pensait jusqu'au point où il n'est peut-être venu à New York que pour réaliser les rêves de son père. Ce premier roman est une vraie réussite, une très belle découverte.


L'hypothèse des forêts est un cri de désespoir d'une femme qui revient sur le passé douloureux de sa famille. Rose est la benjamine de trois soeurs, trois soeurs unies face à la folie de leur mère, Marianne. Elle raconte les parcours chaotiques de ses deux soeurs marquées à jamais par cette folie. Une fois la mère internée, les soeurs se retrouvent chez leur tante mais le mal est déjà fait. Rejetée par sa mère, seule Rose a réussi quelque peu à survivre grâce aussi à son amour de la forêt et incarne la mémoire, les racines de la lignée. Son récit témoigne que les destins des trois soeurs seront figés à jamais par des enfances prisonnières de la maladie maternelle. Une histoire noire et douloureuse mais pas totalement désespérée au style percutant et vivant.


«Je vous raconterai» est la confession sans retenue d'un «homme sans qualité», témoignage d'un homme lucide sur lui-même, sur vous, lecteur voyeur et acteur, sur le monde, au parcours si contemporain et hélas de moins en moins singulier : une perte d'emploi, un divorce, et la rue, cette rue qui devient immédiatement pesante, violente, absurde, excluant. Pourtant, au bord du suicide, cet homme devenu S.D.F. va défier la vie et son destin. Un homme mystérieux lui propose de l'aider à mourir sans souffrances : dans un lieu luxueux, devant une assistance attentive et tendue, il doit jouer à la roulette russe, un revolver, une balle, une gâchette, un tir. La tension ressentie, la sensation de pouvoir et de maîtrise, la proximité de la mort, l'attention du public (l'Autre), la victoire sur la vie et sur la mort, tout est fait pour qu'il poursuive le jeu, jeu qui tangue avec la folie mais ses victoires aussi inattendues que provocatrices en font le Protégé. On ne sort cependant pas indemne de cette expérience et de ces miracles, et il va devoir recouvrer son passé, pour mieux apprécier ses nouvelles passions, et achever l'élaboration de sa légende. Un texte sans concession, provoquant ou attendrissant, déstabilisant ou tout en retenue, il interpelle, prend à témoin le lecteur et l'aspire littéralement, entre témoin et acteur, dans une spirale infernale.


José Fontana est né le 28 octobre 1840 au Tessin et mort à Lisbonne le 2 septembre 1876 suite à son suicide alors qu'il est atteint de tuberculose. Une vie brève, mais remplie et engagée. Sur la fin de sa vie, il décide de tenir un journal, pour comprendre sa vie, comprendre ce qui l'a poussé à tant d'indignation face aux maux de ses prochains, face à son éclopitude («se sentir boiteux avec les boiteux, bègue avec les bègues, misérables avec les miséreux») mais aussi pour tenter de freiner le temps face à la progression inéluctable de la maladie dont il connaît l'issue. Il navigue alors entre le passé et le présent. Il est né dans le Tessin d'une mère portugaise et d'un père suisse. A la mort précoce de son père, il part chez son oncle dans le Jura suisse se soigner. Il est alors confronté à la pauvreté, à l'âpreté de la vie paysanne, aux superstitions religieuses, aux engagements de son oncle («C'est peut-être dans les étables de l'enfance qu'est née mon éclopitude»). A la mort de sa mère et de sa soeur, il part pour le Portugal où il finit par tenir une librairie et décide de se consacrer à la politique et à ses engagements avec le mouvement ouvrier portugais, combat acharné, sans concession et non violent en faveur des humbles. Mais la maladie progresse et l'homme souhaite rester debout et toujours volontaire dans ses choix même ultimes («Pourquoi se laisser consumer jusqu'à l'impuissance ? C'est moi qui déciderai») et il part avec un certain espoir convaincu que «l'émancipation des travailleurs doit être l'oeuvre des travailleurs eux-mêmes». Un vibrant appel à la solidarité que cette belle fresque construite à partir de l'itinéraire exemplaire d ?un anonyme solidaire et dévoué à la cause commune.


Le petit village de Cluquet voit un jour s'installer dans le bois jouxtant un homme différent se faisant appeler Elébotham. Il est immédiatement craint pour ses dons, ses silences, ses révoltes, son isolement alors que lui-même ne craint personne... Seule Mado s'en amourache et sans le comprendre totalement est prête à le suivre jusqu'au bout du monde. La guerre l'emportera comme tant d'autres. Pourtant c'est le premier de la lignée des Gueudespin et elle n'a pas fini sa route ! Le narrateur est Audric son arrière-petit fils et l'histoire de sa famille pèse sur ses larges épaules. Une famille constituée d'hommes aux destins extraordinaires et tragiques. Il tente un bref instant de rejoindre la vie des hommes mais revient rapidement dans la maison familiale plantée au sommet d'une dune face aux vagues dans lesquelles il s'oublie sur sa planche de surf à l'image de son père, surfeur atypique. Mais, est-t-il réellement possible d'oublier le destin et l'histoire d'une ascendance si prégnants et pesants. Le monde extérieur peu attirant ne peut que s'estomper devant les trajectoires des hommes du passé qu'Audric s'efforce de découvrir et de suivre.


  • Max Buvry : Fakirs - Antonin Varenne - Viviane Hamy, Paris, France - 17/07/2009

Le lieutenant Guérin officie dans une voie de garage : il a été affecté au services des suicidés. Il n'en semble pas trop affecté, et au contraire, entretient sa mission en suspectant quelques personnages de forcer la main avec psychologie aux suicidés. Epaulé par son fidèle second Lambert, il n'en reste pas moins la bête noire de ses collègues parisiens. Dans le même temps, au centre de la France, loin de la vie citadine, vit John Nichols, un franco-américain entre ermite et indien. Pourtant la gendarmerie le convoque pour lui apprendre qu'il doit se rendre à Paris pour reconnaître le corps d'Alan Mustgrave. Ami fidèle rencontré des années plus tôt aux Etats-Unis, Alan était passé le voir quelques temps auparavant. Fakir des temps modernes, Alan est mort semble-t-il par accident sur une scène du Paris underground. Ce voyage vers la capitale sonne la fin de la tranquillité de John Nichols qui croisera le chemin de l'intègre lieutenant Guérin et d'un ancien taulard Bunker hélas clairvoyant : «peut-être que t'as des bonnes raisons, mais tu fous la merde dans la vie des gens». Un excellent polar noir avec une vraie ambiance aux personnages atypiques et attachants dans un monde très actuel et à la couleur de la couverture... En espérant que ce soit le début de nos rencontres avec cet inspecteur !


  • Max Buvry : Droit devant toi - Henri Girard - l'Arganier, Paris, France - 03/06/2009

Deux jeunes ados de treize ans se rencontrent sur les bancs de l'école. Tout les oppose. Le premier suit ses parents de ville en ville au fil des mutations de son père et les relations avec ses parents sont difficiles. Le second, Gilles, est ancré dans son village et la ferme de son père et de sa belle-mère et la famille est très soudée. Pourtant une amitié puissante les unit rapidement, même si le narrateur reconnaît que cette relation étroite lui a certainement plus apporté qu'à Gilles. Les désirs naissant, Gilles devient le guide et semble plus au fait des choses de l'amour et connaître les femmes ou plutôt la Femme qu'est sa belle-mère. Une nouvelle mutation de son père entraîne loin du village le narrateur qui semble oublier son ami. Les deux ados deviennent des hommes loin l'un de l'autre suivant un destin pas toujours maîtrisé. Dans la seconde partie, ils se retrouvent avec bonheur mais entrent dans le jeu fatal de la séduction. Deux pions sur un échiquier, chacun pensant être la pièce maîtresse. Lors de liaisons dangereuses, qui manipule qui ? Les jeux de l'amour sont rarement innocents et manipulation, désir, séduction et jalousie ne peuvent conduire qu'au drame. Plus lent est le jeu, plus explosive sera l'issue... La montée en puissance de cette épopée vous entraînera dans une lecture au rythme croissant jusqu'à la fin inattendue et terrible. Une belle écriture au service d'une vision noire des jeux de l'amour.


Le samedi 27 septembre 2008 se tient une réunion à la librairie du Monde Libertaire, 145 rue Amelot dans le neuvième. Les habitués dont Benoist Rey sont là, quelques-uns déjà en place, d'autres en train de fumer une dernière cigarette sur le pas de la porte, là où c ?est encore autorisé. Soudain, un homme habillé de cuir et casqué rentre en trombe dans la librairie, deux coups de feu et un homme s'écroule. L'homme repart incognito. La police débarque immédiatement : l'homme était une taupe qui avait infiltré la Fédération Anarchiste mais les policiers ne sont pas au bout de leur surprise, ils découvrent deux autres cadavres : un ancien général ayant eu sous ses ordres Benoist Rey en Algérie et un évêque. Police, armée, religion, les anars adorent et les flics se réjouissent d'avance des résultats attendus de cette enquête... Un pavé instructif et non dénué d'humour dans le monde libertaire illustré par de superbes caricatures des acteurs principaux en activité.


  • Max Buvry : Manhattan - Anne Révah - Arléa, Paris, France - 02/06/2009

La narratrice a une vie bien remplie, parfaite, attendue : des enfants, un mari, un métier. La réussite. Pourtant, il ne suffira que d'un déclic pour révéler l'artificiel de la situation, une façade construite jour après jour, un voile masquant une terrible vacuité. Devant ce trouble, elle prend la fuite pour se retourner et faire un bilan voire régler quelques comptes avec elle-même et son interlocutrice. Elle la juge responsable de ce parcours marqué irrémédiablement par son enfance («Je n'ai pas pu devenir moi. J'ai fui la petite fille que j'ai été...») que sa réussite n'aura pas réussi à effacer, on croit le passé disparu, mais il demeure présent, tapi dans l'ombre d'une vie superficielle. Elle voit enfin clair dans le rôle qu'elle a tenté de jouer pendant toutes ces années et sans concession, lucide, froide («L'évidence d'être vivante, je ne l'ai jamais eue»), crie son désespoir enfin seule et libérée.


  • Max Buvry : Le prédicateur - Camilla Läckberg - Actes Sud, Arles, France - 24/05/2009

Nous retrouvons avec plaisir le couple Erika et Patrick de la «Princesse de glaces» maintenant bien installé : Erika est enceinte et l'accouchement approche alors que l'inspecteur Patrick Hedström doit abréger ses vacances. Le corps d'une jeune femme vient d'être retrouvé et le passé resurgit quand on retrouve sous elle les restes de deux cadavres, deux squelettes de femmes assassinées des années plus tôt. L'enquête s'annonce difficile : un meurtre vingt-quatre ans après deux autres, quels liens peut-il exister ? Rapidement, la famille Hult aux liens complexes et aux comportements erratiques initiés par le patriarche Ephraïm aujourd'hui disparu apparaît au centre de l'affaire. Pourtant, Patrick peine à placer les pièces d'un puzzle mélangeant présent et passé. Il parait même quelque peu perdu lorsqu'une nouvelle adolescente vient à disparaître. Une intrigue menée de main de maître au rythme croissant qui tiendra en haleine le lecteur jusqu'à la dernière page qui apportera son ultime révélation.


  • Max Buvry : Terre légère - Claire Wolniewicz - Viviane Hamy, Paris, France - 24/05/2009

La citation de Nicolas Bouvier mis en exergue de ce roman le résume parfaitement : «Certains pensent qu'ils font un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait ou vous défait.» Partir loin à la rencontre de l'Autre est aussi (surtout ?) une découverte, une recherche de soi, ou parfois une reconstruction. Ce récit à quatre voix le confirme. Laure ancienne danseuse vit seule avec son jeune fils Ferdinand, admirateur d'Harry Potter. Elle a accepté l'invitation au Viêt-Nam de son demi-frère Julien qui s'apprête à quitter ce pays qu'il aime tant. Elle apprend sur place et à sa grande surprise que leur père est aussi du voyage. Ce père écrivain amoureux de lui-même ne s'est jamais trop préoccupé de ses enfants et de ses femmes. Julien organise une expédition avec l'aide d'une jeune guide Cho qui rêve du prince charmant et regarde Julien avec un oeil attendri - Trois adultes quelque peu désorientés et en attente. Seul Ferdinand vit pleinement son voyage, émerveillé, attentif, simplement heureux, loin des quêtes de chaque adulte. Un inconnu se joindra à l'équipée et chacun trouvera dans ses yeux la clé de sa reconstruction. Un beau récit dépaysant qui par son écriture rythmée et l'alternance des voix vous emporte dans un tourbillon d'images et se dévore d'une traite.


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