Recherche






Recherche multi-critères

Participez à la vie du site

Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.

Libraires, partagez vos découvertes.

Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.

Application pour iPhone

Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.

Le Choix des Libraires sur iDevice

A propos de la librairie : VAUX LIVRES


Ses coordonnées

Adresse:
13, rue des Ormessons
77000 VAUX-LE-PÉNIL
France

Téléphone : 01 60 59 01 17

Site Internet : http://www.vaux-livres.fr



Les coups de cœur de ses libraires

  • Max Buvry : Une seconde vie - Dermot Bolger - Joëlle Losfeld, Paris, France - 24/05/2012

Sean Blake est victime d'un accident de voiture. Pendant quelques instants, il est déclaré cliniquement mort et pourtant en réchappe. Ces quelques secondes bouleversent sa vie. En effet, au cours de ce coma, il voit des personnages qui l'intriguent et l'incitent à partir à la recherche de sa mère biologique («J'essayais de remonter plus loin dans le passé mais je m'arrêtais, car, même inconscient, il y avait des parties de mon histoire où je refusais d'aller. Elles appartenaient à quelqu'un d'autre, quelqu'un dont je ne voulais pas endurer la souffrance.»). En effet, âgé de onze ans, il avait appris son adoption, y avait réagi violemment pour finalement préférer ne plus y penser. Sans oublier ni renier ses parents adoptifs, il part sur les traces de sa mère biologique avec comme toile de fond l'Irlande des années 50 où la religion et la respectabilité («L'Irlande dans laquelle elle vivait était infectée par un terrible virus appelé respectabilité.») primaient sur tout et notamment sur la liberté de chacun. Dans ces années (jusque dans les années 60), les filles mères étaient isolées et retenues dans des couvents. Leurs enfants leur étaient retirés et étaient adoptés par d'autres familles. Avec une émotion vibrante et une grande sensibilité, Dermot Bolger revient sur un volet sombre de l'histoire irlandaise où la violence de la religion et des préjugés opprimaient puissamment les destins individuels et collectifs du peuple irlandais.


  • Max Buvry : La confession d'un fou - Leïla Sebbar - Bleu autour, Saint-Pourçain-sur-Sioule, France - 28/03/2012

Long monologue ou confession d'un homme, solitaire, ivre de vengeance, folie froide sans retenue ni limite. Il est né dans un pays d'Orient, sur les hauts Plateaux. Il vénère son père chasseur et excellent cavalier souvent absent mais qui revient toujours au foyer où sa mère transie d'amour patiente. Mais que fait ce père ? Qui est-il vraiment ? Il sera assassiné, son fils et sa mère épouseront chacun une folie, la mère dans l'isolement et le refus de la réalité et pour celle du narrateur, "c'est le couteau ou le rasoir". La superbe écriture ciselée au rythme haché de Leïla Sebbar éblouit ce portrait sans artifice, description froide aussi lumineuse que sombre pourtant non dénuée d'humanité.


Au hasard de leurs pérégrinations, quatre Bengalis d'âge mur se retrouvent dans le même compartiment d'un train bloqué dans la gare d'une petite ville entre New Dehli et Calcutta. Quatre hommes qui n'auraient pas dû se rencontrer, tout les oppose : leurs classes sociales, leurs apparences physiques, leurs caractères ? Pourtant, eu égard au confinement et à la durée du voyage, le dialogue se noue peu à peu, surtout après l'immobilisation du train. Ils se réfugient alors dans une salle d'attente «lugubre et sordide» espérant atténuer le froid de l'hiver. Une forte impression de chaleur inonde la salle lorsque la porte s'ouvre sur deux jeunes amoureux, un couple de jeunes mariés «toujours absorbés par leur amour». Cette vision provoque une longue série de confidences : «nous avons tous connu ce que ce couple est train de vivre ! Tout le monde a aimé» et chacun se lance avec réticence au départ dans le récit de l'Histoire d'amour qui l'a définitivement marqué : amour déçus, amours impossibles, amours partagés... Voyage au sein de la petite bourgeoisie indienne avec ses us, ses aléas, ses joies et peines, voyage dans l'intimité des sentiments délicats et pudiques de quatre hommes continuant de rêver aux femmes qui les ont marqués à jamais. Un joli texte tendre et d'une grande fraîcheur.


  • Max Buvry : Le Bloc - Jérôme Leroy - Gallimard, Paris, France - 28/02/2012

Une immersion complète pour ne pas dire noyade au sein d'un groupe politique d'extrême droite, le Bloc. État des lieux à un moment crucial, puisque sa dirigeante, Agnès Dorgelles, fille du patriarche qui a dirigé pendant de longues années ce parti avant de lui céder récemment le poste, est en train de négocier leur entrée au gouvernement, pas moins de dix postes de ministres sont dans la balance. Et elle est en position de force alors que des émeutes meurtrières se déroulent dans le pays sans que le gouvernement puisse y mettre fin. La peur est omniprésente, dans tous les camps, elle est le point commun qui relie la population dans son ensemble. Mais pour passer dans le rang des partis «honorables», il faut faire le ménage parmi les éléments extrémistes qui en savent un peu trop et qui par le passé ont commis quelques violences que certains n'ont pas oubliées. Cette nuit de négociation est propice aux confidences d'Antoine le mari d'Agnès convertie à l'extrémisme par amour, pseudo intellectuel anar de droite et Stanko l'homme du peuple représentant des oubliés, des déclassés, la bête traquée par la milice du Bloc. Deux personnages extrêmes, pourtant loin d'être monolithiques, souvent répugnants mais parfois humains, qui ont juré fidélité au Bloc Patriotique, n'admettent aucune limite et la réussite du Bloc semble pour l'instant leur donner raison, le but est presque atteint ! Un roman noir glaçant miroir de notre quotidien.


  • Max Buvry : Mots de tête - Dominique Resch - Autrement, Paris, France - 28/02/2012

Vingt séquences vivantes, remuantes, drôles décrivent le quotidien d'un prof de Français. Loin de Paris, à Marseille, "la mer, le soleil et l'OM" ! Le face à face n'est pas de tout repos, mais le prof déploie tout son art pour encadrer, guider, écouter, exploiter au mieux les quelques instants propices à l'apprentissage, toujours conscient de la richesse de cette jeunesse inventive, qui a son propre langage et ses codes. Les moments tendus n'arrivent pas à obscurcir les instants de bonheur. Les liens se nouent, les élèves se confient sans retenue. Parfois l'envie, la motivation s'étiolent, mais penser à Tonio et ses congénères les ranime puissamment et joyeusement. Enfin un texte jubilatoire mettant en scène sans angélisme un prof dévoué et fidèle à une jeunesse turbulente et attachante !


Julienne est née le 31 décembre 1925. A 85 ans («J'en suis à l'âge du singe, je l'ai même dépassé»), elle nous conte son histoire depuis un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes. Elle y est rentrée encore active et forte mais «Une page était tournée, j'avais franchi un point de non-retour, je le savais. Ma vie vivante était passée, des jours à ne plus savoir les compter, tels nuages en ciel, comme a écrit je ne sais plus qui.». Elle montre alors comment en vieillissant, elle disparaît progressivement aux yeux des autres. Le vieillissement est détaillé, mais la Julienne reste vive, les retours sur son passé, sur une lignée de femmes souvent quittées par les hommes, les jours qui passent, ses préoccupations passées ou présentes, tout respire la vie, elle a vécu debout et continue de le rester. Tous les sentiments continuent de l'animer, la colère, la révolte ne l'ont pas abandonnée malgré «le glissement» inéluctable. Le ton est alerte, le portrait attachant et le récit rythmé se lit d'une traite !


Ellen vit aux États-Unis depuis 35 ans. Elle dirige une librairie française à New-York avec son mari. Elle n'est revenue qu'une fois en France durant ces 35 ans pour l'enterrement de son père dont elle s'était éloignée. Pour régler l'héritage d'un appartement familial, Ellen revient vers un Paris à la fois différent et proche du Paris qu'elle a connu, Ellen redevient Hélène. Elle a vieilli, Paris aussi, mais le passé a laissé ses traces indélébiles. Déplacement du corps, déplacement dans le temps, doux glissement vers les faits d'une mémoire qui se réveille lentement. Ces balades dans la capitale convoquent des souvenirs bien enfouis, légers déplacements dans un passé douloureux («Elle voudrait marcher encore, marcher et se souvenir. Se souvenir encore un peu.»). Une douce fatigue l'étreint peu à peu, chaque souvenir l'épuise, elle le ressent et pourtant elle se laisse aspirer par ce désir de souvenirs, désir de retrouver son passé et ses fantômes alors qu'elle ne voudrait se soucier que «des choses douces». La frontière entre présent et passé s'estompe, Hélène oscille lentement entre les deux mondes en revenant sur ces années occultées depuis si longtemps. Marie Sizun et son écriture nous offrent encore un superbe portrait, toujours aussi émouvant, tendre et mélancolique par petites touches ou plutôt par de sensibles et légers déplacements...


A la mort de sa femme, Takumi se retrouve seul avec son fils Yûji, petit bonhomme de six ans. Quelques temps plus tôt, elle leur a annoncé «Je ne serai bientôt plus de ce monde, mais lorsque la saison des pluies sera de retour, je reviendrai sans faute voir comment vous débrouillez, tous les deux». Cette promesse et leur amour pour Mio malgré leur souffrance leur permettent de vivre, unis dans l'attente de son retour. Quand le moment tant souhaité est venu, le temps s'arrête pour six semaines merveilleuses comme un bonheur suspendu. Mio a perdu ses souvenirs, les redécouvrent, apprend sur eux comme sur elle-même. Ils savent qu'elle repartira mais font tout pour profiter de leurs retrouvailles. Hymne à l'amour éternel, ce joli conte philosophique, tout en délicatesse et retenue, sensible et douloureux, entre rêve et réalité ne pourra vous laisser indifférent.


Formidable portrait d'un gentleman cambrioleur, attentif aux autres, plus spécifiquement aux abîmés, aux blessés de la vie. Portrait en miroir puisque les personnages du roman sont ses amis, ses admirateurs, membre de la bande du Foyard, douze jeunes hommes et femmes unis autour de leur Dieu vivant, «il aimantait les gens, quels qu'ils soient, les petits comme les puissants». Il les sauve, leur prend la main pour les emmener à la cabane du Foyard, les porte à bout de bras, ne les jugera jamais : «Émile était une brise qui emportait la réalité...» Sorte de philosophe voleur et de Robin des bois contemporain, entre deux emprisonnements, deux évasions, il les rejoint. Ils l'attendent. Il vole, cambriole mais ne fera jamais couler le sang. Tous l'admirent, le protègent, même le mari trompé s'effacera. Il «aime les gens qui ont mal aux autres» et ils lui rendent bien. Magnifique portrait d'un amoureux de la vie, homme libre maître de sa vie, sage moderne ayant préféré la marge et la poésie à la monotonie habituelle de la vie.


Santa Clara est une petite ville isolée. Tellement isolée qu'elle ignore que depuis vingt ans, la Révolution salvatrice a eu lieu : le tyrannique Général Burgos a été remplacé par le Général Alvaro Benitez dont l'unique obsession est évidemment le bonheur du peuple ! Tout a évolué dans le pays : l'hymne a changé, le drapeau, les portraits affichés dans les bâtiments administratifs, le nom des rues... Sauf à Santa Clara qui continue de vivre sereinement au rythme de la production de son rhum et des sérénades d'Ibrahim Santos qui sait prévoir la météo. Pourtant, un jour, le Général goûte ce rhum, impressionné, il envoie tout d'abord un jeune ingénieur agronome en éclaireur, bientôt rejoint par les troupes or «il n'est jamais bon, à Santa Clara comme ailleurs, de voir débarquer des militaires de bon matin.». La Révolution saura-t-elle exploiter à grande échelle ce rhum si extraordinaire ou le rhum aura-t-il raison d'elle ? Yamen Manai nous propose une fable juste, ironique, critique et non dénuée d'humour des pouvoirs dictatoriaux mais aussi de notre croyance aveugle et parfois forcenée en la science face aux connaissances séculaires de nos anciens.


  • Max Buvry : Un territoire - Angélique Villeneuve - Phébus, Paris, France - 27/02/2012

Un territoire propose le portrait d'une femme à part, isolée. Encore jeune, elle se sait rapidement sourde mais ne peut être appareillée. Elle a toujours vécu dans la maison de son enfance, territoire de cette famille où malgré sa mise à l'écart, enfant, elle parvenait à savourer quelques bons moments notamment avec sa soeur. Peu à peu, son entourage l'ignore, avant pour certains de la brimer ("S'ils faisaient un effort pourtant, les gens, elle les comprenaient assez bien. Mais ils n'en faisaient jamais longtemps. Bientôt, elle n'eut même plus à sourire."). Aucun du Garçon, de la Fille, de la Soeur, de la Mère et du Père n'aura un geste, une attention. Elle occupe maintenant ce territoire accompagnée du Garçon et de la Fille, vie à trois éprouvante qu'elle semble néanmoins accepter. Elle reste attentive et attachée à des choses simples, souvenirs anodins mais si marquants et évocateurs qui l'aident à résister, à rester droite mais aussi à rester prisonnière de ce territoire.
Un bel hommage et un portrait douloureux d'une femme différente que son handicap repoussera loin d'une vie familiale apaisée et à qui personne ne saura accorder attention et amour.


  • Max Buvry : Eté des serpents - Henri Cueco - JBZ & Cie, Paris, France - 27/02/2012

Le narrateur revient sur sa jeunesse corrézienne au moment de la guerre. Trop jeune pour y participer en héros, assez grand pour la suivre, l'observer. Il nous fait partager sa vision des protagonistes, du conflit, des adultes, des allemands, des communistes, des juifs... Comme dans de nombreuses familles, le conflit révèle les différences : Pétain, le Communisme, les réfugiés espagnols, que de divisions, de points de vue et d'engagements ! Mais le ton reste jeune, joueur, d'humeur agréable, et nous partageons les préoccupations d'un ado en temps de guerre qui continue de vivre malgré tout ! Et surtout, le jeune (et le vieil !) homme n'a rien perdu de son humanité : rejet des vengeances aveugles et de la haine, des jugements définitifs, détestation de la guerre et des guerres. Une chronique plaisante qui oscille entre larmes et sourires.


Rentrer en sup, c'est comme rentrer en religion, il faut y croire, mais parfois cela ne suffit pas ! Laurent Kropst a rejoint la sup du célèbre lycée Louis-le-Grand suite à une démonstration époustouflante et inédite ! Il rejoint la future élite (bien consciente de son potentiel et de sa position présente et future), enfants formés de longue date pour ce cursus, il complète une élite de père en fils. La course à la note et au classement sont lancées dans le but d'intégrer La Grande et Prestigieuse École, peu de loisirs, seules préoccupations les révisions, les oraux, les contrôles tels des sportifs de haut niveau surentraînés. Néanmoins, les embûches arrivent vite sous la forme d'un malheureux 3 en devoir de mathématiques. Affront. Catastrophe. Grain de sable dans un engrenage pourtant bien huilé qui provoquera mensonges, affrontements mais aussi ouverture vers une vie nouvelle et plus aérée, plus proche de Proust et Baudelaire que de Bernoulli et Banach ! Emmanuel Arnaud nous offre une chronique et un portrait vifs, ironiques et plaisants sur ce que certains continuent de nommer «l'élite» du monde étudiant destinée à diriger notre société !


  • Max Buvry : Aral - Cécile Ladjali - Actes Sud, Arles, France - 27/02/2012

Cécile Ladjali nous emporte pour un douloureux voyage vers le Kazakhstan à la rencontre d'Alexeï et Zena. Alexeï se souvient de leurs enfances, ils sont nés au bord de la mer d'Aral qui continue de s'assécher alors que le jeune garçon devient sourd. La catastrophe écologique est accrue par une usine d'armes dont les rejets ont de lourdes conséquences sur la santé des enfants notamment. La mer disparaît, se tait et Alexeï malgré son handicap se noie dans l'apprentissage du violoncelle, seul instrument qui lui permet de sentir et ressentir la musique, puis dans la création musicale. Zena, jeune femme belle et indépendante, étudie l'écologie, et partira chercher son bonheur en Europe. Seul, isolé, Alexeï, dans son pays austère et malmené, se questionne sur ses origines alors qu'il voit ses trois amours, sa femme, la mer et la musique s'éloigner douloureusement. Portrait âpre d'un homme terriblement isolé, coupé d'un monde malade et hostile que seule la composition et la quête de la huitième note sauvent.


Un monarque règne à une époque inconnue sur le pays Bougon, petite terre déshéritée et quelque peu délaissée. Archétype de ces souverains dont la préoccupation première est leur petite personne, la «Minjesté» a sous ses ordres le père du petit Islo qui revient sur ses premières années et sa longue éducation. Son père est le Grand Humeur, il surveille, épie, hume, pèse, inspecte les intestins royaux et leur précieux résultat. Et tout est prévu pour qu'Islo prenne sa suite. Mais le jeune homme a d'autres préoccupations que les excréments royaux ! Il préfère la vie, ses joies, les rencontres, les voyages et ces héros conquérants des mers et des lointaines contrées. Islo deviendra-t-il l'héritier de son père dévoué ? Le pays Bougon verra-t-il sa situation politique évoluée ? Cette longue confession est aussi prétexte naturellement à aborder moult thèmes implicitement ou explicitement. L'oeuvre d'Anne-Lise Grobéty s'achève avec ce long conte atypique où sa maîtrise de l'écriture atteint peut-être son apogée. La langue est riche et poétique, travaillée avec minutie et le lecteur ressent le plaisir qu'elle a pris à créer ses longues phrases, ces sonorités frappantes, ces jeux de mots ironiques, ces situations singulières, à cacher une métaphore au détour d'une phrase anodine, à placer le sublime comme le grotesque là où on ne les attend pas. Un bonheur d'écriture !


Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia