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A propos de la librairie : DU PARC / ACTES SUD


Ses coordonnées

Adresse:
211, avenue Jean Jaurès
75019 Paris
France

Téléphone : 01 42 38 37 52

Site Internet : http://librairieduparc.over-blog.com



Les coups de cœur de ses libraires

  • Valérie Simonnot : Enigma - Antoni Casas Ros - Gallimard, Paris, France - 18/02/2010

Le dernier roman de Casas Ros se passe à Barcelone.
Quatre personnages parlent à tour de rôle : Joaquim, professeur de lettres à la faculté ; Zoé, élève de Joaquim et qui veut devenir écrivain ; Naoki, étrange Japonaise devenue muette après un traumatisme et Ricardo, poète tueur à gage qui cherche à être publié.
Joaquim souffre d'une maladie particulière qu'il a surnommée le syndrome Enigma : fervent admirateur de la littérature, il ne supporte pas le sort que certains auteurs réservent à leur héros et n'hésite pas à entrer dans des librairies pour arracher les dernières pages de leurs romans. Il décide pourtant d'ouvrir une librairie dans le quartier de Barceloneta, appelée Bartleby en Co, en hommage à Enrique Vila-Matas. Zoé va devenir son assistante et lui faire rencontrer son amante Naoki. Ricardo trouvant un travail à la revue Traces, prestigieuse revue de poésie, va s'allier à eux pour un grand projet : Les philosophes dans le boudoir, mais je ne vous en dit pas plus sur ce projet...


  • Valérie Simonnot : La tache aveugle - Emmelene Landon - Actes Sud, Arles, France - 11/02/2010

La tache aveugle raconte l'histoire singulière de trois soeurs : Fanny, Susannah et Diotime.
Toutes les trois sont élèves à l'École des Beaux-Arts de Paris. Préférant la peinture à la performance, elles décident de s'inventer un professeur virtuel, Alexander Cozens, accompagné de son fils John Robert Cozens, surnommé Little Cousins. Elles adoptent sa méthode de peinture, basée sur les taches.
"Au début du deuxième millénaire aux Beaux-Arts de Paris, plus aucun élève de l'atelier n'étudie la peinture, tous préfèrent l'audace de ce qu'on appelle les "formes spontanées d'expression" : se filmer ou intervenir sur des lieux, des sites réels ou virtuels, réfléchir à la différence entre le documentaire et la fiction. (...) Nous, nous préférons la peinture et le langage de la peinture, sa suggestion, même si tout cela est relégué dans le passé. La peinture parle en bloc, discrètement, profondément, silencieusement, comme la tranche d'une falaise. Elle éveille une sensation atemporelle. Sa facture est tellement plus riche et évocatrice que des pixels projetés ou la mince pellicule de la photo."
Il faut savoir que les Cozens ont réellement existé : d'origine russe, Alexander Cozens va devenir un professeur de dessin très à la mode dans la bonne société londonienne du XIXème siècle. Il fut l'auteur d'un traité de peinture : Nouvelle méthode pour faciliter l'invention de compositions originales de paysage. Son fils deviendra lui aussi un peintre réputé.
Les trois soeurs voyagent donc entre passé et présent, entre rêve et réalité jusqu'à un incident fatal qui rendra Diotime aveugle.
Comme la peinture est le sujet de cette histoire, Emmelene Landon nous offre parfois des descriptions telles de véritables toiles (la couverture du livre est d'ailleurs une oeuvre de l'auteur, ancienne élève de l'école des Beaux-Arts) :
"Trois grandes tables encombrées de petits carrés de papier déchiré, tachés de noir. Lumière du soir à travers les vitres. Fanny et Diotime, assises, regardent leurs taches. Fanny fume de sa main droite, sa main gauche est à l'intérieur de sa chemise, posée sur son sein. Diotime tape légèrement du pied, comme si elle fredonnait un air dans sa tête. Susannah est cachée en dessous de sa table. Elle cherche quelque chose. Des trois tables, la sienne est la plus encombrée et pas seulement de peinture."


"Les PEB. La mort, c'est encore trop bon pour eux. Je ne plaisante pas.
Ces cons méritent de vivre éternellement dans leur banlieue pourrie. Cette classe d'esclaves somnambules dans leur colonie pénitentiaire en brique rouge simili Tudor. Une prison qui n'a pas besoin de murs ; ceux qui y vivent ont subi un lavage de cerveau qui leur fait croire qu'ils veulent être là : l'incarcération dont ils rêvent ! Hébétés, ils se propagent, ils se reproduisent, ils transmettent leur ADN docile et soumis à la future génération de prisonniers aux yeux vides. Chaque jour, ils se lèvent et prient pour que la libération ne vienne jamais : "Seigneur, protège-nous de l'unicité. Accorde-nous le conformisme éternel et délivre-nous de l'originalité. Amen." (...) Pauvre enculés de banlieusards. Ce sont eux, les tarés de la route."

C'est ainsi que commence Petite bombe noire, policier drôle et à l'intrigue rondement menée, édité il y a quelques années de cela chez l'Aube et qui ressort enfin en Points Seuil.
Quand l'Esprit des Ténèbres, un dangereux terroriste, menace l'Angleterre, les services de police, dont l'inspecteur Angélique de Xavia, sont sur le pied de guerre. Angélique est un petit bout de femme dont les parents africains ont émigrés à Londres. Mille fois la cible des remarques machistes et/ ou racistes de ses collègues, elle sait se servir des arts martiaux pour faire taire les crétins.
Mais même le plus professionnel et le plus cruel des terroristes peut voir ses projets menacés par un simple grain de sable. Et ce petit caillou qui va faire grincer le méchant, c'est Ray, un jeune homme sans histoires, professeur et jeune père, qui va être entraîné involontairement dans une histoire rocambolesque et dangereuse...
Achetez-vite Petite bombe noire, vous ne serez pas déçu(e)s !


Chronique d'un château hanté est en fait l'histoire d'un arbre à travers les siècles.
Tout débute à Manosque en 1349. La peste arrive dans la ville de bien curieuse manière : un rat malade échoue dans des cuisines où se préparent d'énormes marmites de daubes qui vont être distribuées aux habitants pour fêter Carnaval. Un jeune marmiton, pour se venger des brimades quotidiennes, décide de jeter ce rat dans une daube. Pris de convulsions, il s'écroule lui aussi dans le plat, déjà décimé par la maladie. Par peur de la populace qui gronde et s'impatiente d'être nourrie, le chef des cuisines décide de distribuer les daubes maudites...
Alors que la peste prend de l'ampleur et que l'anarchie commence à régner, le commandeur du château des Hospitaliers de Jérusalem, Guillaume de Venteyrol, demande à la révérende mère Scolastique Pons, prieure du couvent des Clarisses à Mane, de cacher un objet secret dans la crypte du couvent. Les nonnes seront ensuite tuées pour que le secret soit gardé. Une des rescapées deviendra à son tour prieure et fera planter un chêne au dessus de la crypte depuis condamnée. Mais quel est donc ce trésor, "preuve irréfutable de la vérité absolue des Saintes Écritures" ?
Construit comme un roman policier, cette chronique nous entraîne avec bonheur à travers l'Histoire et celle de la noble famille des Gaussan, héritière de ce trésor, du Moyen Âge jusqu'à nos jours.


  • Marion Revoyre : Des hommes - Laurent Mauvignier - Minuit, Paris, France - 21/11/2009

Le style de Mauvignier fait merveille, tout en empêchement, tout en en retenue, pour nous raconter l'histoire de ces anciens d'Algérie, de Feu de Bois et de Rabut, de leur vie après...
Le livre commence d'ailleurs comme ça, une fête d'anniversaire racontée par Rabut qui observe, de loin, son cousin, anciennement Bernard et aujourd'hui Feu de Bois à cause de l'odeur qui ne le quitte plus. Un cadeau trop précieux, une agression et les souvenirs s'enchaînent, Rabut replonge.
Et brusquement, le récit change : presque en milieu de paragraphe, on passe des ressassements de Rabut à l'histoire de Bernard.
Alors, c'est le départ en train de ce jeune Bernard, le missel en poche, vers Marseille et l'embarquement pour l'Algérie. Le récit bute, hésite, se reprend, revient. C'est le ciel d'Algérie, l'ennui mais aussi la peur, la vie aussi. C'est le camp, les permissions et les questions qu'immanquablement ils finissent par se poser.
Le roman de Mauvignier est âpre et en même temps légèrement distancié, un peu comme ont tenté de l'être ceux qui retrouvaient un quotidien inchangé en revenant, le travail dans lequel ils se jetaient, pour ne plus penser, et les nuits agitées de souvenirs impossibles à oublier.


  • Marion Revoyre : Loin des bras - Metin Arditi - Actes Sud, Arles, France - 10/10/2009

Un pensionnat de garçons, en Suisse, fin des années 50. Un petit monde au sein duquel arrive Véra D'Abundo, professeur d'italien remplaçante.

Metin Arditi utilise avec brio cette nouvelle venue pour dévoiler petit à petit les différentes personnalités composant ce monde clos, ces histoires individuelles au lendemain de la guerre, ces rancoeurs, ces destins brisés...

Le roman est construit comme un patchwork : chaque pièce de tissu (vie) entrevue nous laisse deviner le dess(t)in entier. Sans jamais entrer dans de fastidieuses descriptions psychologiques, l'auteur, en quelques traits, nous donne les clés, les ressorts cachés et souvent tordus de ses multiples personnages.

Loin des bras est un roman tout en finesse.


  • Valérie Simonnot : L.A. story - James Frey - Flammarion, Paris, France - 10/10/2009

Une histoire de la ville de Los Angeles (de son vrai nom Pueblo de Nuestra Señora la Reina de Los Angeles de Porciuncula) à travers des anecdotes historiques et le parcours (souvent désespéré) de différents personnages : paumés attirés par le rêve américain, clochards, stars de cinéma ou immigrés mexicains...

On est vite happé par ces vies et par cette ville tentaculaire et démesurée, entre rêve et cauchemar.


Ce livre est le récit d'un amour absolu.

Alternant articles de journaux et récit du narrateur, Paul Desroches, le livre nous expose lentement la vie d'Anna Song, jeune pianiste virtuose mais condamnée par le destin.

Très vite pourtant, le doute survient. Pianiste prodige ou, aidée par son mari, faussaire prodige ? En effet, entrecoupant le récit de Paul Desroches, les articles passent du dithyrambe à la dénonciation offusquée et choquée. Quant au récit lui-même, ce n'est rien de moins que l'histoire d'un amour commençant dans l'enfance, lorsqu'un garçonnet venant de perdre ses parents entend un morceau de piano exécuté par une petite fille.

Tout le talent de l'auteur tient dans cette alternance de ton, de style, passant de l'écriture journalistique à celle d'un homme qui se raconte au travers de son amour perdu, de tout ce qu ?il a entrepris pour le retrouver, le protéger, le conserver.

Vous ne saurez qu'à la toute fin du roman qui était Anna Song et, une fois la dernière page refermée, retournez aux citations placées en exergue, au début du livre, et savourez leur à-propos !


  • Marion Revoyre : Le Ciel de Bay city - Catherine Mavrikakis - Sabine Wespieser éditeur, Paris, France - 19/09/2009

Livre noir s'il en est, Le ciel de Bay City est relativement peu racontable.
Il y est question d'une jeune fille, élevée par sa tante et, de façon intermittente, par sa mère qui toutes deux échappèrent à la déportation alors que toute leur famille était exterminée dans les camps nazis.
Emigrées en Amérique, elles ont refoulé cette histoire familiale, laissant leurs enfants dans un flou total.
A partir de cette trame, Catherine Mavrikakis construit le personnage d'Amy dont la vie toute entière ne fait que tourner autour de cette mémoire qui se refuse, parfois l'effleurant à peine, d'autres fois affrontant directement les souvenirs, réels ou inventés jusqu'à créer, dans sa propre vie, des résurgences fantasmatiques.
Le thème du ciel est également présent tout au long du roman. Tel un fil conducteur, il relie, à chaque fois différent, les épisodes de la vie d'Amy.
Portée par le style impeccable de Catherine Mavrikakis, sa langue de québécoise fait merveille, apportant par l'utilisation de très rares mots anglais (toujours en italique) des nuances que chacun devra décrypter.
Le ciel de Bay City est un roman dense, dérangeant et magnifique.


  • Valérie Simonnot : Bonheur fantôme - Anne Percin - Rouergue, Arles, France - 11/09/2009

Pierre s'est exilé à la campagne afin d'écrire une biographie de la peintre Rosa Bonheur. Vivant de peu, il se souvient des différents épisodes de sa vie (et plus particulièrement de sa vie amoureuse) qui l'ont conduit jusqu'à cette «retraite».

Un premier roman simple (et bon comme du bon pain) qui touche par l'humanité et la justesse de ses personnages - et qui a le mérite de faire parler du peintre Rosa Bonheur, une femme artiste à la fabuleuse destinée !

Une citation du héros à méditer, et qui vous résume bien le ton de ce livre : «Le bonheur, même quand il vous est donné d'un coup, il faut se retenir d'en jouir trop vite, il faut en faire de petites provisions pour les jours d'après.»


  • Marion Revoyre : Ce qui était perdu - Catherine O'Flynn - Jacqueline Chambon, Paris, France - 02/07/2009

La première partie de ce roman nous plonge dans l'univers d'une petite fille et c'est avec un talent incroyable que l'auteur nous rappelle toute l'importance que peuvent prendre les petites choses pour un enfant contraint de s'y raccrocher.
Ce talent ne se trouve par la suite jamais pris en défaut : conduite de l'histoire, personnages secondaires, détails apparemment insignifiants, tout est là pour vous accrocher jusqu'à la dernière ligne.


  • Marion Revoyre : L'attente du soir - Tatiana Arfel - Corti, Paris, France - 26/04/2009

Un premier roman d'une maîtrise incroyable, où l'on suit tour à tour, un vieil homme, directeur de cirque, une jeune femme prisonnière de son enfance et un petit garçon, abandonné dans un terrain vague.
Tatiana Arfel, en faisant parler ces trois solitudes, se joue de leur destin avec une tendresse implacable !


Ce récit, magnifiquement écrit, est l'histoire d'une vie.
Une vie qui commence quand l'auteur, jeune étudiante, rencontre André Pieyre de Mandiargues et noue avec lui une relation qui ne se rompra jamais vraiment, même avec la mort de celui-ci.
Sans aucun égard pour la chronologie, l'auteur nous promène dans sa vie, et nous raconte par petites touches comment celle-ci la mène finalement vers la réalisation de son but ultime : l'écriture.


  • Marion Revoyre : La tête en friche - Marie-Sabine Roger - Rouergue, Arles, France - 26/04/2009

De la rencontre d'une vieille dame et d'un homme un peu brut de décoffrage naît une ode à la lecture et à la littérature. Grâce à elles, Germain s'ouvre aux gens, au monde et affûte son regard sur celui-ci.
"La tête en friche" est un roman simple, émouvant, à mettre entre toutes les mains.


  • Valérie Simonnot : Le film - Cypora Petitjean-Cerf - Stock, Paris, France - 25/04/2009

Ruth, institutrice qui déteste ses élèves, se lie d'amitié avec sa voisine ch'ti, Gisèle. Elles décident de monter un film documentaire, intitulé Origines, où elles parlent tour à tour de leur enfance.
Petit à petit, tous leurs proches vont se sentir intrigués par ce projet et vont vouloir y participer : Juan, le mari de Gisèle, madame Havetz, transexuel et galériste, qui habite dans leur immeuble, et aussi Chrissie (la boulangère), ancienne camarade de classe de Gisèle, toujours jalouse d'elle.
Un livre très drôle et très humain, où peu à peu chaque personnage va révéler un pan inconnu de sa personnalité et de son passé : Gisèle et son adoption, Juan et sa sensibilité à fleur de peau, Ruth et son père, juif ultra-laïc et autoritaire...
Une réussite et une vraie bouffée d'humour !


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