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A propos de la librairie : L'ESCALE LITTÉRAIRE


Ses coordonnées

Adresse:
120, boulevard du Montparnasse
75014 PARIS
France

Téléphone : 01 43 20 63 70

Site Internet : http://www.lescalelitteraire.fr



Les coups de cœur de ses libraires

Après "Zoli" (paru en 1018) Colum Mc Cann nous offre, dans un registre différent, un nouveau roman tout aussi profond.

C'est le New York des années 70 que fait revivre ici Colum Mc Cann. Des tranches de vies se succèdent avec un fil conducteur (c'est le cas de le dire) pour le moins original : août 1974. Sur une corde tendue entre les Twin Towers Philippe Petit s'élance, sans aucun système de sécurité et en toute illégalité. Toute la ville en parle, puis rapidement, tout le pays est bouleversé par cet exploit. Va-t-il réussir ? Va-t-il tomber ?

Et eux ? Vont-ils réussir ou bien vont-ils tomber ? Corrigan, un prêtre irlandais, cherche Dieu et éprouve sa foi parmi les laissés pour compte du Bronx ; dans un luxueux appartement de Park Avenue, des mères de soldats disparus au Vietnam se réunissent pour ressusciter leurs fils, ne serait-ce que quelques heures, mais les barrières sociales sont parfois infranchissables... Tillie, une prostituée en prison pour avoir "dépouillé" un client, nous livre son désespoir de n'avoir su protéger sa fille et ses petits-enfants.

La ville et les personnages font corps. Ces histoires, magistralement portées par l'écriture de Colum Mc Cannn, ne pourraient avoir lieu ailleurs.

On ne sort jamais complètement indemne de la lecture d'un roman de Colum Mc Cann, "Et que le vaste monde poursuive sa course folle" ne fait pas exception.


  • Olivier Schittenhelm : Parquet flottant - Samuel Corto - Denoël, Paris, France - 07/07/2009

A la lecture de "Parquet flottant", on comprend pourquoi l'auteur, ancien substitut du procureur, a choisi d'écrire sous un pseudonyme !

Grinçant dès les premières pages, ce roman, très documenté sur le fonctionnement du parquet, ressemble plus à un pamphlet sur la face cachée de la justice française. Samuel Corto, sans doute inspiré par Desproges, s'en donne à coeur joie pour notre plus grand plaisir. Entre sa collègue qui "sent le poisson", qu'il emmènera royalement dîner dans un fast food avant de lui proposer la banquette arrière de sa vieille voiture, ses supérieurs hiérarchiques dont il se moque frontalement et effrontément, ses collègues avides de satisfaire les directives de la chancellerie avec des chiffres et des condamnations en séries, même pour des délits plus que mineurs, chacun en prend ici pour son grade.

Etienne Lanos (Samuel Corto ?), organise sa survie dans le milieu hostile des procureurs de la République. Ses impertinences, ses comportements d'ancien avocat qui le pousse à prendre instinctivement et ouvertement la défense des prévenus lors des audiences, son priapisme à peine dissimulé, lui valent la méfiance et une certaine forme de respect de son entourage professionnel. Il ira même jusqu'à organiser une fête au tribunal, pour laquelle il confectionnera quelques mets plutôt singuliers, à base de substances entreposées au Palais de Justice, dont, après tout, personne ne faisait rien !

L'auteur a choisi de dénoncer habilement et toujours avec humour une justice qu"il trouve plus que désuète et inadaptée à la société moderne. Un livre drôle et instructif.


  • Anne Guyot : Cette vie - Karel Schoeman - Phébus, Paris, France - 07/07/2009

Voulez vous vivre dans la rudesse du climat de l'Afrique du sud ? nous y sommes, la rudesse des êtres, la rudesse des émotions, la rudesse des souvenirs.
Ce livre ne dénonce pas l'apartheid, ce n'est pas du tout le sujet. Mais, nous pénétrons au fond des fermes et au fond des coeurs.
La narratrice, une vieille femme qui va mourir, se souvient. Mais les souvenirs ne sont pas toujours francs, sans heurts ni sans détours.
Cependant, en les faisant remonter à la surface de sa mémoire, cette femme qui a toujours été silencieuse et dans l'attente de sa vie, fait revivre les drames et les secrets de sa famille.
Un très beau livre où l'Afrique du sud se fait sentir jusque dans les pores de la peau des êtres, de ces êtres faits pour qu'on les oublie.


Stéphanie Hochet l'écrit en préambule, elle n'est spécialiste ni des lieux (le sud «profond» et puritain des Etats-Unis) ni de l'époque (début du XXème siècle). Et pourtant, elle nous offre avec «Combat de l'amour et de la faim» un magnifique roman, à dévorer sans modération.

Le jeune Marie (sa mère Lula aimait La Fayette, d'où son prénom) doit suivre sa mère de meublé pourri en hôtels infects, à travers le sud des Etats-Unis, au gré des rencontres masculines qu'elle fait, en quête d'un mari, d'une «situation» acquise par les «liens sacrés du mariage», «LLSM» comme il dit. Cette recherche de la respectabilité cesse lorsque Lula épouse un révérend, veuf et entouré de ses enfants. Marie va se retrouver avec un «demi-frère» qu'il déteste et qui le lui rend bien, et une «demi-soeur» Heather dont il va tomber amoureux. Accusé à tort d'avoir mis Heather enceinte, lâché par sa mère il va se retrouver seul, errant et surtout affamé. Commence alors un combat entre l'amour et la faim : «L'amour qui hurle, la faim qui harcèle : deux forces égales et contraires poussées l'une contre l'autre.»

Il trahira sa femme, May, dévorera April, volera June. Tiraillé entre combler sa faim et son désir d'aimer et d'être aimé Marie Shortfellow ne trouveras pas le repos, ni du corps ni de l'âme.

Dans ce texte aux accents oedipiens, Marie n'est ni pire ni meilleur que celles qu'il va dépouiller. Il lutte pour sa survie, sur fond de crise économique et de haine ségrégationniste. Il devient un homme révolté, emplit de violence, à cause des injustices qu'il a subies.

Stéphanie Hochet nous livre les désirs et les pulsions d'un homme qui n'a plus rien à perdre. Avec une plume parfaite, elle nous plonge dans ce récit dont on ne peut sortir complètement indemne.

Extrait : «Le quartier de la Nouvelle-Orléans où j'ai grandi avec ma mère est le sanctuaire de mes plus belles années. C'était il y a longtemps, mais, si je ferme les yeux, les détails de notre existence m'apparaissent avec netteté. Les rais de lumières prennent la forme de gigantesques élytres, apparitions phosphènes, souvenirs des insectes partageant les lieux avec nous.»


  • Olivier Schittenhelm : Un hiver avec Baudelaire - Harold Cobert - Ed. Héloïse d'Ormesson, Paris, France - 15/06/2009

On se dit d'abord que le thème a été traité, retraité, réchauffé. En ces temps troubles, ce n'est pas forcément le genre d'histoires que l'on a envie de lire... Il s'avère pourtant qu'"Un hiver avec Baudelaire" traite magnifiquement de l'exclusion, de cette fameuse "spirale" qui peut précipiter chacun d'entre nous, un jour, à la rue.

Le froid, la faim, la honte, tous ces thèmes sont traités par Harold Cobert, sans jamais tomber dans le "pathos" mais avec poésie, avec humour souvent, avec tendresse, toujours.

Il y a ces regards échangés entre Philippe, qui vient de divorcer, qui perd son CDD, qui ne peut plus voir sa fille et tous ces personnages qu'il rencontre. Ces regards qui en disent long... Quant aux mots, tout est dit sans tabou, mais jamais grossièrement.

Il y a Baudelaire aussi, le meilleur ami de cet homme qui a tout perdu. Tout, sauf sa dignité, son amour-propre et son intégrité. Au bout de cette histoire, il y a aussi l'espoir, et l'on ne peut que refermer ce livre avec un sourire.


  • Olivier Schittenhelm : Les fables de sang - Arnaud Delalande - Grasset, Paris, France - 13/06/2009

Nous sommes à Versailles en 1774.
Louis XV vient de mourir et le sacre de Louis XVI, à Reims, approche. A ce moment là, une série de meurtres est commise par le fabuliste. Ce dernier tue ses victimes selon un mode opératoire exigeant qui consiste à mettre en scène certaines fables de La Fontaine. Les victimes choisies ont toutes un lien avec le secret du roi, diplomatie parallèle en vigueur sous Louis XV, et dirigé à cette époque par le comte de Broglie. Au fil de l'histoire, on retrouve les personnages du chevalier d'éon, de Vergenne, de Beaumarchais, tous agents du secret. L'enquête est alors confiée au vénitien Pietro Viravolta, enquêteur et héros du livre précédent " le piège de Dante", dit "l'orchidée noire". Viravolta devra déjouer un complot visant Marie-Antoinette, la jeune autrichienne.
Ce thriller se déroule comme une symphonie, on a d'ailleurs l'impression qu'il a été écrit en musique. C'est un mouvement musical donné à la fois par le rythme des meurtres et à la fois par une description précise de la décadence et de la splendeur de Versailles, que ce soit à la cour du roi, dans les jardins, dans le labyrinthe ou à travers le Paris du XVIIIe Siècle. Enfin, l'histoire se termine en apothéose.


  • Olivier Schittenhelm : Darling Jim - Christian Mork - Serpent à Plumes, Monaco, France - 01/06/2009

Pour un danois vivant à Brooklin, Christian Mork décrit plutôt bien l'atmosphère qui règne dans les pubs de campagne irlandais les soirs de contes traditionnels. Ce polar de très bonne facture jongle en effet entre folklore et modernité, mêlant un compteur machiavélique et charmeur aux destins de jeunes femmes qui n'ont pas su/pu lui résister. Le rythme est soutenu et même si la trame reste somme toute classique, on se laisse prendre au jeu de ce conte pour adultes. La déception vient en revanche de la traduction, avec des tournures idiomatiques traduites "au couteau" et un ton parfois étrange, dont on peut se demander s'il est né de la volonté de l'auteur. C'est dommage.


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