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Les coups de cœur de ses libraires

  • Aurélie Sandon : The Whites - Richard Price - Presses de la Cité, Paris, France - 11/05/2016

New York est le pivot de l'oeuvre de Richard Price, qu'il écrive des scénarios pour Martin Scorcese ou Spike Lee ou des romans policiers. Tout le ramène toujours à sa ville.
C'est encore le cas avec son dernier opus "The Whites".
Bill Graves était un jeune flic prometteur dans les années 90. Mais une bavure l'a expédié dans un service de nuit du NYPD. Ses coéquipiers de l'époque ont eu aussi pris des chemins de traverse : magnat des taudis rachetés une misère et loués à prix d'or, chef de services de sécurités privés, entrepreneur de pompes funèbres ou encore concierge, aucun n'est resté dans la police.
Mais chacun d'eux traine derrière lui un "White", un criminel qui est parvenu à passer à travers les mailles du filet grâce à un tour de passe-passe procédural, malgré son évidente culpabilité, qui s'en est sorti blanc comme neige.
Chacun à leur manière, ils sont rongés par ce dossier jamais refermé.
Un matin, en fin de service, Billy est appelé sur une scène de crime. Le White d'un de ses anciens coéquipiers a été poignardé. Pas d'arme du crime, pas de témoin, des vidéos de surveillance inexploitables, bref, pas de piste.
Mais ce meurtre lance immédiatement Billy sur la trace des Whites restants. Quelqu'un serait-il en train de régler ses comptes ? L'un de ses anciens coéquipiers se serait-il lassé d'attendre que la justice fasse son travail ?
Pas facile pour Billy, d'autant qu'un inconnu semble avoir pris pour cible sa famille et que son père atteint d'Alzheimer, devient difficilement contrôlable...
De Brooklyn à Yonkers, des taudis aux services d'urgences, des écoles privées bon teint aux repaires de trafiquants, Richard Price nous offre une plongée dans cette ville toujours en éveil, tentaculaire, impitoyable et véreuse.


  • Aurélie Sandon : Avec tes yeux - Sire Cédric - Presses de la Cité, Paris, France - 06/05/2016

J'ai eu la chance de rencontrer Sire Cédric à l'occasion du Quais du Polar début avril. Et après la lecture de son petit dernier "Avec tes yeux", je peux vous dire que non seulement c'est un garçon sympa et cultivé mais qu'en plus, il sait y faire pour vous balader jusqu'à la dernière page de ses romans.
"Avec tes yeux", c'est un cauchemar éveillé. Celui de Thomas qui, suite à une séance d'hypnose sensée le guérir de ses insomnies, voir à travers les yeux d'un tueur particulièrement sadique qui torture ses victimes avant de leur arracher les yeux.
Et pour compliquer un peu les choses, la police est persuadée que Thomas est l'assassin.
Que faire ? Qui va le croire ? Comment faire comprendre à la jeune gendarme lancée à ses trousses qu'il n'y est pour rien et que le tueur, conscient du lien entre eux, cherche à l'éliminer lui aussi ?
Son salut viendra-t-il de Fox, jeune pirate informatique obnubilée par les théories du complot et qui semble la seule à croire à son histoire.
Mais les apparences sont trompeuses et le passé de Thomas s'invite dans cet interminable cauchemar.
De quoi frissonner jusqu'à la toute dernière page !
Le style de Sire Cédric est d'une efficacité redoutable : des phrases au présent, courtes, parfois sans verbe. C'est nerveux et efficace. Dès le premier chapitre, on est happé et on bascule dans l'horreur. On écarquille les yeux d'étonnement, puis de dégoût, on a envie de les fermer et de les cacher, comme un enfant devant un film qui fait peur mais impossible de lâcher le roman et de ne pas lire une page ou un chapitre de plus. Et quand on croit que le cauchemar est terminé...
De quoi faire palpiter votre coeur de lecteur et vous donner quelques sueurs froides.


Alper a cinq ans. Plutôt que de perdre son temps à la maternelle, il préfère rester chez lui pour étudier seul et écouter Chostakovitch. Mais ce qu'il préfère par-dessus tout, c'est utiliser ses prodigieuses facultés intellectuelles pour tenter de comprendre les rapports névrotiques de ses parents, traîner dans son quartier avec des petits voyous et saisir le sens de la vie.
Ça tombe bien, son oncle Nebi Bey a succombé à une attaque et les photos qu'il laisse derrière lui sont pour le moins énigmatiques.
Mais surtout, ce qui le tracasse, c'est qu'Ümit, son nouveau voisin, s'accuse d'avoir tué son petit frère handicapé. Alper va donc mettre le nez dans les affaires d'une famille plutôt étrange, entre Ümit qui semble avoir des penchants sadiques, sa mère atteinte du syndrome de Münchhausen, ses soeurs presque mutiques, des pigeons récalcitrants et son oncle relativement menaçant.
Voilà qui va donner bien du fil à retordre à notre Sherlock Holmes turc en culottes courtes. D'autant que ses rapports avec les femmes commencent à se compliquer.
Pauvre Alper. Si jeune, si intelligent, si désabusé et pourtant prêt à risquer sa vie pour faire éclater la vérité...
Avec une écriture riche et jubilatoire, Alper Canigüz nous offre cette fois encore un petit bijou de roman policier agréablement mélancolique, drôle et futé. On a hâte de retrouver son héros pour un troisième tome.


Quand Caton écrivait des recettes de cheese-cake !

Vous ne le saviez peut-être pas mais le sévère, le très sérieux Caton, entre deux plans de bataille, écrivait des recettes de cuisine, notamment de cheese-cake à la ricotta.
C'est ce qu'Eva Cantarella, éminente spécialiste de l'Antiquité nous raconte dans son ouvrage «Le cheese-cake de Caton et autres histoires romaines.
Depuis deux ans, elle écrit, en plus de ses ouvrages, une rubrique dans la page Vanitas du Corriere Della Serra, consacrée à la vie quotidienne des Romains et des Grecs. Ce sont ces courts textes qui sont rassemblés aujourd'hui dans ce livre délicieusement érudit, gentiment impertinent et accessible à tous, même aux néophytes de la culture antique.
Sexe, cuisine, fêtes, superstitions, travail, mariage, loisirs, mode, justice ou encore mythologie, Eva Cantarella explore le quotidien d'un peuple à la fois très différent et pourtant plus proche de nous qu'on ne l'imagine.
Où l'austère Caton rédige donc des recettes de cheese-cake, où Cicéron avaient bien plus d'humour et d'autodérision qu'on ne le pense, où Jules César tente sans succès de camoufler sa calvitie.
On y découvre que les romains fréquentaient assidument les librairies et les bibliothèques, que les politiciens grecs devaient justifier du paiement de leur impôts pour pouvoir exercer leurs fonctions, que les femmes romaines étaient capables de défier le pouvoir politique patriarcal en descendant dans la rue ou bien encore que les enfants romains jouaient à la poupée, aux cerceaux et aux petits chevaux et que lire des vers d'Homère est bon pour le rythme cardiaque.

«Le cheese-cake de Caton et autres histoires romaines» est un livre passionnant, fort bien écrit, érudit sans jamais être ennuyeux ou pesant. De quoi s'intéresser à l'Histoire avec un oeil neuf.


Quand partir n'est pas un choix...

En devenant illustratrice, Francesca Sanna voulait mettre des images sur des histoires vraies. Avec «Partir Au-delà des frontières», elle explore avec beauté et sensibilité l ?exil et la migration vers l'inconnu d'un monde nouveau.

A travers l'histoire somptueusement illustrée et poignante de ces deux enfants qui ont vu la guerre s'abattre comme un voile noir sur leur pays puis leur enlever leur père avant de les forcer à tout quitter pour se lancer avec leur maman dans un long et dangereux voyage, Françoise Sanna explique l'émigration aux enfants et rappelle aux grands que laisser son pays derrière soi, passer des frontières clandestinement, risquer sa vie en mer, souffrir du froid et de la faim, se cacher et ne jamais perdre espoir est le drame quotidien de tous ceux qui cherchent simplement un endroit où vivre en paix.

«Partir Au-delà des frontières» est un album sublime, à mettre aussi bien dans les mains des petits que celles des grands.


Pour la première fois, et grâce aux Éditions Rivages, le roman culte de Jim Thompson "Pottsville, 1280 habitants" est traduit dans son intégralité en français.
Pour ceux qui ne connaissent pas Jim Thompson, laissez-moi vous en dire plus sur lui : né en 1906, fils d'un shérif de l'Oklahoma, il a écrit plus de trente romans pendant les années 40 et 50. Onze de ses romans seront adaptés au cinéma et il sera scénariste de "L'ultime razzia" et des "Sentiers de la gloire" pour Stanley Kubrick. Il est mort en 1977 à Los Angeles.
"Pottsville, 1280 habitants", c'est l'histoire de Nick Corey. Nous sommes au début du XXe siècle et Nick, shérif lourdaud, pas bien fûté et plutôt fainéant, fait son possible pour ne pas trop se fatiguer. Notamment en évitant de se mêler des affaires de ses administrés ou de les contrarier en appliquant la loi...
Seulement voilà, les élections approchent, Nick n'est pas certain d'être réélu et il commence à en avoir marre de ses confrères qui le prennent pour un idiot, des notables de Pottsville qui le rabrouent, de ses concitoyens qui se payent ouvertement sa fiole et de sa femme qui lui plante des cornes sur le front.
Alors Nick entreprend de faire le ménage. A sa façon. Brutale, tordue, perverse et retorse. Et il s'avère que l'insignifiant shérif est bien plus malin qu'on ne le pense...
Un petit bijou de roman noir qui sent le mauvais whisky et la poussière...


  • Aurélie Sandon : Les temps sauvages - Ian Manook - Le livre de poche, Paris, France - 23/04/2016

Avec seulement deux romans, Ian Manook s'est imposé comme un des très bons auteurs de polar français.
Avec "Les temps sauvages", il retrouve son héros Yeruldelgger et la Mongolie.
Mais attention, on est loin de la carte postale pour touristes avec la yourte plantée au milieu de la plaine !
En plein hiver, c'est une enquête complexe qui s'annonce. D'Oulan-Bator au Havre, en passant pas Krasnokamensk, la ville interdite de Russie et Mardaï, la ville fantôme au nord de la Mongolie, Yeruldelgger va devoir composer avec des meurtres pour certains vieux de dix ans, la corruption endémique, les services secrets, l'ambition politique, un trafic d'enfants, un ex-épouse qui a sombré dans la folie, une fille rebelle à toute autorité, une femelle yak et un alpiniste tombés du ciel, une meute de plusieurs centaines de loups, des commandos et une partenaire amoureuse de la mauvaise personne.
Tout cela ne serait presque que la routine pour le plus taciturne des flics mongols si un fantôme n'avait pas surgi de son propre passé.
C'est sombre, brutal, violent, compliqué, sale et parfois troublant de beauté et de poésie, à l'image de ce pays tiraillé entre tradition et modernité, coincé à l'ombre des géants voraces russes et chinois, qui fantasme parfois son passé mais peine à s'inventer un avenir.


Que faire quand un lointain cousin américain que vous le connaissez ni d'Ève ni d'Adam vous lègue une confortable fortune et sa maison ?
A. Wells n'hésite pas. Il débarque donc à Axton House avec Niamh, son amie irlandaise et muette.
Mais très vite, l'aventure prend une tournure sinistre : Ambrose Wells, son cousin, s'est défenestré le jour de ses cinquante ans, exactement comme son père avant lui et le majordome a plié bagage sans laisser d'adresse. A., lui, est en proie à des cauchemars terriblement réalistes qui le laissent épuisé et lui provoquent de spectaculaires hémorragies oculaires. Il découvre aussi le sombre passé du domaine d'Axton, bâti par un esclavagiste brutal. Et surtout, il tente de comprendre les activités d'Ambrose Wells, liées semble-t-il à une réunion annuelle qui doit se tenir à Axton la nuit du solstice d'hiver.
Que se passe-t-il dans cette maison ? Qu'est-ce qui provoque les cauchemars du dernier héritier des Wells ? Que doit-il se passer au coeur du labyrinthe de buis, dans les jardins, lors du solstice ? Qui sont les membres de la mystérieuse société dirigée par Ambrose et qu'il affublait de l'innocent qualificatif de "passe-temps bourgeois" ?
"Le monde caché d'Axton House" est le premier roman d'un jeune auteur espagnol, Edgar Cantero. Bâti à partir de lettres, de journaux intimes, de carnets de notes, de télégrammes, de faxes, d'articles de journaux, de factures, de retranscriptions de conversations et de bandes de vidéo-surveillance, de dossiers médicaux et même de cartes postales, la structure même du roman ne peut que rappeler celle d'un classique du genre, "Dracula" de Stoker.
On notera aussi des références à Lovecraft, à Tolkien et à Poe dans l'atmosphère, le rôle prépondérant des rêves et le décor presque victorien.
Voilà un roman fantastique qu'il est difficile de refermer avant la dernière page, une fois qu'on a plongé dans cet univers digne des premiers classiques du genre et pourtant débarrassé du tous les clichés qu'on pourrait s'attendre à y trouver, au profit d'une intrigue originale et totalement inattendue.


Il y eu jusqu'au début du XIVe siècle un monastère sur l'île de Grelonges, au milieu de la Saône, face à Fareins. Situé à la frontière du royaume de France et du Saint Empire, il fut le refuge de moniales (veuves, filles et soeurs de Croisés) jusqu'à ce que les crues de la Saône submergent définitivement l'île.
C'est de là que part l'audacieux roman de Damien Corban.
Entremêlant deux voix et deux destins, celui d'Eulalie, la moniale du XIIIe siècle, et celui de Grégoire, le professeur de Philosophie du XXIe, il bâtit un roman original, d'une subtile érudition, qui se veut également un appel au recul, à la spiritualité et à l'amour de l'Histoire.
Une petite perle qui mérite d'être découverte sans tarder !


  • Aurélie Sandon : La terre des Wilson - Lionel Salaün - Liana Levi, Paris, France - 14/04/2016

Il y a d'abord cette terre de l'Oklahoma, aride, ravagée par plusieurs années de sécheresse et par des tornades. Il y a cette poignée de fermes du bout du monde où, en dépit du manque d'eau et de moyens, quelques hommes aussi durs que la terre dont ils parviennent à peine à tirer leur subsistance, tentent de survivre.
Il y a aussi la Grande Dépression de 1929 dont les effets continuent de se faire sentir et la Prohibition, pas encore abolie dans cet État.
Mais surtout, il y a Dick Wilson, qui a fui cette terre maudite alors qu'il n'était qu'un enfant et qui revient, quinze longues années plus tard, habillé comme un prince, au volant d'une superbe voiture.
Nous sommes en 1935.
Qu'est-ce que Dick Wilson vient chercher sur ces terres ingrates, noyées de chaleur et de poussière ? De l'or noir, dont la rumeur dit qu'il pourrait jaillir de la prairie ? L'or jaune de la Prohibition, cet alcool de contrebande qui coule à flot dans tous les speakeasy ? A moins qu'il ne vienne retrouver Annie Mae, son amour de jeunesse, maintenant mariée au vieux Samuel Wilson ?
Ou bien est-ce une revanche que Dick veut absolument prendre ? Sur ces terres ingrates, sur la sécheresse, sur la pauvreté ou sur ce père violent qui l'a poussé à fuir ?
"La terre des Wilson est le troisième roman de Lionel Salaün. C'est le récit puissant, âpre et féroce de l'Amérique profonde, mise à genoux par la crise de 29, la sécheresse et la surexploitation des terres, où seule la fraternité offre une lueur d'espoir. Magnifique !


  • Aurélie Sandon : Le chant des dunes - John Connolly - Presses de la Cité, Paris, France - 14/04/2016

C'est un fait : le polar ne souffre pas la médiocrité. Encore moins quand il intègre un aspect fantastique.
On peut dire que John Connolly maîtrise le genre à merveille. Le 14e volet des enquêtes de Charlie Parker est irréprochable.
Il faut dire que l'auteur sait mélanger les bons ingrédients : un héros en convalescence, mal en point physiquement et moralement, un noyé sur une plage du Maine, une voisine qui s'évertue à dissimuler un secret, une famille entière massacrée, un ado en cavale et quelques vieux messieurs d'apparence inoffensive soupçonnés d'être d'anciens nazis.
Secouez un peu, ajoutez le talent et l'imagination de John Connolly et vous obtenez un polar complexe et parfaitement construit, mâtiné de fantastique et de suspens ; qui se dévore jusqu'à la dernière page et le dernier retournement de situation.
De quoi plonger dans les tréfonds que quelques âmes torturées avec style et poésie.


Lorsque Léon Tolstoï écrivit "Anna Karénine", il choisit comme incipit : "Toutes les familles heureuses se ressemblent. Chaque famille malheureuse, au contraire, l'est à sa façon." C'est ces deux petites phrases que j'ai eu en tête pendant la lecture du premier roman de Bret Anthony Johnston "Souviens-toi de moi comme ça".
Avec une écriture d'une précision chirurgicale, il explore les failles d'une famille moyenne du sud du Texas dont le fils aîné, Justin, a disparu pendant quatre ans.
Pour tenir bon face aux hypothèses les plus terrifiantes (fugue, kidnapping, meurtre ou accident), pour ne pas laisser la cellule familiale imploser, le père de Justin, Eric, a pris une maitresse ; sa femme, Laura, est devenue bénévole dans un centre qui recueille des dauphins et son frère cadet, Griff, passes ses journées à faire du skate dans la piscine vide d'un motel en cours de démolition.
Soudain, Justin leur est rendu et son kidnappeur arrêté.
Mais au lieu de redonner un équilibre à la famille, de la ressouder, son retour achèvera de la décomposer.
Culpabilité, remords, incompréhension, poids d'un système juridique qui semble parfois défaillant, rêves de vengeance, volonté d'indépendance, envie de faire justice soi-même, silences embarrassants et embarrassés, peur et dégoût en découvrant ce que Justin a subi pendant quatre longues années et surtout choc violent en découvrant qu'il n'était retenu qu'à quelques kilomètres de chez lui ; tout cela se répercute de manière différente chez chacun des membres de la famille.
Ils plongent dans un gouffre dont il sera bien difficile de ressortir indemne pour aller de l'avant et se construire un avenir. Et lorsque le kidnappeur de Justin est libéré sous caution, la peur commence sournoisement à s'insinuer dans leurs vies.
Bret Anthony Johnston est sans le moindre doute un écrivain prometteur sur qui il faudra garder un oeil. Hollywood ne s'y est d'ailleurs pas trompé puisque "Souviens-toi de moi comme ça" sera prochainement adapté au cinéma.


Le polar se met au vert !
Genre littéraire urbain par excellence, le polar quitte depuis quelques années la ville qui l'a vu naitre et lui a donné ses lettres de noblesse.
Car l'intrigue policière aime aussi la campagne et sait s'y déployer avec bonheur.
C'est ce qu'a compris Alfred Lenglet avec sa série "Les enquêtes de Léa Ribaucourt", dont le deuxième volet, "Jeux mortels en hiver", est paru récemment.
Tout commence avec un jeune dealer abattu au fusil de chasse dans un bois. On pense tout de suite à un règlement de comptes entre trafiquants ou à une rixe qui aurait mal tourné avec les Roms d'un camp voisin. Ce qui permettrait de vite boucler le dossier.
Mais Léa ne partage pas l'avis de sa hiérarchie et n'aime pas les enquêtes bâclées. Un indice la perturbe : le chiffre 4 tracé dans la boue par la victime agonisante.
Aux prises avec une affaire plus complexe qu'il n'y parait, Léa devra aussi tenir bon face aux aléas de sa vie privée. Heureusement, elle sait pouvoir compter sur son équipe et son fidèle adjoint, Aurel.
Avec le réalisme qui caractérise ses polars (il est lui-même commissaire divisionnaire) Alfred Lenglet fait évoluer son attachante héroïne qu'on a déjà hâte de retrouver pour une prochaine enquête.
Vous pourrez rencontrer Alfred Lenglet ce weekend au Quais du Polar à Lyon et il sera en dédicace à la librairie samedi 16 avril, de 10h à 12h.


Dans un vieux quartier de Pékin épargné par la pression immobilière vivent la petite Yu'er et son grand-père Doubao, facteur à la retraite et conteur attitré du quartier.
"Les contes de la ruelle", c'est une bande-dessinée magnifique, qui déploie les douces couleurs de ses aquarelles et nous emporte dans un monde fait de nostalgie, de petits bonheurs et de gaieté.
Nie Jun sait raconter de belles histoires pleines de tendresse et de poésie, un régal pour les yeux et le cOEur !


  • Aurélie Sandon : Jours de miel - Eshkol Nevo - Gallimard, Paris, France - 30/03/2016

Eshkol Nevo est un magicien. D'une histoire en apparence banale, il tire un conte philosophique plein de tendresse et d'humour.
Tout aurait pu se passer très simplement : un riche américain, Jeremiah Mendelstrum, décide, en mémoire de feue son épouse, de faire un don substantiel à la Ville des Justes, en Gallilée, afin que la municipalité édifie un mikvé, un bain rituel.
Mais ce cadeau embarrasse le maire : la ville regorge déjà de mikvés et il ne sait pas trop où bâtir celui-ci. Il opte finalement pour un terrain vague dans le quartier surnommé Sibérie en raison de sa population composée exclusivement de juifs russe fraichement débarqués qui eux, réclament la construction d'un club d'échecs.
Ce projet va bouleverser bien des existences. D'abord celle d'Anton qui a quitté la Russie et a suivi Katia en Israël car elle souhaitait se rapprocher de son petit-fils. Ils vivent dans le quartier Sibérie et ne parlent pas un mot d'hébreu.
Celle de Yona, la professeure de clarinette, celle de Naïm, jeune arabe israélien chargé du chantier et surtout celle d'Ayélet et de Moché, tous deux anciens kibboutzniks arrivés dans la Ville des Justes poussés par leur retour à la religion mais dévorés par une passion qui couve sous la cendre de la bigoterie.
Les personnages d'Eshkol Nevo révèlent les contradictions de la société israélienne et les multiples facettes du judaïsme. Ils se cherchent, se fuient, se retrouvent ou se perdent, luttent contre le poids des habitudes, des traditions, du qu'en dira-t-on, des préjugés et de la superstition, s'égarent dans différents courants religieux ou tentent simplement de s'adapter à un pays qui leur est inconnu.
Avec une verve joyeuse et une bonne dose de truculence, ces destins se précipitent dans une quête émaillée de malentendus et de joyeuse confusion où il est question d'espionnage militaire, de miracles, d'élections, d'ornithologie, de deuil, de musique, de premières amours, de voyage au Costa Rica ou en Inde et surtout de choix et de regrets.
Auront-ils droit à ces "jours de miel", ce cadeau que la vie nous offre parfois "quand deux êtres humains se rencontrent au bon moment et se transforment en un lieu, un lieu authentique, chacun pour l'autre" ?
"Jours de miel" porte en lui la douceur des instants de bonheur fugace qui succèdent aux doutes et aux erreurs et redonne un peu foi en l'humain.


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