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Les coups de cœur de ses libraires

Casquette ? Non, Casque d'O !
En 1878 nait Amélie Elie à Orléans. Surnommée Casquette, Lilie ou Mélie, elle deviendra dans les colonnes des journaux Casque d'Or !
C'est pour elle, devenue prostituée, que se déclenche une véritable guerre des gangs en plein Paris. La presse en fera ses choux gras, fantasmant sur la violence des voyous des barrières. Après un procès retentissant, les deux prétendants sont expédiés au bagne d'où ils ne reviendront pas.
Et le cinéma immortalisera Casque d'Or plus tard sous les traits de Simone Signoret.
Pour l'auteur du livre, Alexandre Dupouy, tout commence en 1995 lorsqu'il tombe par hasard dans un vide-grenier sur des centaines de lettres envoyées à François Leca, le prétendant d'Amélie victime de l'attaque du fiacre. Elles viennent d'Amélie, de sa rivale Louise, de sa famille, de ses amis, de son avocat et du journaliste et homme de lettres Henry Frémont, rédacteur des «Mémoires de Casque d'Or».
Sur la base de cette abondante correspondance, Alexandre Dupouy a effectué un incroyable et minutieux travail de recherche. Agrémenté de centaines d'illustrations, couvertures de journaux, copies de documents officiels, livrets de chansons, tableaux, gravures, dessins, photographies et cartes postales. Il fait revivre ce Paris si dur et si cruel de la Belle-Époque, celui des Apaches, des Marlous, des Gigolettes, des Belles de Nuit, des maraudeurs des fortifs, des bourgeois qui s'encanaillent dans les bordels de luxe et des filles malchanceuses qui finissent dans les maisons d'abattage, des voyous au coup de couteau facile avec pour destination finale le bagne de Guyane dont on ne revient pas.
Cependant, il ne se contente pas de nous raconter un simple fait divers comme Paris en a tant connu à l'époque. Il l'insère dans son contexte historique, économique, social et politique. Car un tel fait divers qui engendre un procès retentissant ne jaillit pas ex nihilo. C'est le fruit d'une situation qui pourrit lentement depuis des décennies et dont les remugles finissent par exaspérer la bourgeoisie au pouvoir. On tolère la prostitution comme un élément à part entière de la vie sociale et bourgeoise au XIXe mais hors de question d'avoir à la subir au grand jour ou pire, à en supporter les débordements, c'est-à-dire les règlements de comptes entre proxénètes.
Grâce à La Manufacture de Livres, c'est tout un monde qui renait grâce au travail d'Alexandre Dupouy. Un livre indispensable pour comprendre la Belle Époque et qui fait écho à l'exposition qui se tient actuellement au Musée d'Orsay «Splendeurs et misères, Images de la Prostitution, 1850-1910»


Pourquoi faudrait-il rester à sa place ?
Vous connaissez Margery Sharp sans le savoir. Née en 1905 en Angleterre, cette jeune femme de bonne famille, à l'imagination fertile, a très vite manifesté un grand amour pour la littérature.
Auteur culte en Angleterre, elle reste peu connue en France alors que l'une des ses oeuvres pour enfants a pourtant été adaptée par les studios Disney en 1977 sous le titre "Les Aventures de Bernard et Bianca".
Roman culte outre-Manche, paru en France chez Julliard en 1946 et indisponible depuis, adapté au cinéma par Ernst Lubitsch, "Les Aventures de Cluny Brown" est enfin réédité par Belfond dans leur collection Vintage.
Sous des dehors de comédie de moeurs délicieuse sur l'émancipation des femmes, critique espiègle de l'Angleterre des années 30 engoncée dans son carcan moral, "Les Aventures de Cluny Brown" met en scène une jeune femme de chambre fantasque, considérée de l'avis général comme laide, et surtout parfaitement incapable de rester à sa place. Du moins à la place que son entourage lui attribue.
Il faudra la rencontre d'un couple d'aristocrates campagnards, de leur fils désoeuvré et vaguement amoureux, d'un colonel en retraite et de son chien, d'un pharmacien réfugié dans les jupons maternels et d'un écrivain polonais fuyant les nazis pour la pousser à faire fi de toutes les conventions.
Ce roman est un authentique concentré d'impertinence et d'humour, dans lequel Margery Sharp, en dépit de son image d'épouse rangée, assène avec joyeuseté ses idées de femme engagée, de féministe digne héritière des suffragettes.
Un formidable roman bien plus profond qu'il n'y parait, à découvrir d'urgence !


«L'oiseau du bon dieu», c'est l'histoire d'Henry Shackleford. Nous sommes en 1856. Henry à douze ans. Il est noir. Il est esclave, comme son père.
Un beau jour, sa route croise bien involontairement celle de John Brown, le légendaire abolitionniste, et sa bande de renégats, plus brigands que soldats.
Henry se retrouve en quelques secondes orphelin et libre bien malgré lui. John Brown l'illuminé l'embarque à sa suite et le prend pour une fille.
Voilà donc Henry affublé d'un bonnet et d'une robe. Il sera bringuebalé des forêts où campent les révoltés aux salons des philanthropes sur la côte Est en passant par les bordels de l'Ouest pendant plusieurs années.
Et la vie n'est pas toujours simple pour Henry. Se faire passer pour une fille, survivre aux hivers glaciaux dans la plaine, au manque de nourriture, au danger quasi permanent, tout cela requiert de la jugeote et de la chance.
Il traversera les heures les plus marquantes du XIXe siècle américain, jusqu'à la prise de l'arsenal de Harpers Ferry par John Brown et sa bande, qui déclencha la Guerre de Sécession.
L'histoire d'Henry, c'est avant tout une page d'Histoire, la grande, mais vue par la petite porte. C'est le récit d'un héros méconnu et décrié. C'est un roman foisonnant, passionnant, plein de verve et d'humour féroce. C'est un récit grandiose, inventif et à la fois désopilant que n'aurait sans doute pas renié Mark Twain. On pense forcément aux grandes heures de la littérature américaine du XIXe siècle en lisant cette épopée.
Cet incroyable roman, qui se double d'une profonde réflexion sur le sens de la liberté, on le doit à James McBride. Il est né en 1957. Écrivain, scénariste et musicien de jazz, il a publié une autobiographie en 1995, qui est déjà devenue un classique de la littérature américaine. Il a reçu le prestigieux National Book Award pour «L'oiseau du bon dieu» en 2013.


Le dernier des Estoniens...
En 2007 paraissait en Estonie un roman incroyable, écrit par l'un des écrivains les plus connus et prolifiques du pays, Andrus Kivirahk.
En mai 2015, ce roman a enfin été traduit en français grâce aux éditions du Tripode.
Par où commencer pour parler de «L'homme qui savait la langue des serpents» ?
Estonie, XIIIe siècle. Le pays se christianise sous les coups de butoir des croisés allemands (ancêtres des Chevaliers Teutoniques). Les estoniens sortent de la forêt et découvrent la vie moderne. Oui, mais à quel prix ?
C'est la question qui agite et hante le jeune Leemet. Sous l'impulsion de son père, ses parents avaient quitté la forêt et s'étaient installé au village. Leemet y est né. Après la mort de son père, décapité par l'ours avec lequel le trompait sa mère, il est revenu vivre dans la forêt avec cette dernière et sa soeur.
Mais ils sont les derniers. Tous les autres habitants de la forêt sont partis petit à petit pour le village. Ils sont devenus des paysans, des serfs écrasés par l'autorité de la noblesse allemande et du clergé. Ils ont oublié leur langue, leurs traditions et tout le savoir botanique lié à la forêt.
Il ne reste que Leemet et sa famille, la jeune Hiie et ses parents fanatiques de l'ancienne religion païenne, sans cesse prêts à sacrifier des animaux aux génies sur les conseils d'Ülgas, le Sage devenu un fou sanguinaire. Il y a aussi Meeme, l'homme qui vole aux chrétiens leur vin et qui semble se transformer en végétal, et surtout l'oncle de Leemet, celui qui lui a appris la langue des serpents. Celle qui permet de communiquer avec tous les animaux et en particulier l'amie vipère de Leemet, Ints.
Mais Leemet regarde les filles, en particulier celles du village. Il essaie de comprendre la vie des ces paysans qui ne s'habillent plus avec des peaux de bêtes et font pousser des céréales pour faire du pain plutôt que de chasser l'élan. Il les voit trimer et courber l'échine. Il tente de saisir les tenants et les aboutissants de cette religion et de cette noblesse qui les tiennent en esclavage.
Pourtant, il revient encore et toujours à sa forêt. A ses amis les pithécanthropes, les derniers de leur espèce, à Hiie, à sa mère, à sa soeur qui elle aussi a un penchant pour les ours et surtout à la Salamandre.
Il sait que l'animal mythique qui défendait jadis son peuple contre les envahisseurs et aux côtés duquel son grand-père s'est autrefois battu ne reviendra plus. La Salamandre géante dort quelque part dans la forêt mais personne ne sait où. De toute façon, pour la réveiller, il faudrait que mille hommes l'invoquent en même temps dans la langue des serpents. Hors, Leemet sait bien qu'il est le dernier à parler cette langue et qu'elle sombrera dans l'oubli après sa mort.
Pourtant, il ne cesse d'être taraudé par cette envie, ce rêve : voir la Salamandre, ne serait-ce qu'une seule fois...
Dans une langue riche, joyeuse, parfois cruelle mais toujours pleine d'humour, Andrus Kivirahk nous fait revivre l'histoire et les mythes et légendes de son peuple. Il en profite aussi pour égratigner les nationalistes de tout poil, qu'ils soient estoniens ou pas, tous ceux qui pensent que «c'était mieux avant», qui idéalisent la communauté nationale face au monde qui la menace ou encore ceux qui ne jurent que par la modernité. En utilisant l'ironie comme angle d'attaque, il livre dans ce roman parfois picaresque une splendide réflexion sur le passage du temps, la mémoire et l'identité. Il évite avec brio l'écueil des stéréotypes et de l'idéalisation du passé.
«L'homme qui savait la langue des serpents» nous fait comprendre que «face au temps qui passe à un rythme de plus en plus vertigineux, nous sommes tous (ou nous serons tous un jour) des Indiens, des Bretons, des Leemet : vivre en faisant le moins de dégâts possible autour de soi, c'est accepter l'inévitable tristesse de tout cela, sans se vautrer dans le conformisme et la bêtise qui triompheront toujours, sans pour autant verser dans la haine ni se réfugier dans l'idéalisation d'un passé fantasmé, qui est une autre forme de bêtise.»


La Part de l'ombre - Qui était vraiment Le Corbusier ?
A l'heure où la France s'acharne à vouloir faire classer ses constructions au Patrimoine Mondial de l'Humanité, Xavier de Jarcy, journaliste spécialisé en design, graphisme et architecture, se penche sur l'architecte le plus célèbre de monde.
Et le portrait n'est pas flatteur ! Disons-le tout net, Le Corbusier était fasciste, raciste, antisémite, sexiste, misogyne, homophobe, xénophobe, antirépublicain, anti- parlementaire, partisan de l'eugénisme (il parlera même de haras humains et d'élevages d'enfants dans ses traités d'architecture) et surtout collabo zélé et pétainiste convaincu.
Même Albert Speer, pourtant architecte attitré d'Hitler et Ministre de l'Armement et de l'Industrie du Reich dira de Le Corbusier que «même le plus cruel des dictateurs ne soumettrait pas ses sujets à un tel monstre.» Le Corbusier considérait l'homme comme du bétail humain, «une fourmi, avec des habitudes de vie précises, un comportement unanime», destiné à être parqué dans des «machines à habiter de dimensions standards» (14m3 par personne), où toute couleur sera bannie au profit de murs entièrement blancs (c'est la Loi du Ripolin), dans des zones définies selon son métier.
Il propose de relayer des ouvriers dans des quartiers entourant les usines, loin des villes, sans le moindre transport en commun, coupés des élites sensées vivre au centre de la cité qui devient camp où le moindre moment de la vie est sous la coupe du collectif : travail, «loisirs utiles et disciplinés», sport quotidien pour créer «une race saine et pure», rassemblements constructifs, crèches «aménagées pour l'élevage» des enfants et femmes tenues de rester au foyer car «cela représente moins d'offre de main d'oeuvre. Cela promet moins de chômage.» La ville devient alors, comme l'écrira si bien Michel Ragon dans les années soixante, un assemblage de «boites horizontales comme des wagons de chemin de fer hors d'usage et abandonnés dans une gare de triage désaffectée, [de] boites verticales qui veulent ressembler à des tours et font songer à des miradors - l'image du camp de concentration vient immédiatement à l'esprit».
Le Corbusier estime que la seule éducation dont les femmes ont besoin est celle qui doit faire d'elles des mères capables d'élever une «race supérieure», dévoyant par-là même le concept du Surhomme de Nietzsche.
Admirateur de Mussolini, de Rivera, de Salazar et d'Hitler qu'il croit seul capable «d'aménager l'Europe», il nouera des amitiés, des collaborations littéraires, idéologiques et économiques avec des cercles d'extrême-droite impliqués dans des événements violents (tels La Cagoule) dès les années 1910.
Il deviendra un zélé chantre et serviteur du Maréchal Pétain dont il ne s'écartera pas, même lorsque certains de ses employés pendront le chemin de la Résistance. Il fera tout pour faire financer ses travaux de recherche par le gouvernement de Laval, jusqu'à obtenir la création de sa propre fondation. Et surtout, il s'appliquera à poser un voile d'ombre sur son passé de collabo, quitte à mentir en prétendant avoir été recherché par la Milice sous le Régime de Vichy, histoire de s'offrir une nouvelle respectabilité à la Libération.
Tactique fructueuse puisque les gouvernements suivants, s'ils n'ont pas toujours fait appel à lui, ont basé leurs grands programmes d'urbanisme sur ses idées passant outre la mauvaise qualité de ses bâtiments, bien souvent perclus de fuites d'eau à peine quelques mois après avoir été terminés.
Si le livre de Xavier de Jarcy est difficile d'accès de par la masse d'informations et de noms qu'il rassemble, surtout lorsque le lecteur n'est pas familier des milieux d'extrême-droite de la première moitié du XXe siècle, il éclaire cependant d'un jour nouveau la personnalité de l'architecte français le plus connu au monde.
Grâce à un travail exceptionnel de recherche, notamment basé sur la correspondance privée et professionnelle de Le Corbusier, il pose une question et une exigence essentielles : pourquoi les théories si déshumanisantes de cet architecte et ses propos fascistes sont-il toujours enseignés dans les écoles d'architecture et publiés tels quels par des maisons d'éditions respectables comme Plon ou Albin Michel ?
Et pourquoi, alors que la Suisse, son pays natal, a renoncé à publier des photos de ses constructions dans ses campagnes publicitaires touristiques et refuse de donner son nom à des rues ou des places publiques à cause de son antisémitisme et son empressement à adhérer au Régime de Vichy, la France persiste-t-elle à vouloir voir en lui un grand homme, à vouloir à tout prix faire inscrire son oeuvre au Patrimoine Mondial de l'Humanité (ce que l'UNESCO refuse d'ailleurs pour les mêmes raisons que la Suisse), à ignorer ses théories fascistes appliquées à l'architecture et même à les recycler joyeusement dans tous les projets actuels d'éco-quartier et à voir en lui «le plus grand architecte du monde» ?
Xavier de Jarcy appelle à travers cet essai remarquable à une nécessaire remise en question du statut de Le Corbusier dans la mémoire et le patrimoine français.


Je viens de tomber sur une perle, une vraie, une authentique ! En fait, je ne suis pas vraiment tombée dessus par hasard, c'est Francis Geffard, directeur de la superbe collection «Terres d'Amérique» chez Albin Michel, qui me l'a envoyée car il croit en cet auteur prometteur. Et il a bien raison !
Le recueil de nouvelles est un exercice littéraire périlleux. D'abord parce que de très grands auteurs comme Maupassant s'y sont adonnés avec bonheur, ensuite parce qu'il faut savoir se réinventer à chaque texte et être capable de poser un décor et des personnages en bien moins de pages que pour un roman. Il faut maîtriser la concision et le détail tout à la fois.
David James Poissant excelle dans cet exercice. Son recueil, «Le paradis des animaux» est une merveille du genre. Inventif, original, sensible, inattendu, drôle et en même temps grinçant, il nous offre douze magnifiques nouvelles.
On y croise des arnaqueurs pleins d'illusions, des amants égarés, des frères irréconciliables, des enfants qui jouent aux super-héros, un jeune fou qui attend et espère presque la fin du monde, une énigmatique jeune femme et des parents un peu dépassés par les événements.
Dès la première nouvelle, «L'homme-lézard», on suit avec bonheur et angoisse les pas deux hommes prêts à tout pour sauver un alligator au beau milieu d'une tempête et on reste sous le charme jusqu'à la dernière page de la dernière nouvelle, qui fait écho à la première et nous livre un père touchant et maladroit qui tente de se racheter auprès de son fils.
David James Poissant explore avec grâce et humour la poésie du quotidien, les malentendus, les rancoeurs, las amours malades, les fantômes tapis dans nos souvenirs. Il nous pose l'éternelle question : une fois au bord du précipice, que faire ? Sauter dans le vide ou détourner les yeux et faire demi-tour ?
Les vacances approchent, pensez à emmener des livres dans vos valises. Et si nous ne devez en emmener qu'un, que ce soit «Le paradis des animaux» !


  • Aurélie Sandon : Yeruldelgger - Ian Manook - Le livre de poche, Paris, France - 30/03/2015

Il y a quelques années, une seule et unique petite loi a changé la vie et le visage de la Mongolie. En allant à rebours de coutumes millénaires et du monde de vie traditionnel nomade, cette loi instituait la propriété du sol. Ce fut la fin d'un monde pour des milliers de nomades privés du droit de faire paître leurs troupeaux où bon leur semblait, ce fut l'apparition dans la steppe de clôtures et de barbelés et surtout, ce fut l'occasion qu'attendaient des hommes d'affaires peu scrupuleux pour acheter des terres riches en métaux rares et les revendre sous forme de concessions minières en empochant des millions, voire des milliards de dollars au passage.

C'est avec cette toile de fond que Ian Manook construit son polar et c'est un coup de maître ! Dans une Mongolie oscillant entre tradition et modernité, entre attirance pour l'Occident et repli nationalise voire fasciste, entre rêve d'un reconnaissance internationale et mythe d'un passé cruel mais glorieux, entre haine des Chinois venus coloniser le pays économiquement, pauvreté extrême et industrie du tourisme florissante à la recherche de folklore déguisé en authenticité, Manook campe le personnage d'un flic intègre, droit dans ses bottes, un flic ravagé par la mort de sa fille cadette, assassinée pour faire pression sur lui et l'obliger à lâcher une enquête mettant en lumière la corruption des autorités.


  • Aurélie Sandon : La paix des dupes - Philip Kerr - LGF, Paris, France - 09/02/2013

Philip Kerr est un immense auteur, un vrai, qui donne ses lettres de noblesse au polar historique !
Alors oui, il délaisse le temps d'un roman son personnage fétiche Bernie Gunther mais ça en vaut la peine.
"La Paix des Dupes" est un roman d'une qualité rare qui conjugue à la perfection la réalité historique d'un événement majeur du XXe siècle et une intrigue policière impeccablement menée.
Tout y est : les cadavres qui s'amoncèlent, les espions, les politiciens sans scrupules, la paranoïa du gouvernement américain face au communisme, un héros cassé par les aléas de l'existence et surtout le marasme de sa vie sentimentale.
Bref, du grand art, à lire absolument !


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