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Dans ce livre émouvant Jean Louis Fournier adresse une longue lettre d'amour à Mathieu et Thomas, ses deux fils, lutins innocents, cabossés par de lourds handicaps moteur et cérébraux. Ecrite à l'humour noir, la colère parfois et beaucoup de tendresse, cette lettre, qu'ils ne pourront jamais lire, s'adresse aussi à nous, simplement, sans chercher à nous apitoyer et cet hommage est désespérément beau.
Irrésistible délire littéraire !
Ce dernier livre de Claude Daubercies, finement illustré des gravures de Jean Marie Byache, réhabilite avec brio et humour douze figures de rhétorique, ces "animots" ratés issus du Bestiaire des invendus de dieu. Quel plaisir de découvrir en situation le zeugma épineux, l'hyperbole pharamineuse remâchant sa honte, le pléonasme incontinent ou le chiasme métissé tombant de sa toile...
Brillant, drôle, à déguster sans modération.
Merci aux Editions Encre et Lumière du Gard pour cet ouvrage unique.
Un texte court et fulgurant pour dire la blessure, la perte, l'errance, la quête et si le narrateur nous conduit de Pologne en Abyssinie (plus tard vers le Nord), Cargo mélancolie n'a rien du voyage touristique.
Des phrases ciselées à la sensualité vibrante, une ouverture sur le monde rythmée d'une poésie libératrice. Douloureuse acceptation pour la reconstruction.
Intense et remarquable.
Dans ce second recueil de portraits, toujours aussi formidable, Gilbert Léautier nous raconte son pays des Cévennes, un territoire abrupt, portant l'empreinte des hommes, d'une beauté précieuse.
Portraits en miroir, petites chroniques sensibles et poétiques d'une humanité sans artifice, essentielle.
Un voyage rare.
Un livre original, pensé comme un Carnet de voyage avec photos, collages, peintures, dessins. Textes sensibles, témoignages métissés, chansons semées comme des Graines de rencontres révélant ces moments précieux avec des femmes et des hommes soucieux de préserver leur environnement. Un très bel ouvrage à lire, à regarder, à écouter (CD inclus). Revigorant, lumineux.
Les Editions Rue du Monde nous offre à nouveau un très bel album de poésie pour les petits (et les plus grands !).
"50 poèmes inédits pour fêter le beau voyage de toutes nos différences" joliment illustrés par Judith Gueyfier. Dessins naïfs aux couleurs vives et gaies tels les mots de ces Poètes d'aujourd'hui qui disent les enfants de là-bas et d'ici. Revigorant.
Car comme l'écrit si bien Jean Pierre Siméon : "dans un temps de repli frileux, la poésie est plus urgente que jamais".
Pour planter des arbres au jardin des autres... les Cévennes en poésie. Un petit livre publié pour la première fois en France en 2007 qui nous révèle tout l'attachement de l'auteur pour cette terre, écrite au contraste, sauvage et magnifique. Profitons du 10ème Printemps des Poètes et de son thème "Eloge de l'Autre" pour découvrir L'Alphonsine, L'André, L'Eloi ou La Fernande et tous ces autres, visages à l'envers du temps, d'une beauté rugueuse, voix oubliées de quelque part, d'un pays de granit griffé de ronces et de silence, si loin et tellement proches de nous.
L'émotion d'une superbe écriture poétique, à offrir, à partager.
"L'homme que l'on prenait pour un autre", un titre long résumant bien le 5ème roman de Joël Egloff.
Le personnage narrateur est sans nom, d'un ordinaire banal et consternant, un exilé de la vie qui, au fil de son histoire va endosser les multiples identités qu'on lui reconnaît : de l'ancien truand au mari-père de famille incertain troquant le plombier maladroit au présentateur météo optimiste. Parures floues pour devenir Monsieur Tout Le Monde lorsque l'on est personne, effacé même de la mémoire vacillante d'une vieille tante, seul lien tangible de sa réalité.
Un roman aux allures poétiques si particulières à Egloff et qui, sur un ton humoristique savoureux nous parle des solitudes, des angoisses et des difficultés d'Etre.
La Route... les critiques sont si nombreuses et si dithyrambiques qu'il est difficile d'en dire plus à propos de cet admirable roman. Simplement que je le recommande vivement aux lecteurs parce que, pour reprendre Raphaëlle Rérolle (Le Monde - janvier 2008) : "dans toutes les situations, même les plus atroces, même les plus désespérées, il se trouve toujours quelqu'un pour dire non à la barbarie". Merci Monsieur McCarthy.
«Sur ma mère» est un récit intimiste et unique. Tahar Ben Jelloun nous offre dans ce livre des moments denses et puissants sur les dernières années de sa mère atteinte, pour dire par euphémisme, de la «maladie de l'oubli». «Sur ma mère» rimant avec Alzheimer, la mémoire se délite, mélangeant passé, présent, futur, vivants et morts, peines et leurs contraires. Le corps aussi, recroquevillé dans la douleur, la décrépitude, la perte de soi. Le fils aimant découvre à travers les mots souvent délirants et les gestes ultimes, une autre mère, une autre histoire familiale non-dites par pudeur, un autre Maroc, des rires et confidences des femmes s'échappant des hammams qui le renvoient à sa propre enfance. Une autre approche de la mort aussi, nécessairement entourée, comme pour nous dire «tenir la main d'un parent, des gens qui agonisent, les aider à traverser ce ruisseau sombre, c'est la moindre des choses et ça nous prépare à notre propre mort».
Pascal Garnier c'est un style, jubilatoire, de l'humour noir entre les mots, des métaphores qui sonnent juste"...Sa main dans celle de Gabriel pèse un bifteck de trois cent grammes...". Après son très bon roman "Comment va la douleur" paru en 2006, nous retrouvons dans la Théorie du panda, une même trame ; un personnage secret (Gabriel) échoué dans une hasardeuse ville de Bretagne qui, très vite, va devenir comme son prénom le laisse supposer, l'ange gardien réconfortant souvent nourricier d'habitants ignorant tout de son passé dramatique et que nous découvrirons en "voix off" dans le roman.
Noir, comme un conte moderne, la dernière phrase reprenant la première, "c'est un quai de gare désert..." concentrique, sur une parenthèse de la vie adoucie par la rassurante présence d'une grosse peluche en forme de panda.
Le Livre noir des couleurs est une superbe invitation a regarder les couleurs, autrement, lorsque justement, "dans l'obscurité des yeux" on ne peut pas les voir. A découvrir ces pages noires écrites en braille avec beaucoup de poésie et de délicatesse. Merci aux Editions Rue du Monde pour ce petit bijou !
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