Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.
Libraires, partagez vos découvertes.
Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.
Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Adresse:
Rue Droite
07140 LES VANS
France
Téléphone : 04 75 37 23 50
2010. Vers l'Immensité, Olivier Rolin, s'embarque dans le mythique Transsibérien en compagnie d'autres écrivains. Retour vers le passé, cette Russie qui l'attire et qu'il connaît déjà. «Aimer la Sibérie, ça ne se fait pas» nous-dit, sous le charme de la musique des mots. Espace. Paysages à l'infini. Végétation jaillissant avec violence de la terre noire.
Le train avance en ferraillant «staccato, staccato, contrebasse, grincements de violon détraqué». Croiserons Tchekhov, épris de l'Amour, Pasternak ou Chamalov dans l'enfer de la Kolyma... Kilomètre 9288. Terminus. Tout le monde descend.
Un voyage poétique, sensible et inspiré. Vladivostok, il y reviendra nous promet-il. En attendant, ne résistons pas à ce bonheur de lecture.
Une seule phrase, filant sur une soixantaine de pages. Dense, puissante. Pour dire l'insoutenable, une tragédie du quotidien, celle d'un homme en errance, tabassé par les vigiles d'un supermarché. Mort atroce et silencieuse entre palettes et chariots élévateurs de la réserve, derrière les issues de secours. «Combien de coups pour ne plus entendre son corps se froisser comme une canette écrasée sous les doigts ?». Un meurtre.
Le texte, fulgurant, de Laurent Mauvignier. Sans point. Pour ne pas l'oublier.
L'histoire d'une fillette, oubliée dans sa nombreuse fratrie et qui, à l'occasion d'une nouvelle grossesse de sa mère, se voit confiée à de parents lointains. La rencontre se fait à petits pas. Puis le lien se tisse, dans l'attention et bienveillance de ces adultes. Douceur de la campagne. Émotion des silences. Regards tendres. La petite fille devient Pétale saisissant peu à peu le non-dit dramatique de ce paisible couple. Un court roman, subtil et délicat, d'une lumineuse synergie qui nous happe et se dénoue sur une fin bouleversante.
A l'origine de ce roman graphique, le livre «Mémoires d'Immigrés» de Yamina Benguigui. Des portraits bouleversants d'hommes, de femmes et d'enfants, arrivés du Maghreb pour les besoins industriels ou nés en France.
Jérôme Ruillier illustre les propos, le quotidien, d'un trait original en noir et blanc, poétique, presque à colorier parfois. Des vies de travail pénible. Des logements en forme de bidonville. Regroupement familial. Des femmes réduites au silence, mariées de force et qui découvrent le mot Liberté. Des enfants, «comme des oiseaux sans ailes». Tous confrontés à leur culture, au mépris et au racisme. Incitation au retour «Dix mille francs, c'est ton prix, c'est ce que tu vaux aujourd'hui...». En filigrane, les questions personnelles de l'auteur. Années 50. Guerre d'Algérie. Son père. Différence. Sa fille, lumineuse.
Beau, sensible et salutaire.
Le narrateur, c'est William Gasper, la cinquantaine au regard froid qu'il est préférable de ne pas déranger. Marcheur solitaire sans doute par inadéquation caractérielle, cet ancien tueur professionnel, amateur d'armes à feu érudit, se lance à la poursuite d'un inconnu, sur les pentes de cette montagne de nulle part, appelée la Lune, parce que là-haut, tout est mort, aussi peu fertile que la fumée de cigarette. Nous le suivrons, transportés, dans cette mortelle randonnée tant à travers ses souvenirs que dans l'âpre décor d'un présent halluciné. Un roman noir, cynique et saisissant mais totalement fascinant dans lequel la montagne, grandiose, illumine le sombre et déroutant profil du personnage.
Dans ce nouveau texte, l'auteur, en miroir de son jeune narrateur, nous conduit dans les années 60, les années «primaire» en compagnie de Régis, l'un de ses rares amis, sa mère et Mickie, son chien. Une famille attentive, un père lointain, absent. Quotidien solitaire partagé entre les balades sensibles dans la campagne et la littérature. Entrée en 6ème, un collège religieux strict où il est difficile de trouver sa place. Il s'agit de grandir, de se confronter aux autres, s'endurcir et passer la porte de l'enfance.
Un très beau roman, délicat comme un coquelicot, porté par l'émotion et le subtil parfum des souvenirs.
6 Mois, dans les pas de XXI. Une revue qui s'enracine dans une certaine idée du photojournalisme. Reportages des quatre coins du monde, approfondis et passionnants, accompagnés de photos. Ce numéro 1 nous dévoile, entre bien d'autres, les dessous du jean, fabriqués en Chine à Zhongshan de l'autre côté de la rivière des Perles et nous présente l'Homme, Mohamed Bouazizi, qui mit le feu au monde arabe par son immolation.
6 Mois, deux fois par an, «un trait d'union entre les continents».
Vraiment brillant.
Une famille qui se décompose autour du narrateur, porteur d'un chagrin à longueur d'enfance. Le passé imprégnant le présent à coup de bouffées d'angoisse. Un fils à la limite du supportable, vengeur et douloureux. Des compagnes aimées, trop parfois, fétichisées. Des nuits d'insomnie. Passer le reste du matin avec bonheur sur un vélo. Et tous ces mots, inscrits dans l'immédiateté des conflits familiaux, des peurs et des colères.
Un roman à vif, sans compromis. Nécessité de l'écriture. Écrire pour sauver sa peau, quel qu'en soit le prix à payer.
Sincère. Bouleversant.
Lion est mort. Brutalement. Vaincu par la fulgurance d'une bactérie tueuse.
21 ans, des parents aimants, des projets plein la tête.
A travers ce récit, entre fiction et réalité, Michel Rostain parle, avec une infinie délicatesse de l'impensable deuil. Incrédulité, hébétude, refus de cette perte.
Pourquoi, comment, avant, pendant, après. Des larmes, des rires. Le soutien des proches. La culpabilité parfois et surtout, l'amour, à chaque page, en merveilleux fil d'Ariane.
Confrontés à cet indicible possible, on rit, on pleure et l'on ressort de cette lecture qui nous chamboule, un plus forts.
Zola Jackson, institutrice noire américaine plus tout à fait jeune, habite le delta du Mississipi. Sa maison, modeste, avec vue sur la vie, construite solidement par son homme, est là pour résister aux tourments de toute nature. L'ouragan arrive, d'une violence destructrice inouïe. Seule avec sa chienne, tendre réconfort, elle se bat pour ne pas sombrer, sous l'oeil indécent des télévisions. Les flots nauséabonds l'envahissent. Les souvenirs remontent. Une jeunesse de peau trop foncée, un époux aimant, tolérant et surtout son fils unique tant chéri, si beau dans son regard vert liquide et dans sa différence, mort brutalement très jeune.
Avec force, Gilles Leroy nous dessine le beau portrait d'une femme, mater dolorosa, qui, envers et contre tout, reste douée de vie.
Depuis le ventre inquiétant de Centrale, géante bulle de béton dans les écarts des villes, E. Filhol nous raconte la vie des précaires de l'atome, travailleurs itinérants d'un site à l'autre, missionnaires d'entretien sans logement fixe, parfois confinés en habitacle caravane.
Techniciens de l'extrême, «chair à neutrons, viande à Rem», gérant la dose maximale à ne pas dépasser dans des combinaisons Mururoa d'une blancheur innocente. Ne pas perdre son travail. La peur pour certains, l'adrénaline pour d'autres dans l'ivresse du danger, la solidarité entre tous. Parfois, le suicide. Un premier roman fluide et grave, autant littéraire que technique, sur fond bleu de piscine, ce fascinant bleu nucléaire résultant du choc des particules. Une performance belle et rare.
Zhu Wenguang dit Zuo Luo ou encore, Zorro. Un homme massif, lent, austère, fort d'une certitude intérieure qui, à l'aide de son fidèle ami Bec-de-canard, secourt de malheureuses jeunes femmes vendues et mariées de force. Cette mission salvatrice le conduit dans l'intimité de ses souvenirs, des femmes aimées et perdues dans le silence ou la brutalité d'un yakuza.
Par une subtile polyphonie narrative mêlant contes philosophiques et musiques traditionnelles, nous suivrons ce Zorro, tendance Marlowe, dans les bas-fonds New-yorkais, sous le regard d'animaux de pénombre, au Japon et la miséreuse campagne chinoise.
Un étonnant roman d'aventures, mené comme un polar, teinté de fantastique, d'humour et d'une certaine mélancolie. Une belle réussite.
De la plante au parfum, des simples herbes folles aux subtiles exotiques. Pour le plaisir de fragrances concoctées par les hommes, merveilleuse alchimie. Une histoire qui nous vient de très loin, depuis le Jardin d'Eden !
Les Editions Plume de Carotte nous offre à nouveau un très bel ouvrage dans leur collection «Herbier». Un vrai bonheur.
Profitons du Printemps des Poètes pour (re)découvrir ces Poètes en partance : Baudelaire, Michaux, Verlaine, Mallarmé et tant d'autres... A chacun son rythme, son mouvement, sa révérence, son immobilité. Du Dehors. Du Dedans.
«Faîtes vos jeux donc. En voiture. A vos marques. A cheval. Attention au départ... La voie est libre».
Et bon voyage vers là-bas, en Poésie.
L'écrivain, au hasard d'une rencontre littéraire, se voit confier un document révélateur du passé méconnu de son grand oncle, républicain espagnol qu'il pensait mort, héroïquement, à la frontière française en voulant échapper aux franquistes. Commence alors une épopée sauvage sur les traces de cet aïeul, une quête sombre et délétère, dans l'univers fantasque de la forêt pyrénéenne. Le mythe familial s'effondre dévoilant un parcours sordide sur fond de guerre où l'Homme peut perdre son humanité.
Tissant le suspense au travail de mémoire, un livre fascinant, bouleversant et magnifiquement écrit.
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia