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A propos de la librairie : ENTRE-DEUX-NOIRS


Ses coordonnées

Adresse:
25, cours des Carmes
33210 LANGON
France

Téléphone : 05 56 76 67 97

Site Internet : http://www.entre2noirs.com



Les coups de cœur de ses libraires

  • Christophe Dupuis : Tonton clarinette - Nick Stone - Gallimard, Paris, France - 27/03/2008

"Dix millions de dollars s'il accomplissait un miracle et ramenait le gamin sain et sauf ; cinq millions s'il rapportait son corps ; et cinq millions de bonus s'il produisait en sus les assassins - morts ou vifs, peu importait, du moment qu'ils avaient le sang du gosse sur les mains. Tels étaient les termes du contrat et - s'il décidait de les accepter - le marché était conclu." Haïti, années 90. La famille Carver est la plus riche et la plus influente de l'île. Gustav, le grand-père Carver réussit à faire venir Max Mingus sur l'île. Mingus est un ancien flic, il a purgé 7 ans de taule pour avoir buté trois suspects. Mingus ne pensait pas faire le "privé", mais l'offre est intéressante. Le gamin, c'est Charlie Carver, petit fils de Gustav, il a disparu trois ans plus tôt et personne, ni la police, ni les privés embauchés, n'ont trouvé la moindre piste. Max, séduit par le grand-père, accepte... Mais dans un pays qu'il ne connaît pas, l'affaire a tout l'air d'être une mauvaise idée, comme il se dit.
Ce premier, et long (plus de 600 pages) roman, ne manque pas de souffle. Le style ne Nick Stone est extrêmement visuel et vous passez votre temps à côté de Mingus à découvrir cette île (que l'auteur, d'origine haïtienne, connaît parfaitement) si particulière dont la description édifiante (Histoire, moeurs, tradition, vaudou et magie noire...) fait froid dans le dos. Nick Stone maîtrise parfaitement son sujet et vous êtes emballés par le rythme et le pays, il y a certes quelques petite maladresse (l'auteur na fait pas assez confiance à la perspicacité de son lecteur et sur explique certains points là où il devrait manier l'ellipse)... mais c'est un premier roman et on attend avec hâte le second, en espérant qu'il soit du même tonneau.


Blainville-sur-Mer, station balnéaire de la côte atlantique, est "un secteur à haute valeur immobilière, paisible, bien fréquenté et qui doit le rester". Comme on dit "pas de vagues", surtout si près des élections. Au commissariat, la vie est tranquille. Seul point noir, Berger, un flic nuisible, que personne n'aime et qui le rend bien. Berger, c'est un solitaire, toujours en marge de la loi, mais qui s'en moque, la loi c'est lui. En ce moment il enquête sur "une bien fâcheuse affaire" comme pourrait le titrer le canard local : Evelyne Pradier, responsable d'une grosse agence immobilière a loupé un virage, dévalé la falaise avec sa BMW pour finir bien plus bas, dans la mer. Triste accident ? C'est la version que va défendre Berger, tout en sachant qu'il n'en est rien et en essayant de voir ce qu'il pourrait tirer comme avantage de savoir qui l'a fait.
Avec quasiment le même thème (Blainville, la spéculation immobilière, Zamanski enquêteur) que dans son précédent roman ("Terminus Plage", chez le même éditeur) on pourrait croire qu'Alain Wagneur va nous resservir le même livre, il n'en est rien. L'histoire est bien construite (ne lisez pas le 4ème de couverture qui vous en dévoile les ¾ !), les personnages denses et le suspense bien entretenu, qui vous pousse à vous dépêcher de finir le roman tout en regrettant que ce soit déjà fini.


Nicholas Morath, détenteur d'un passeport diplomatique hongrois, vit à Paris depuis dix-huit ans "sa vie d'immigré, l'intimité séduisante qu'elle lui offrait, son immersion dans cette ville de passions, de plaisirs et de mauvaise philosophie - tout cela avait changé son apparence. Les femmes le trouvaient plus attirant qu'avant, les gens n'hésitaient plus à lui demander leur chemin." Nicolas partage son temps entre Cara... Caridad Valentina Maria Westendorf de Parra y Dionello, sa magnifique maîtresse issue d'une des familles les plus prospères de Buenos Aires et le travail à l'Agence Courtmain, une agence de publicité "modeste et raisonnablement prospère", dont il est copropriétaire. Cette agence est un cadeau de son Oncle Janos Polanyi, comte très riche et très influent, qui voit là un grand avantage pour lui : "Morath disposant de revenus réguliers garantis, il était toujours disponible quand le comte avait besoin de lui". Et, en cette année troublée de 1938, Polanyi va demander à son neveu de l'aide pour des opérations clandestines de son réseau créé pour "contrecarrer les plans des nazis en Europe".
Avec le charme suranné des vieux romans d'espionnage, ce livre, écrit en 2000 et premier d'une série que les Editions de l'Olivier s'engagent à publier en intégralité, nous embarque dans l'Europe pré seconde guerre mondiale. Ce roman en quatre grandes parties (on dirait presque quatre longues nouvelles) au contexte historique très fouillé et parfaitement rendu, a l'air de ne pas avancer (rythme lent, assez égal, avec peu d'accélérations) mais Alan Furst, qui manie bien l'ellipse, fait parfaitement bouger les choses. On attend les prochains de l'auteur pour confirmer tout le bien que pense son éditeur de lui.


Amérique, années 20. Eddie Lombardo, d'origine italienne, travaillant sur le port comme son père - grand leader syndicaliste - et ses frères - syndicalistes aussi. Eddie cherche à s'éloigner de sa famille et "de leur moralisme étouffant". Tout jeune déjà, Eddie a des prédispositions, proxénétisme et rapidement n°106 d'une organisation patronale chargée de vérifier que tout fonctionne bien sur les ports - mouchard en autre termes. Eddie a des prédispositions et va rapidement monter les échelons. Il va changer de nom pour éviter toute équivoque avec sa famille communiste (ça ne fait pas bien sur la carte de visite !) et renier ses origines et, sans aucun scrupule, comploter, dénoncer, trahir, pour servir essentiellement ses intérêts.

"Il était convaincu que les vraies batailles devaient être menées dans l'ombre, par des hommes d'apparence insignifiante et pour un idéal limité à la seule affirmation individuelle".

Continuant le travail mené dans le superbe "Anthracite" (chez le même éditeur), Valerio Evangelisti nous brosse - à travers l'histoire syndicale américaine - un nouvel aspect de l'histoire du crime américain. Dans la droite lignée des fondateurs du roman noir, il explore de manière magistrale les relations entre syndicats et hommes politiques. Historien de formation, l'homme n'est pas du genre à partir à la guerre sans biscuit et le livre est redoutablement documenté et, avec le talent narratif qui lui est propre, il réussit à vous faire vivre aux côtés de cet être abject et vous faire sentir l'Amérique de l'époque. C'est un tour de force, une belle réussite.


  • Christophe Dupuis : Tohu-bohu - Jean-Bernard Pouy | Marc Villard - Rivages, Paris, France - 17/01/2008

Ce qu'il y a de bien lorsqu'on est talentueux, c'est qu'on peut faire ce qu'on veut et Jean-Bernard Pouy et Marc Villard s'en donnent à coeur joie. Après l'excellent "Ping-pong" (chez le même éditeur), les deux compères récidivent avec "Tohu-bohu". La nouvelle peut être l'art de l'écriture sous contrainte et Pouy et Villard, non content d'y exceller, s'en donnent de nouvelles (contraintes). Le principe : chaque auteur écrit six nouvelles de son côté et ensuite, chacun "sample" la nouvelle de l'autre. Au final, 24 textes et, ce qui est fort - mais on en doutait pas - c'est que le résultat est explosif. Ils s'approprient leurs registres respectifs d'écriture, Pouy entraîne Villard, qui en fait de même, et c'est du bonheur. Alors n'hésitez pas, foncez dessus, mais pour la lecture, ne faites pas comme dans un dans un recueil "classique" où on peut piocher les nouvelles dans le désordre, non là, admirez le premier texte et prenez le second, pour voir de quoi il en retourne et continuez à dérouler le tout dans l'ordre...


  • Christophe Dupuis : Témoin involontaire - Gianrico Carofiglio - Rivages, Paris, France - 17/01/2008

Guido Guerrieri, avocat à Bari n'est pas au meilleur de sa forme, tant sur le plan du travail «Il y a quelques années, mon métier me plaisait assez. Aujourd'hui, il me donnait vaguement la nausée», que sentimental - sa femme l'a quitté - ou amical - si tant est qu'il lui reste des amis. Son médecin tente de le traiter de sa déprime mais avec un patient qui jette les médicaments et refuse d'aller voir un psy, ce n'est pas facile. On pourrait croire à un vieil homme au bout du rouleau, mais Guerrieri n'a même pas quarante ans ! Sa vie va changer avec une étrange affaire : un africain, que tout accable, accusé d'avoir tué un jeune garçon. «Je lisais et fumais, et ce que je lisais ne me plaisait pas du tout. Abdu Thiam était dans de sales draps. La situation était encore plus grave que ce qu'il m'avait semblé à la lecture de l'ordonnance de placement sous dépôt. Ça ressemblait à un de ces procès sans issue, quand aller jusqu'à la phase des débats se résume à un massacre inutile.»
Gianrico Carofiglio, lui-même magistrat, frappe un grand coup pour son premier roman. Loin du simple récit de procédure, l'auteur nous embarque au gré des humeurs de son protagoniste principal, à des réflexions sur la vie, le couple, les rencontres... le tout avec une finesse d'analyse. C'es robuste (la vision de la justice italienne est parfois effarante) et subtil, une très bonne découverte.


  • Christophe Dupuis : Faites vos jeux ! - Christopher Brookmyre - Ed. de l'Aube, La Tour-d'Aigues, France - 17/01/2008

Imaginez une équipe spécialiste en informatique, armes, électronique, espionnage, transport aérien... ayant besoin pour une mission particulière d'un nouvel expert «quelqu'un d'audacieux, capable de s'adapter et d'improviser, une personne rusée et astucieuse, stoïque face au danger et à la douleur, totalement centrée sur son objectif et sans aucune pitié, éliminant quiconque se dressera sur son chemin». Imaginez une fabrique d'armes travaillant sur un projet révolutionnaire. Projet secret que seule une personne connaît. Personne qui disparaît, d'ailleurs. Personne qu'est chargée de retrouver cette équipe de spécialistes. Prenez la mère du disparu, la quarantaine effacée, molle, spécialiste du ménage, récemment traitée de «grand-mère» au supermarché au regard de ses looks et attitudes, pensez-vous que ce soit cette femme qui sera le nouvel expert ? et pourtant...
Christopher Brookmyre nous avait déjà habitué à de bons livres, là il explose le niveau dans cette aventure menée tambour battant. Une situation de départ excellente, des personnages travaillés au cordeau, un rythme soutenu, et un final redoutable ne sont que quelques ingrédients d'un des vingt meilleurs polars de 2007. Arrivé à la fin du livre, vous ne rêvez que d'une chose, c'est que cette «dream team» reprenne les affaires et que Brookmyre reprenne la plume pour vous en conter les aventures.


  • Christophe Dupuis : Soleil noir - Patrick Pécherot - Gallimard, Paris, France - 17/01/2008

Lorsque son oncle meurt, Félix apprend qu'il en est le légataire universel et hérite de sa maison. Maison qui, à y réfléchir, «est vraiment idéale pour ce que j'ai à y faire». Félix a la cinquantaine, il s'est fait licencier et a trouvé de nouveaux amis dans un bar. De fil en aiguille, ils ont mis un plan au point : le braquage d'un fourgon blindé. La maison est parfaite, dans ce village mouronnant, juste sur la route du convoi. Simon, l'éternel truand aux petits coups, a mis le plan au point, l'a fignolé aux petits oignons et l'idée est simple : sous couvert de travaux de rénovation (d'où l'arrivée de Zamponi l'entrepreneur car «pour être nickel, il faut que tout soit vrai, les travaux et la boîte qui les fait»), étudier les horaires du camion, et le jour J, bloquer le feu (ça c'est le taf de Brandon) au coin de la maison pour rapatrier le camion au garage, ni vu ni connu. Le premier grain de sable dans cette belle mécanique va arriver avec la grève des convoyeurs de fonds.
Retour au «classicisme noir» (comme le dit son directeur de collection) pour Patrick Pécherot avec ce roman à plusieurs histoires. On y trouve la préparation du braquage, qui va sembler accessoire, les souvenirs de l'immigration polonaise du début de siècle dernier (l'exploration de la mémoire sociale chère à Patrick Pécherot, comme le souligne le quatrième de couverture), les rapports entre Félix et son oncle, le regain de vie de village... Et l'auteur, sur un faux rythme, accroche le lecteur qui se demande où il va terminer. C'est efficace et non dénué de cet humour pince-sans-rire qui est la marque de l'auteur.


Un matin dans une ravine aride à la frontière du Texas et du Mexique, Moss, qui chasse tranquillement l'antilope, tombe sur un carnage "Il examine le terrain puis il examine les véhicules. Ils sont tous criblés de balles. Certaine rangées de trous dans la tôle sont espacées et linéaires et il sait aussitôt qu'elles sont le résultat d'un tir d'armes automatiques. La plupart des vitres ont explosé et les pneus sont à plat [...] Dans le premier véhicule il y a un home effondré sur le volant, mort. De l'autre côté du véhicule, deux autres corps gisent dans l'herbe jaune rachitique. Par terre du sang noir séché. [...] un peu plus loin il y a un troisième cadavre allongé face contre terre". Moss trouve une piste de sang "il reste forcément un dernier homme quelque part". Il la suit et tombe sur un nouveau cadavre "Il y a une lourde serviette en cuir contre le genou de l'homme mort et Moss est absolument certain de savoir ce qu'il y a dedans et il est saisi d'une terreur qu'il ne comprend même pas". Moss ramasse la serviette "pleine à ras bord de coupures de cent dollars" et se barre...
"Je vais faire la pire des conneries mais je vais la faire quand même", voici ce que se dit Moss et qui pourrait résumer ce livre époustouflant qui marque le retour à la littérature de Cormac McCarthy. Sur un "pitch" (comme disent les américains) aussi ténu (l'homme qui ramasse le pognon en sachant qu'il ne s'en sortira pas et qui se fait poursuivre par "les forces du mal"), cette grande plume de la littérature américaine offre un livre qui frappe par sa puissance de description (les scènes de crimes et d'échange de coups de feu sont d'une densité remarquable) avec une qualité d'écriture qui vous propulse aux côtés des protagonistes principaux. A plus de soixante-dix ans l'homme n'a rien perdu de son talent et il force une fois de plus l'admiration.


  • Christophe Dupuis : Anthracite - Valerio Evangelisti - Rivages, Paris, France - 17/01/2008

1875, Pennsylvanie. Schuylkill County. Pantera, mexicain et Molly, rousse irlandaise, ancienne prostituée, débarquent dans le saloon de O'Donnell. Leur arrivée jette un froid parmi l'assistance, jusqu'à ce que Molly se fasse connaître : elle est la belle-soeur de O'Donnell... Pantera est un tueur et Molly l'a amené pour qu'il serve la cause d'une société secrète, les Molly Maguires, qui oeuvre en faveur des mineurs irlandais. Pantera doit découvrir qui est la taupe infiltrée par Pinkerton et la tuer. Commence pour Pantera une série de double jeu (il doit faire croire à ceux de Pinkerton qu'il est l'un des leurs pour mieux connaître leurs plans et membres) qui sera jonché de cadavres.

Comme le dit si bien le quatrième de couverture "Roman inclassable aux multiples clés, western à l'italienne digne de Sergio Leone, lecture sociale et politique des origines de l'Amérique moderne, "Anthracite" est tout cela et plus encore". Et c'est exactement ça. Grand roman d'aventure aux personnages bien trempés, passionnante page d'histoire (tous les conflits entre ceux qui ont décidé de se partager le gâteau de l'Amérique industrielle), "Anthracite" vous captive durant plus de 300 pages, éclairant les problèmes des émigrés de l'époque, la dureté des tâches, les problèmes entre irlandais... C'est un grand roman.


  • Christophe Dupuis : Paperboy - Pete Dexter - Points, Paris, France - 14/11/2007

En 1965, Thurmond Call, shérif du comté de Moat (Floride) est assassiné. Hillary Van Wetter est déclaré coupable. Emprisonné, il attend d'être passé à la chaise électrique. Charlotte Bless est sure de son innocence. Ayant accumulé plus de quarante boîtes d'archives en quatre ans, elle écrit au Miami Times qui, flairant la bonne affaire, envoie deux de ses meilleurs reporters d'investigation.
Cette excellente histoire vue à travers un personnage en déroute, met en évidence les coulisses sordides du journalisme d'investigation (que l'auteur connaît bien pour l'avoir pratiqué). C'est un grand roman noir servi par l'habile écriture de Pete Dexter, une des plus grandes plumes de la littérature américaine contemporaine.


Une famille anglaise, en Dordogne. Une famille dont la description pourrait être faite par une chanson de Brel. «D'abord, y'a l‘aîné»... enfin l'aîné, si on veut, disons le neveu, George Hunter, qui passe son temps en Angleterre à ne pas faire grand-chose, si ce n'est boire et lever des filles... et qui vit bien au-dessus de ses moyens. Il y la cousine, Sue Ashby, études en internat en Angleterre, loin de son père, installé en Dordogne. Et Charles Ashby, le père, autoritaire, à l'immense fortune, qui vient de s'enticher d'une intendante, Hélène Havilland... les deux cousins convergent vers la maison familiale, chacun avec un but précis, chacun se demandant quel rôle vient jouer l'intendante dans ce tableau de famille, et la mort, qui rôde aux alentours, comme toujours...
Cela fait du bien de retrouver Louis Sanders qui excelle à décrire les comportements de familles anglaises qui cultivent leurs faux-semblants en Dordogne. Dans ce nouveau roman, tous les ingrédients qui avaient fait le succès de ses livres précédents sont au rendez-vous. L'ambiance est lourde, la psychologie des personnages parfaitement rendue et l'auteur vous invite à un week-end en famille où il fait bon ne pas ses rendre...


Triste vie, cette belle revue qu'était Polar vit son dernier numéro paraître en juin 2001. De temps en temps POLAR sortait des «hors série» (en général plutôt sous forme de requiem) et en 1992 sortait le spécial ELLROY. Rivages le réédite aujourd'hui, en format Rivages/noir, agrémenté d'articles nouveaux. Voici donc l'occasion, pour ceux qui ne l'auraient pas encore fait, de vous plonger dans cette excellente revue composée de quatre grandes parties : James Ellroy : Textes et propos / Autour de James Ellroy : Opinions et réflexions / Ellroy et ses personnages / Les sources de James Ellroy... En attendant le troisième volet de la trilogie Underworld USA.


«Il y a deux angles pour voir les choses. D'abord l'angle actuel et factuel. Il y a quelques semaines, Charlene, une drag-queen assez déjantée a été assassinée dans les dunes de la plage de Perth. Cela a été le point de départ d'une série de morts violentes, deux au moins. Celle d'une autre drag-queen, Tina à Sydney. Je ne peux pas croire que les deux assassinats, à quelques jours d'intervalle, soient le fruit du hasard. Et quelques jours encore après il y a eu la mort de Bruce O'Brien, un camionneur qui, s'il n'était pas l'ami en titre de Charlene, gravitait dans son cercle. La mort de Charlene a donc déclenché quelque chose et à un moment j'y ai été mêlé involontairement.» C'est évident que Ashe se retrouve mêlé à l'histoire, vu qu'il enquête en sous-main pour un ami commissaire. Ashe est français, la cinquantaine, il passe la moitié de son temps en Australie où il écrit de la poésie, joue au golf et se baigne... lorsqu'il ne fait pas le privé.
Sur un faux rythme, Hervé Claude déroule cette histoire australienne ancrée dans les milieux gays. L'Australie, tantôt accueillante, tantôt rigide et conservatrice y est insaisissable, le personnage de Ashe, avec toutes ses interrogations est bien campé et l'histoire, qui commence tranquillement en ville pour se terminer dans les terres arides et hostiles est bien menée.


  • Christophe Dupuis : L'espion fidèle - Alex Berenson - Seuil, Paris, France - 08/11/2007

«John Wells. Le seul agent de la CIA a avoir infiltré Al-Qaida. Un homme dont moins d'une dizaine de hauts responsables de l'Agence connaissaient l'existence. Un atout américain exceptionnel. Sauf que l'exceptionnel atout national ne s'était pas soucié de contacter ses anges gardiens de la CIA - autrement dit Jennifer Exley - depuis deux ans. En clair, il n'avait été d'aucun secours pour empêcher le 11 septembre.» Wells a passé de nombreuses années dans les camps d'Al-Qaida en Afghanistan, et jamais personne n'a semblé lui faire confiance, à lui, l'Américain. Un jour pourtant, on lui a demandé de repartir en Amérique, pour une mission, qu'on lui expliquerait sur Place. Wells est parti, a joint l'Agence - en toute discrétion, il ne sait pas s'il est suivi ou non - arrivé sur place mais là, avec ses états de service, personne ne veut plus lui accorder confiance. Wells est sur que quelque chose se prépare, il ne va pouvoir compter que sur lui et sur Jennifer Exley, la seule qui ne lui ait pas tourné le dos à l'Agence.
«L'espion fidèle» est un thriller robuste, qui met bien en évidence la paranoïa de services de renseignements. Le personnage de Wells est bien abordé, ses doutes, ses craintes, ses décalages lors de son retour en Amérique après tant de temps chez les Talibans. L'histoire est bien menée, la fin subtile, pourquoi s'en priver ?


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